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Journée noire

En 1970, ils étaient 40 000 à remplir le Parc des Princes pour dénoncer une nouvelle hausse des impôts. Rien à voir avec le football, ils étaient commerçants, artisans et répondaient à l’appel de Pierre Poujade. Plus de 40 ans plus tard, le Parc des Princes risque d’être à nouveau spectateur d’un mouvement de contestation, du milieu du football cette fois-ci.

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Ce sont les dirigeants de clubs qui ont appelé à la mobilisation contre la taxe dite des 75%. Déjà, la sémantique employée est mauvaise. Il ne s’agit pas d’une grève mais bien d’un lock-out ou d’un dérivé. Le lock-out est une « réponse patronale à une grève ou une menace de grève, se traduisant par la fermeture temporaire de l’entreprise, avec promesse de récupération » . En droit français, le « lock-out » n’est pas un droit reconnu à l’employeur et cette forme de réponse à la grève peut être considérée par les juges comme une faute grave. Et pour cause, le « lock-out » entraîne la suspension du contrat de travail des salariés et en conséquence, le non-paiement des salaires.

Aujourd’hui, c’est bien un mouvement patronal qui est à l’origine de cet appel. Un mouvement patronal qui lutte pour ne pas se voir appliquer la taxe des 75%. Les arguments avancés sont nombreux : exode des joueurs, clubs en faillite, licenciements en masse. Quelles certitudes avoir ? Les mêmes qu’au lendemain de l’arrêt Bosman où certains voyaient déjà la liquidation du championnat français ? Les mêmes qui n’ont pas vu que, trois ans plus tard, l’exode avait permis aux cadres de l'équipe de France d’acquérir l’expérience nécessaire pour les matchs de haut niveau ? Peut-être.

Les raisonnements de la faillite et du coût de l’impôt peuvent choquer. Le contribuable se dira toujours, même si son impôt est élevé, qu’il a proportionnellement gagné beaucoup d’argent l’année précédente s’il paye plus d’impôts. Le discours passe également mal lorsque les clubs concernés, quelques mois plus tôt, n’hésitaient pas à dépenser des dizaines de millions pour acheter les meilleurs joueurs ou pour construire de nouvelles enceintes. C’est bien cette image d’un sport où l’argent est si souvent mis en avant qui choque l’opinion publique. Cette même incompréhension avait déjà animé l’été footballistique 2013 lorsque Florian Thauvin avait refusé de s’entraîner avec le LOSC. À l’époque, certains dirigeants du football français dénonçaient cette « grève » … Déjà, « les petits caprices d’un riche joueur de football » avaient choqué. Quelques semaines plus tard, la Ligue se battait pour que l’AS Monaco, après 50 ans de coopération, soit traitée comme un club comme les autres en matière de fiscalité !

Les dirigeants mettent en avant cette spécificité du secteur sportif. Derrière ces mots, se cache l’idée d’imposer une exception sportive caractérisée, fut un temps, par la notion de droit à l’image collective, sorte de niche fiscale accordée aux clubs professionnels. Aujourd’hui, le football ne veut pas de cette loi qui pourtant ne s’adresse pas qu’à lui. Après l’arrêt BOSMAN, les détracteurs de la libéralisation affirmaient que les clubs de football n’étaient pas des entreprises comme les autres. Il ne pouvait, selon les mêmes, leur être appliquées les règles de droit du travail ou celles liées à la libre circulation des travailleurs. La Cour de justice européenne leur a donné tort et jusqu’à présent, aucun arrêt n’est venu contredire cette position.


La journée blanche proposée par les clubs va au moins permettre de marquer les esprits. En bien ou en mal, les clubs auront réussi à montrer qu’ils ne se comportent décidément pas comme une entreprise classique. Les répercussions seront peut-être difficiles. À vouloir ne pas être une société classique, le club risque de s’éloigner des fondamentaux du professionnalisme. Le football français pourrait alors exiger des règles atypiques en matière de respect des contrats, de politique économique et autres. Cette journée blanche ne doit pas se transformer en journée noire pour le football français.

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