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  2. // Le joueur de la 17e journée

Jouffre : l’appétit vient en mangeant

Il a l’une des plus belles pattes gauches de l’élite et ça, tout le monde le sait. Ce que le commun des mortels ignore, c’est que cette ancienne pépite nîmoise a un coup de fourchette aussi efficace que sa protection de balle et que sans des blessures à gogo, il aurait certainement pu viser plus haut. Mais peu importe s’il a dégusté, Yann Jouffre croque la vie à pleines dents. Portrait d’un épicurien.

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« On a fait des bonnes bringues » . Quand on invite le Lorientais Yann Jouffre à jeter un regard derrière lui, le passé a un goût de houblon, les yeux fatigués et le ventre plein. De passage au Roudourou, où il a passé cinq années d’une vie d’épicurien, le gaucher est nostalgique. Au micro de l’EAG TV, il l’avoue sans détour et « pas pour faire plaisir, ou pour faire bien » : il s’est bien marré dans les Côtes d’Armor. Amoureux de la vie, celui qui a reçu des dieux du football un pied gauche hors-norme a également eu une visite des dieux de la poisse sur son berceau. Talent précoce à Nîmes, le natif de Montélimar a vu son éclosion fulgurante retardée par une santé en carton. Plombé dans son envol, l’élégant merlu n’est pas du genre à se plaindre. Jouisseur dans l’âme, Yann profite. Des coups de pagaie de Marama aux appels de balle de Kevin Gameiro, cet obsédé du beau geste prend pleinement son pied, à bientôt 30 ans et treize ans après ses débuts chez les pros. Mieux vaut tard que jamais.

Les blessures à gogo

Surtout que dans ce cas précis, Yann Jouffre n’est pas passé loin du jamais. Gêné par une pubalgie aussi récurrente qu’une invitation Linkedin, le gaucher connaît des années de galère et n’est pas loin de dire stop. Le calendrier indique le début de l’année 2011 quand le Lorientais, déjà opéré à deux reprises, pense à jeter l’éponge. « J’étais au fond du trou. J’avais mal et ça ne passait pas. J’ai pensé à arrêter et en février, j’ai tenté l’opération de la dernière chance. Ça a marché  » se rappelle-t-il dans les colonnes de L’Équipe. Un coup de poker décisif dans une carrière qui peinait à prendre un envol définitif. Arrivé dans le Morbihan en décembre 2007 en provenance de Guingamp, où il s’était fâché avec Victor Zvunka, Jouffre met du temps à se sentir comme chez lui dans l’effectif de Christian Gourcuff. « Quand j’ai signé, je voulais convaincre le coach de m’aligner en numéro 6… Mais je me suis fait à l’idée d’évoluer sur un côté et je me régale » avoue-t-il aujourd’hui, à des années-lumière de la spirale négative dans laquelle il était à cause de ses blessures à répétition. Si ce n’est qu’en 2011/2012 qu’il devient étincelant statistiquement et indispensable à Lorient, c’est bel et bien dix ans plus tôt, à Nîmes, que le bonhomme s’est fait remarquer pour la première fois. Les Crocodiles disputent la saison 2001-2002 de division 2 quand ce petit bonhomme de 17 ans, encore interne au centre de formation, vient frapper à la porte de l’équipe première. C’est un soir de Coupe de France, face à un Monaco qui sera terrassé aux tirs au but (1-1, 3-1), que Jouffre montre que le costume de joueur cadre et de caution technique n’est pas trop grand pour lui. La suite, c’est de multiples titularisations en National et un transfert vers Guingamp qu’il raconte mieux que quiconque : «  À Nîmes, j’étais pro, mais je vivais encore au centre. Là, j’avais ma maison et je partais d’une des villes les plus ensoleillées de France pour aller là où tu prends le plus de flotte dans ta gueule » .

Un bon joueur mais avant tout, un bon vivant


Ça, c’est quand Yann Jouffre prend de la flotte. Car si le Lorientais s’est marré à Guingamp, c’est aussi et surtout parce qu’il n’est jamais le dernier à chouiller. « Aujourd’hui, je vois un acupuncteur, je fais attention à tout. Avant, à la fin d’un match, je me demandais où j’allais sortir. Maintenant, je me demande comment je vais récupérer  » admet dans L’Équipe un type « moins sérieux » une fois le statut de pro acquis. Quand on lui demande de se rappeler au bon souvenir de cette victoire nîmoise en Coupe de France, le son de cloche est le même : «  Je suis rentré en bus à Montélimar avec des anciens pensionnaires du club. On a fait la fête et j’ai regardé la cassette du match toute la nuit » . À bientôt 30 ans, Yann s’est assagi. « Un temps, je n’ai pas été assez sérieux. Je n’étais jamais blessé, donc je me croyais invincible et je l’ai payé. » sabre-t-il. Désormais plus restaurants gastronomiques avec madame que murge avec les potes, et ça se voit. Auteur d’une belle saison 2012-2013, celui qui disposait d’un bon de sortie l’été dernier réalise un très bon début de saison, avec 5 buts, autant de passes décisives et un premier doublé en Ligue 1 ce week-end face à Rennes. « C’est le joueur le plus influent, il est devenu un cadre. Je l’ai toujours dit, Yann avait seulement des problèmes physiques, c’est un très bon footballeur » tranche son coach Christian Gourcuff. Il faut dire que de son banc de touche, le père de Yoann a de quoi apprécier. La conduite de balle, la protection, les caviars et surtout, de l’allure. « Je préfère les élégants, je n’aime pas les footeux qui excellent dans la gagne  » . Et ceux qui excellent dans la fête ?

Par Swann Borsellino
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