La pépite du week-end - Pays-Bas - Vitesse Arnhem

Eric Maggiori

Jonathan Reis, un Brésilien à toute Vitesse

Aux Pays-Bas, la sensation de ce début de saison, c’est le Vitesse. Depuis ce week-end, le club d’Arnhem est co-leader du classement, et ce, grâce aux buts fondamentaux inscrits par le Brésilien Jonathan Reis. Un drôle de loustic, qui a connu des années troubles à Eindhoven.

Note
4 votes
4 votes pour une note moyenne de 4.63/5
Cliquez sur une étoile pour donner la note

Jonathan Reis (Vitesse Arnheim)
Jonathan Reis (Vitesse Arnheim)
Gare à ne pas se planter. D’un côté, il y a Jonathan Rhys-Meyer, acteur irlandais. De l’autre, il y a Jonathan Reis, attaquant brésilien du Vitesse Arnhem. Lien entre les deux ? Aucun. À part leur nom, rien. Car a priori, le héros de Match Point n’a rien à voir avec l’affolant début de saison du club néerlandais. De fait, depuis dimanche après-midi, le Vitesse est co-leader d’Eredivisie, à égalité avec le FC Twente. Une première place incroyable pour celui qui, l’an passé, avait terminé septième, à 23 points de l’Ajax, champion. Mais cette saison, quelque chose a changé. Et ce petit quelque chose réside en plusieurs noms. D’abord, celui de Wilfried Bony. L’Ivoirien de 24 ans est actuellement meilleur buteur du championnat, avec 15 buts en 14 apparitions. Costaud. Ensuite, celui de Jonathan Reis. Moins efficace devant le but que son compère de l’attaque, le Brésilien n’en demeure pas moins l’une des pièces maîtresses du dispositif de Fred Rutten. Ce week-end, il s’est offert un doublé face à Roda JC, le deuxième de sa saison après celui inscrit contre Willem II au mois d’août. Or, celui-là vaut cher. Il vaut la première place du classement, puisque le leader, le PSV, s’est incliné à Amsterdam. D’ailleurs, le PSV, Jonathan Reis connaît bien. Il y a joué de 2007 à 2010, avec son lot de mésaventures.

Fracture, buts et désintox

Le Brésilien n’a que 17 ans lorsqu’il tente ses premiers essais aux Pays-Bas. D’abord le PSV, ensuite l’Ajax. Rien de bien concluant. Il rentre au Brésil et continue de grandir avec l’Atlético Mineiro, son club formateur. Finalement, en 2007, soit un an plus tard, le PSV Eindhoven change d’avis. Le club revient vers Jonathan Reis et lui propose un contrat de cinq ans. Adjugé. Voilà que l’attaquant né à Contagem débarque en Hollande. Mais les débuts au PSV vont s’avérer chaotiques. Après des premières prestations relativement bonnes avec l'équipe des jeunes, le joueur se pète le pied en mars 2008. Bien décidé à n’en faire qu’à sa tête, il enlève son plâtre avant la date indiquée par les médecins. Résultat : bah, il se repète le pied et manque donc le stage de pré-saison de son équipe. Huub Stevens, le coach du PSV à l’époque, est furax et déplore « une attitude non-professionnelle ». Difficile de lui donner tort. Du coup, l’attaquant est poussé vers la sortie, mais il refuse toutes les offres qui arrivent sur la table. Le PSV finit par s’en débarrasser en le renvoyant au Brésil, dans le petit club de Tupi (troisième division).

