"Joueur cherche club"

La crise...quelle crise ? Fini le temps des footballeurs intouchables, des clubs épargnés par la crise et du nuage de Tchernobyl arrêté aux frontières françaises, le monde du foot découvre le chômage de masse. Fin septembre et malgré les efforts d'Arles-Avignon, ils étaient 163 pros à pointer au Pôle Emploi.

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Pourquoi Laurent Bonnart, champion de France titulaire avec l'OM, a-t-il dû patienter jusqu'au 21 septembre pour trouver preneur ? Comment un international français comme François Clerc a pu trimer pour retrouver un club de Ligue 1 qui daigne le signer au mercato d'été ? La crise mon bon monsieur ! Pour parodier une expression journalistique, le football est touché de plein fouet par la crise économique mondiale, initiée en 2007 avec le krach des subprimes. « C'est l'effet direct des difficultés financières des clubs, pose Stéphane Saint-Raymond, directeur de l'info du "syndicat" des joueurs professionnels (UNFP). A l'instar des pays européens, ils cherchent à dégraisser leurs effectifs. Le nombre de contrats pro a baissé de 7% selon les stats de la LNF. Et puis en France, la Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG) est vigilante. Elle fait son travail très bien depuis de nombreuses années. Grâce à son action, on évite les dépôts de bilan. La masse salariale est surveillée et le recrutement aussi. Il y a eu beaucoup de spéculation les dernières années. Les prévisions de la LFP pour 2011, c'est un déficit de 120 millions d'euros pour l'ensemble du football français. C'est un phénomène de réaction en chaîne » . C'est comme ça qu'on se retrouve à « 163 l'autre jour contre une centaine à la même période l'année dernière » . Et à les entendre, ça ne devrait pas aller en s'améliorant.

Gervais Martel déroule la bande-annonce du film catastrophe. « Je pense que l'on pourrait se retrouver avec 350 ou 400 joueurs au chômage » , prédit le président du RC Lens sur le site Lensois.com avant de poursuivre : « Je suis président depuis 23 ans, ce n'est pas maintenant que je vais devenir con (sic). Je crains simplement que, dans le contexte actuel, certains joueurs, et je ne parle pas nécessairement des miens, n'aient un réveil difficile en juin 2011 » . Si le dirigeant nordiste pointe du doigt les joueurs et leurs exigences salariales, Saint-Raymond préfère regarder en amont. Et se demander si les clubs d'abord et français ensuite ne sont pas à la source du problème : « En France, on a la mauvaise habitude de moins considérer les joueurs passée la trentaine. Je ne sais pas quel âge a Seedorf ? Ou Pirlo à qui on vient de faire resigner un contrat ? C'est culturel. Au fur et à mesure des tournois qu'on organisait, on s'est rendu compte que les effectifs rajeunissaient. Dès la fin du premier contrat, les joueurs rencontrent des difficultés. [...] Est-ce que les clubs formateurs prennent trop de joueurs pour être sûrs de pas passer à travers ? C'est une autre question » . Dont la conclusion est invariable : « C'est toujours mal vécu d'autant que contrairement aux métiers comme boucher ou journaliste, il sait qu'il n'arrêtera pas à 60 ans ou 62. Les mois qu'il perd, c'est autant sur une carrière qui dure en moyenne 7 ans » . D'où l'intérêt d'une structure comme l'UNFP.

« Au Pôle Emploi, on a rarement vu des annonces : "Cherche attaquant, bon de la tête et gaucher" » , dixit le DirCom Saint-Raymond. Pourtant, comme Ulrich Le Pen, Mathieu Berson, Herold Goulon ou Franck Jurietti, l'ancien Monégasque et Parisien Eric Cubilier a lui aussi dû y passer après une saison mi-figue mi-raisin conclue par une relégation avec Bastia : « Oui je suis allé au Pôle Emploi comme tout le monde. Je me suis inscrit à Bastia. Ils sont au courant. Ils m'ont proposé des formations mais ils ne peuvent rien du tout pour moi. Je ne me plains pas. Ne serait-ce que vis-à-vis du mec qui aura que peu d'argent toute sa vie. Je n'ai pas de plan de reconversion. Mais j'y pense de plus en plus. C'est pas évident à gérer. J'ai tout construit pour le foot » . Si le latéral droit a décidé de « s'entretenir avec un préparateur physique » , la majorité suit les stages du syndicat des joueurs. Il permet de retrouver la vie de groupe, l'ambiance des matchs. Et au fond, c'est toujours plus facile d'aller courir à deux que tout seul. Enfin, l'UNFP a reconduit une convention avec Pôle Emploi : « On a des chargés de mission là-bas qui facilitent les formalités. C'est pas un salarié comme les autres. On en cherche pas tous les jours. C'est aussi pour cela que nous proposons un service de formation et de reconversion » . Et de conclure sur une statistique à méditer : « Il y a 10-15 ans, ils débarquaient avec un CAP Métiers du foot qui ne tenait pas grand-chose. Aujourd'hui, 50% des footballeurs français sont bacheliers, ce qui leur donne des armes pour reprendre leurs études s'ils les ont arrêtées » .

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Quand je pense que le Real Madrid joue avec Marcelo arrière gauche alors que Jurietti est chômeur !!! Il y a quelque chose de pas logique quand même. Saint-Raymond, faut appeler Mourinho, il sera sensible à un serrage de boulon défensif....
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