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Jordi Roura, l’autre Tito

Tito Vilanova parti en cure du côté de Big Apple, c’est son adjoint et ami Jordi Roura qui sera sur le banc pour ce premier Clásico annuel. Un changement qui ne devrait pas perturber le Barça : Jordi a tout du Tito de substitution. Ou presque.

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C’est une image à laquelle le Real Madrid avait habitué son monde : l’entraîneur adjoint prenant la place de son supérieur hiérarchique pour la conférence de presse de rigueur d’avant-match. Pourtant, cette fois, c’est du côté catalan que la scène a lieu. Non pas que Tito Vilanova ait voulu imiter José Mourinho avec son double Karanka, bien au contraire. Le faux bond du natif de Bellcaire d’Empordà est dû à une foutue tumeur à une glande salivaire. Et donc à un séjour forcé du côté de New York pour soigner ce cancer qui traîne en longueur. Suivant l’organigramme, c’est à son acolyte du banc de touche que revient la dite tâche. Emmitouflé dans sa doudoune, le cul vissé sur son siège, Jordi Roura balance donc les banalités de circonstance. Sa rhétorique, suave et (presque) sans saveur, ne le différencie que peu de ses prédécesseurs. Et pour cause : à l’instar de son boss, Jordi est un enfant de la Masia, estampillé génération des 80’s. Dans la lignée de Pep Guardiola et Tito Vilanova, il a suivi un chemin rectiligne pour le mener sous la guérite du Camp Nou. Récit d’un itinéraire qui fleure le déjà-vu.

Pep, Tito, Jordi : les « Gloutons »

À l’instar des deux derniers techniciens blaugrana, Jordi Roura débarque dans les années 80 à la Masia. Au sein de la Jonelière catalane, il rencontre Pep Guardiola et Tito Vilanova, arrivés eux en 1984. Rapidement, des atomes crochus se créent : « Toute cette génération est arrivée au même moment à la Masia. Les trois (Pep, Tito et Jordi, ndlr) vivaient toute la semaine ensemble avant de retourner le vendredi soir dans leur village respectif » , dixit Toni Padilla, chef du service des sports au quotidien catalan ARA. Catalans jusqu’au bout des ongles, originaires de bourgades rurales, les trois comparses se font vite surnommer les « Golasres  » (les « Gloutons » en VF). Toni Padilla, toujours : « Au centre de formation du Barça, ils avaient cette identité commune, et à chaque fin de semaine, ils avaient hâte de retourner chez eux pour manger de la bonne nourriture. Le lundi, de retour du week-end, ils ramenaient beaucoup d’aliments. Tant et si bien que tout le monde se retrouvait dans leur chambre le lundi pour déguster les mets de la campagne.  »

Côté terrain, le trio est promis à un brillant avenir. Alors que Guardiola est régulièrement convoqué chez les grands de la première, Vilanova et Roura achèvent leur formation au sein de la filiale du Barça. À partir de la saison 1988, Jordi Roura alterne, lui, entre la dream team de Cruyff et la réserve. Excentré sur un côté ou en pointe, il donne satisfaction au Néerlandais. À partir de l’été suivant, il fait donc son trou. Face au Milan AC, en match retour de la finale de Supercoupe d’Europe, sa carrière bascule. À la neuvième minute, « je suis allé chercher un ballon en défense et je suis entré en collision avec Van Basten. J’ai été bloqué, j’ai senti mon genou droit tourner et j’ai craint le pire.  » À cause de ce que lui-même considère comme une « blessure stupide et tout à fait fortuite  » , il ne retrouvera jamais l’équipe première blaugrana. Pis, un exil à Murcie, puis à Figueroas plus tard, il ne retrouvera plus jamais l’usage de son genou. À 26 ans, il est donc contraint d'arrêter. « Même si Tito a mis un terme à sa carrière à 33 ans, il n’a joué qu’une vingtaine de matchs en Liga (26 précisément, ndlr) à cause de mauvaises blessures. Un peu comme Jordi » , souligne Toni Padilla.

« Pas la carrure pour être numéro un »

