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José Peseiro, un aventurier pour reconstruire le FC Porto

Plusieurs semaines après les adieux de Lopetegui aux Dragons, la direction du club a finalement officialisé l'annonce de l'arrivée du successeur de l'Espagnol. Ce sera José Peseiro (55 ans), bien connu au Portugal pour le bon jeu pratiqué par ses équipes autant que pour son manque de titres. Pas forcément très rassurant pour Porto...

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Leonardo Jardim. Marcelo Bielsa. André Villas-Boas. Jorge Sampaoli. Jesualdo Ferreira. José Mourinho. Sergio Conceição. Non, il ne s’agit pas d’un nouveau tube de Vaudeville Smash version entraîneurs, mais bien des noms annoncés du côté du FC Porto pour remplacer l’Espagnol, Julen Lopetegui, remercié au début du mois de janvier pour accumulation de contre-performances. Finalement, l’heureux élu est un homme que l’on n’attendait pas. Un homme que le Portugal avait presque oublié. José Peseiro, c’est de lui dont il est question, entraînait encore l’immense Al-Ahly égyptien la semaine dernière. Il n’y était pas forcément apprécié malgré la deuxième place en championnat et la proximité de son équipe avec le leader Zamalek (seulement un point de retard).


Un niveau d’exigence qu’il retrouvera sur le littoral portugais, où le public portista ne tolérera pas une troisième année consécutive sans titre, bien que la situation est telle qu’un naufrage en fin d’exercice ne lui sera sûrement pas attribué. Ce sera toujours de la faute de Lopetegui, ses méthodes, son turn-over à outrance, et son jeu à l’espagnole dans l’esprit d’une grande partie des gens du Dragão. En ce sens, et comme le dit son ancien joueur à Braga, Vincent Sasso : « Il arrive là-bas sans trop de pression. Ils ne sont pas au top, il n’a rien à perdre. » Peut-il faire pire qu’une défaite (1-0) sans panache en Coupe de la Ligue contre Famalicao, qui fait elle-même suite à un triste échec en Liga Nos dimanche dernier sur la pelouse de Guimarães ? Cela semble improbable. Les résultats sont moisis, le vestiaire manque totalement de confiance et de combativité. Bref, Peseiro va commencer sa partie de Football Manager en mode difficile, et c’est précisément pour cela que la direction autant que les socios lui accorderont du temps.

« Ses équipes sont généralement tournées vers l’avant »


Le nouvel élu du président Pinto da Costa aura plusieurs chantiers à diriger pour mener le FCP sur la voie de la rédemption. Le plus important concerne l’animation offensive, gros point faible de l’équipe de Lopetegui malgré un jeu de possession bien rodé. Jeu dont il ne reste que de sombres vestiges, étant donné que depuis plusieurs semaines, les joueurs n’en font qu’à leur tête et tentent de faire la différence tout seuls comme de vulgaires joueurs de district - la palme en la matière revenant à Yacine Brahimi et ses inutiles tours sur lui-même. Pas de panique pour Porto, l’attaque est justement le point fort de José Peseiro. « Ses équipes sont généralement tournées vers l’avant tout en gardant la possession du ballon » , analyse l’ancien Sportinguista Beto, dans les colonnes d’O Jogo.

Même son de cloche chez Sasso : « Je l’ai connu quand je venais de débarquer à Braga. Honnêtement, c’était mon meilleur Braga. Il y avait une grosse équipe, ça jouait au ballon. Même les gros avaient peur de nous jouer. José aime bien les joueurs créatifs et mobiles qui collent bien avec ses idées de jeu d’attaque. » Certes, il y a une contrepartie défensive à vouloir aller constamment de l’avant, mais au vu de la friabilité chronique de la ligne défensive portista, essayer de planter des buts à la louche pourrait bien être une stratégie viable pour l’équipe. Marcano, Indi et Maicon ne sont ni Jorge Costa, ni Fernando Couto, ni Ricardo Carvalho. En revanche, avec Corona, Brahimi, Aboubakar, Suk (auteur de débuts prometteurs), André Silva et le revenant Kélvin, il y aura de quoi envoyer du jeu au front, comme à l’époque où le technicien portugais dirigeait Braga ou le Sporting.

Manque de charisme ? Plutôt délit de sale gueule


Le hic, c’est qu’on n’est pas vraiment sûr que José Peseiro puisse faire beaucoup plus qu’offrir du spectacle à un club qui veut continuer à remplir son armoire à trophées. Oui, le beau jeu est dans l’ADN de la formation, mais la gagne l’est encore plus. Or, le palmarès de l’intéressé est aussi vide que le CV d’un étudiant à bac +0. Un titre de champion de D3 portugaise en 2000 avec le Nacional, une malheureuse finale de Coupe UEFA perdue avec le Sporting en 2005, et une Coupe de la Ligue en 2013 avec Braga (victoire en finale sur… le FC Porto). Cela fait-il pour autant de Peseiro un mauvais entraîneur ? Hélder Postiga se pose la même question dans le journal Record. « Il a toujours eu un certain succès, mais les entraîneurs sont hélas souvent jugés uniquement pour leurs résultats. José travaille très bien ses équipes pendant la semaine. » Une fois de plus, l’analyse de Vincent Sasso va dans la même direction. « Avec lui, les entraînements sont très tactiques. Il est très discipliné. Je me souviens qu’il travaillait souvent avec vidéo… Je sais qu’il n’a pas un palmarès de fou, mais il connaît très bien le football. » C’est déjà un bon début.


L’autre grande interrogation qui plane autour du nouveau locataire du banc azul e branco concerne son prétendu manque de charisme. Comme François Hollande ou Rafael Benítez avant lui, le Portugais est jugé sur la seule base de son physique, plus proche d’un Jabba le Hutt que d’un Channing Tatum. Son surpoids et son visage sympathique ne lui permettraient pas de gérer un vestiaire composé de poids lourds comme Casillas (qu’il a déjà connu au Real Madrid en tant qu’adjoint de Carlos Queiroz) et Maxi Pereira. « C’est un faux reproche. Il ne manque pas de charisme. À Braga, il avait des joueurs d’un certain calibre, et ça s’est bien passé. Alors non, ce n’était pas l’effectif de Porto, mais il a toujours su se faire écouter » , peste presque Sasso, qui aime se souvenir d’un entraîneur qui lui « gueulait dessus pour (son) bien, parfois même sans que (il) comprenne pourquoi » mais qui, une fois l’entraînement fini, aimait bien se marrer avec ses joueurs. « C’est un super type, intelligent, cohérent et facile à vivre » , estime quant à lui Beto. José Peseiro aura sans doute besoin de rassembler toutes ses qualités humaines afin de surmonter sa première polémique interne. Les médias lusitaniens ont fait remonter des propos datant de 2014 dans lesquels le coach annonçait : « La fin de Casillas est proche. Aucun entraîneur ne peut supporter un gardien de but qui fait constamment des erreurs. » La première poignée de main entre les deux hommes a dû être chaleureuse.

Par William Pereira
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