Là-bas, ce n’est pas franchement l’éclate non plus. Jonathan Reis dispute 22 matchs et ne marque qu’un seul but, des stats assez déplorables pour un attaquant. Son prêt se termine, et il rentre à Eindhoven, tout penaud. Mais une chance s’offre à lui : Fred Rutten a remplacé Huub Stevens, et le nouveau coach est prêt à lui accorder une nouvelle chance, à condition de tout recommencer à zéro. Et là… Révélation. Jonathan Reis est totalement métamorphosé, il joue bien, s’implique, marque des buts. Lors des onze premiers matchs de la saison 2009-10, il plante huit buts toutes compétitions confondues, dont quatre réalisations en Europa League. Trop beau pour être vrai ? Oui. Le 24 janvier 2010, le PSV rompt son contrat. La raison est simple : le joueur a été contrôlé positif à des substances illicites et a refusé la proposition du club de l’aider à guérir d’une addiction aux drogues. Le Brésilien se retrouve sans équipe, alors que sa saison avait parfaitement commencé. Il part en cure de désintox. Mais encore une fois, les dirigeants du PSV vont se muer en âmes charitables.

Sacs de sucre et bagues aux dents

Six mois après l’avoir viré, le président d’Eindhoven offre un nouveau contrat à Jonathan Reis. Avec des conditions : une seule année de contrat, et, évidemment, plus aucun écart de conduite. Le Brésilien prête serment. Tu parles. Quelques semaines plus tard, il est arrêté par la police en état d’ivresse au volant de sa voiture et se fait retirer son permis de conduire. Mais le club passe l’éponge. Pourquoi ? Parce que sur la pelouse, la saison commence bien. Le joueur s’offre même son premier triplé en Eredivisie, lors du fameux 10-0 contre Feyenoord. Mais quand ce n’est pas la drogue ou l’alcool, c’est la malchance. Le 19 décembre 2010, le joueur se brise le genou lors d’un match de championnat contre Roda JC. Certains pessimistes pensent même qu’il s’agit là de l’arrêt de sa carrière. Jonathan Reis est opéré par le professeur Richard Steadman, aux États-Unis, et, miracle, guérit plus vite que prévu. Dès l’été 2011, il est opérationnel. Se pose alors la question du contrat. Reis avait signé un contrat d’un an, qui a donc expiré. Lui est prêt à le prolonger, mais seulement pour une longue durée. Les dirigeants du PSV, à l’inverse du coach, pensent qu’il ne sera jamais vraiment remis de sa blessure et préfèrent ne pas prendre le risque de lui offrir un nouveau contrat. Jonathan Reis doit donc se tirer. Encore.

Après trois mois sans club, il choisit finalement le Vitesse Arnhem, où il débarque au mois de décembre dernier. Quelques semaines après son arrivée, un premier épisode controversé, indépendant de sa volonté : pour le match entre le PSV et le Vitesse, le 27 janvier 2012 (victoire 3-1 du PSV), les supporters d’Eindhoven jettent sur la pelouse des sacs de sucre, en référence à son addiction à la cocaïne. Sympa. Après cela, le joueur met quelques mois à s’adapter, mais semble heureux dans sa nouvelle équipe. Depuis cet été, il semble même, enfin, épanoui. Et ses deux derniers matchs confirment sa renaissance. Le week-end dernier, il a marqué sur la pelouse du PSV, son ancien club, pour la victoire 2-1 des siens. Revanche. Et ce week-end, il a claqué un doublé contre Roda JC, le club contre lequel il s’était gravement blessé il y a deux ans. Revanche bis. Apparemment guéri de ses vices, le joueur peut désormais se consacrer à sa nouvelle équipe et à sa nouvelle vie. La preuve : il s’est fait poser des bagues sur les dents. « Pour me sentir mieux. » On ne se refuse pas un petit plaisir, après tout.


 





Votre compte sur SOFOOT.com

2 réactions ;
Poster un commentaire

  • Message posté par Dynho le 03/12/2012 à 17:29
      Note : 1 

    Il y a effectivement en lien entre Jonathan Rhys-Meyer et Jonathan Reis : l'addiction à la cocaïne

  • Message posté par Shaolin le 04/12/2012 à 11:12
      

    L'anecdote des sacs de sucre est assez cocasse lol...


2 réactions :
Poster un commentaire