Alors quoi ? Les deux comparses seraient le miroir l’un de l’autre ? Forcément, la réponse ne peut être aussi claire. Les parcours de l’un et l’autre ne semblent pourtant pas si éloignés. Après une aventure japonaise se terminant en 1999, Jordi Roura se retrouve directeur technique du FC Terrassa. Pareillement, c’est dans ce club que Tito Vilanova entame sa carrière d’entraîneur en 2006. Pour son premier poste en tant que coach principal, le natif de Llagostera prend les rênes du Centre d’Esports L’Hospitalet. Pour un bilan contrasté : « Il n’a pas fini la saison avec nous. Il n’a pas eu de chance, mais nous n’avons pas pu terminer avec lui (suite à une défaite 5-0 à Alicante, ndlr) » , rappelle Miguel Garcia del Valle, président de L’Hospitalet. Ce n’est seulement qu’à partir de 2009 qu’il intègre le staff barcelonais. Durant trois saisons, il analysera les adversaires du Barça et leur tactique. Avant d’être intronisé cet été en tant que second de Tito. Pour un même destin ? « Personnellement, je ne pense pas que Jordi puisse occuper le poste d’entraîneur du Barça. Il n’a pas un caractère de leader comme peut l’avoir un Pep Guardiola, pas la carrure de Tito » , estime ce même Miguel Garcia del Valle. Les mêmes doutes qui entouraient justement Tito Vilanova lors de son intronisation.

Par Robin Delorme, à Madrid
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espérons quand même que ce ne soit qu'un intérim...
tristiano Niveau : CFA2
Je suis le seul à trouver qu'il a une dégaine à faire regretter Jean Fernandez?!
J'ai quand même le sentiment que l'équipe, l'ambiance, les habitudes en place facilitent la tâche de l’entraîneur qui prend en charge l'équipe. Surtout quand ce dernier vient de la maison, et donc sans un désir de refaire le monde. Ce sont des entraîneurs qui assurent une certaine continuité..

En abusant/déconnant un peu, je pourrai dire que le Barça actuel, pourrait jouer sans entraîneur ;)
julio-l'escroc Niveau : District
Vous avez oublié sa superbe carrière musicale !!! En même temps , même si aucun entraineur se pointer le soir du match , c'est a se demander si ils s'en rendrait compte tellement ca déroule sur le terrain
Tout ça (l'interchangeabilité des entraîneurs) prouve bien que l'équipe tourne toute seule et que le coach n'est désormais là que pour faire de la figuration... Tito V. Jordi R., ma grand-mère, etc. le résultat sera le même : le barça va faire du real sa chose (même si je ne le souhaite pas) en jouant exactement comme d'habitude.
Même si les circonstances de cet intérim sont terribles, c'est un beau moment à vivre pour lui et une belle reconnaissance pour un fidèle du club
anti-madridista Niveau : DHR
Message posté par bud_light
Tout ça (l'interchangeabilité des entraîneurs) prouve bien que l'équipe tourne toute seule et que le coach n'est désormais là que pour faire de la figuration... Tito V. Jordi R., ma grand-mère, etc. le résultat sera le même : le barça va faire du real sa chose (même si je ne le souhaite pas) en jouant exactement comme d'habitude.

C'est bête comme façon de voir je trouve. Durant ces 4 dernières années, Pep a certes construit des bases solides de manière à ce que le club soit dans le bon chemin pour des années et des années. Mais à condition que l'équipe soit entre de bonnes mains..

Au lieu de dire que l'équipe tourne toute seule peu importe le coach, dis plutôt que l'équipe tourne bien tant qu'il y a un coach avec la même mentalité que celle que Pep a réinstauré.
Faut pas croire que Roura et surtout son des guignols, bien au contraire. Peut-être qu'ils n'ont pas la stature et le charisme pour aller dans un autre club (pour l'instant), mais ils ont la connaissance et les compétences nécessaires pour exercer dans ce club qui ne demande pas plus que ça justement.
pauloradiobemba Niveau : CFA
arretez ac vos "Le Barça n'a pas besoin d'entraineur". Toute équipe a besoin d'un entraineur ne serait ce que pour aligner le 11 qui va débuter le match en jugeant chaques joueurs à l'entrainement. Ensuite certains entraineurs me semblent incapable d'entrainer le Barça et notamment mourinho: si c'est pour mettre en place au Barça un vieux kick and rush comme il l'a fait au real, non merci. A mon avis, si on ne voit pas vraiment de différence entre Pep, Tito et Jordi, c'est parce qu'ils ont les memes principes de jeu, la meme philosophie, qu'ils ont été éduqués ac les memes valeurs etc jsuis pas sur que gillot, fernandez ou meme ancelotti voir fergie (que je considère comme le meilleur entraineur qu'il m'ait été donné de voir) arriverait à faire du Barça ac le meme effectif, le meme jeu et la meme machine a gagner. La Masia c'est bcp de grands joueurs mais la fabrica en a sorti des bons aussi qui ne jouent pas forcément au club. Mais ce qui fait la force de la Masia, c'est surtout cet état d'esprit qui fait que chaque génération (depuis Cruyff entraineur)voit le jeu de la meme façon. Les joueurs s'adaptent au système de jeu et non l'inverse.
Il a surtout un menton de DALTON ouais !
J'adore imaginer La possible double vie De Tito à la Breaking Bad ..

Bon Retablissement l'Ami
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