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Jose Mourinho au Real, c'est fait

Jose Mourinho est le nouvel entraîneur du Real Madrid. Un club à l'image de son standing, de son arrogance, de son palmarès, de sa "grande gueule". La révolution madrilène est en marche. Sortez les armures et les parapluies. Le Mou est dans la place.

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Pauvre Massimo Moratti, quand même. Quarante-cinq ans que le président de l'Inter Milan attendait sa Ligue des Champions, et quand il l'obtient finalement, tout le monde regarde ailleurs. Où ? Vers le centre d'entraînement du Real Madrid, comme d'habitude. L'an dernier, Florentino Perez avait déjà en partie éclipsé le triomphe du Barça en se lançant dans le shopping le plus fou de l'histoire du football : Cristiano Ronaldo, Kaka, Xabi Alonso, Benzema, des centaines de millions d'euros, et encore des centaines de millions d'euros. Cet été, il récidive. José Mourinho est l'actuelle plus grosse star du foot européen ? Va donc pour José Mourinho. Comme il en a pris le pli, le président du Real l'a jouée marketing : une rumeur qui enfle, des effets d'annonce, quelques rebondissements, et après plusieurs semaines de buzz, l'officialisation du transfert. Voilà, José Mourinho est le nouvel entraîneur du Real Madrid. Au moins, on est sûrs de bien rigoler cette année en Liga.

Tout le monde sait donc pourquoi Perez a pris Mourinho : parce que c'est le meilleur, le plus cher, le plus beau, le plus médiatique. Pourquoi Mourinho, qui vient d'être élu homme le plus sexy d'Italie (48% des femmes transalpines le voient bien dans le rôle de “l'amant” car il a l'air d'être un “vrai mâle”, prenez-en de la graine les jeunes) a choisi le Real ? Plus ou moins pour les mêmes raisons d'ego : parce que c'est le club le plus beau, le plus cher, le plus médiatique. Le meilleur, ce sera sa mission. Rester à l'Inter, José n'y a jamais vraiment pensé. D'abord parce que la presse italienne le gonflait, ensuite parce qu'à partir du moment où il a tout gagné à Milan, il a désormais tout à y perdre (se souvenir de sa fin d'aventure en eau de boudin à Chelsea), et enfin parce que son plan de carrière, il l'a dit, passe par un titre de champion d'Espagne. Reste une raison psychanalitico-westernienne un peu foireuse, mais plaisante : en fait, le “Mou” a une revanche à prendre. Et l'objet de sa haine s'appelle le FC Barcelone. Débarqué en tant que traducteur en Catalogne, le Portugais n'a jamais réussi à y monter les échelons qui mènent au banc de l'équipe première. Forcé de faire son baluchon, il se serait alors promis de faire payer le Barça tôt ou tard. Il a commencé à le faire avec Chelsea en 2005 (l'épique huitième de finale de Ligue des Champions), il a continué à le faire cette année avec l'Inter (l'homérique demi-finale de Ligue des Champions). Mais pour vraiment faire au mal au Barça, José le sait, il faut gagner avec le Real. Règlement de comptes en vue, donc.

Maintenant que tout est réglé, reste à savoir comment tout cela va se passer. Certes, au regard de son effectif existant, le Real n'a pas vraiment besoin de renforts ; mais en même temps, on voit mal José ne pas faire quelques courses. A priori, le coach aimerait bien emmener dans ses valises quelques joueurs de l'Inter : Maicon, qu'on annonce depuis plusieurs années à Madrid, Milito, le héros de la saison, et enfin Sneijder, ce qui ne manquerait pas de sel quand on se souvient comment le Néerlandais fut viré à coups de pied dans le cul de Madrid en septembre dernier. Plus De Rossi (qui déteste Mourinho), et sans doute d'autres joyeusetés. Pour l'heure, tout reste évidemment à l'état de rumeurs. Ce qui est sûr en revanche, c'est que le projet de jeu du Special One n'est pas forcément fait pour le Real Madrid. Comme Capello avant lui, José gagnera sans doute au Real. Mais comme Capello avant lui, pas sûr que cela suffise à marquer les esprits. Le principal défi de l'entraîneur est donc là : faire adorer le réalisme aux supporters du Real. On a hâte de voir ça.


Stéphane Monteverdi

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