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Jonas Martin, nouvel éden

De retour en Ligue 1 un peu plus d’un an après un exil d’une saison à Séville, le milieu de terrain de Strasbourg devrait empiler une sixième titularisation consécutive à Monaco samedi. Une-deux avec un espoir devenu cadre sup au sein du promu, à seulement 27 ans.

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La vie d’un footballeur est une équation à multiples inconnues qui, une fois passée dans un chromatographe, voit la trajectoire de sa courbe varier en fonction d’éléments qui dépassent les simples atouts techniques et physiques. On pourrait parler ici de la gestion de la concurrence, de la capacité d’un joueur à encaisser la douleur ou les critiques, mais le foot pourrait avant tout se décider dans la construction de repères alternatifs, une fois la chrysalide de la formation déchirée par la maturité. Lorsqu’il décide de quitter Montpellier, où il a avalé les catégories comme on passe les haies depuis ses quatorze ans, à l’été 2016, Jonas Martin est pourtant sûr de lui : « L’Espagne a toujours été un rêve pour moi. Depuis l’adolescence, j’étais à Montpellier, chez moi, dans mon cocon, avec mes amis, mes parents à Nîmes... J’étais parti un an en prêt à Amiens (lors de la saison 2011-2012, ndlr) et dans ma tête, je pensais être prêt à affronter n’importe quelle situation. Finalement, j’ai compris que ce monde n’était pas tout beau, tout rose, et j’ai pris une grosse claque. »


L’Espagne, c’est alors Séville et le Betis, où est revenu jouer depuis août 2015 le poster du club, Joaquín, un mec avec qui Martin jouait quelques années plus tôt « à la Play, sur le côté droit, il allait à 2000 à l’heure » . « Quand tu te retrouves à l’entraînement ou sur le terrain à côté de lui, tu te dis que tu as quand même pas trop mal réussi » , relance le milieu relayeur français, bonbon de la génération Stambouli, Belhanda et Cabella, avec qui il a remporté la Gambardella en 2009. Mieux encore : le 20 août 2016, son coach de l’époque, Gus Poyet, décide de lui retirer les brassards pour qu’il aille nager dans le grand bain dès la première journée de championnat, au Camp Nou. Le Betis s’incline largement (2-6), Jonas Martin tient un peu moins de quarante minutes. « Normalement, tu vois ça à la télé et tu te dis : "Putain, un jour, j’aimerais bien..." La veille, tu ne dors pas trop, mais une fois que le match commence, tu fais abstraction, tu es fier, même si l’ambiance n’est pas extraordinaire. Mais quand tu te pètes d’entrée, ça te coupe, surtout que je sortais d’une bonne prépa... »

Les références et la solitude


Puis, la question de l’exil : à Séville, le jeune Français est seul. « C’est con à dire, mais, là-bas, en dehors du foot, je n’étais pas heureux » , rembobine celui qui n’avait pas hésité à remettre la mâchoire de François Hollande en place après la sortie du président sur une « musculation de cerveau » qu’il estimait nécessaire pour les joueurs élevés à la formation française. Une raison simple : « Je suis un mec simple et j’aime les relations humaines. Pour la première fois de ma vie, je n’en avais pas, sauf avec Aïssa Mandi. » Au Betis, Jonas Martin change de monde, de culture, de décor. Il passe des potes aux repas « compliqués où les Espagnols restaient entre eux » , découvre pour la première fois des joueurs qui voient le foot comme un métier. « Jusqu’ici, je n’avais jamais eu cette impression, reprend-t-il. Là-bas, certains arrivaient, disaient à peine bonjour, faisaient leur entraînement et rentraient dans la foulée. Forcément, ça bouscule. » Ce qui donne de nombreuses après-midi où il faut chercher à s’occuper, certains plus longs que d’autres. Reste un coup de cœur, malgré tout.


Car depuis qu’il est revenu en France, Martin ne ment à personne, pas le genre du mec : il n’a aucun regret, excepté « les pépins physiques » . Il enchaîne : « Sincèrement, je garde pas mal de bonnes choses. Par exemple, je ne pense pas que je retrouverai un jour des supporters comme ça. Quand des potes venaient, ou la famille, on m’arrêtait dans la rue toutes les trois-quatre minutes, même si nos résultats étaient moyens (le Betis a bouclé la saison quinzième de Liga, ndlr). J’ai aussi découvert une nouvelle approche : là-bas, tu n’as aucun test physique, tu ne mets jamais de baskets, il n’y a jamais de VMA. Chaque séance, c’est avec le ballon, à faire de la conservation, du toro. Et quand tu vois tes résultats physiques après les matchs, ce n’est pas plus mal, au contraire. Je sais que cette expérience m’a ouvert l’esprit et m’a fait grandir. » Sur le terrain, l’ancien Montpelliérain a rendu une vingtaine de copies en Liga, deux en Coupe du Roi, a affronté ses références, mais a aussi découvert la loi du marché. Soit qu’un « joueur local du même niveau te passera toujours devant » , le tout cumulé à l'impression d’avoir payé auprès de ses différents coachs (Poyet, Sánchez) « le fait d’avoir des petits pépins » .

« La Meinau, ça te colle des frissons »


L’été et une question scotchée à ses lèvres : que faire ? Au Betis, le dernier printemps a dansé sur un rythme à trois temps : nouveau projet, nouveau directeur sportif, nouveau coach. « Je voulais avoir une place importante dans l’effectif, je n’ai pas senti cette envie du club en retour. Lorsque le nouveau directeur sportif est arrivé, il a dit à mon agent que le Betis ne me retiendrait pas. On a donc commencé à écouter les offres et j’ai commencé la préparation avec le club. Au bout de deux semaines, Quique Setién (le nouveau coach du Betis, ndlr) est venu me voir et m’a dit qu’il voulait me garder, détaille Martin. Dans la même journée, un responsable de Strasbourg venait d’arriver pour négocier. Je ne peux pas dire que ça ne m’a pas chamboulé, mais ma décision était prise. » Le Racing Club de Strasbourg souffle alors un milieu expérimenté qui pèse 138 matchs – Ligue 1 et Ligue 2 cumulés – à la barbe grisée de Pascal Dupraz, et ce, après de grosses discussions entre un Betis tenace et les représentants du joueur. De volée : « J’avais décidé de revenir en France pour des raisons personnelles. Je crois que même si ça avait été encore plus au nord, je serais quand même venu à Strasbourg. J’aime la difficulté et j’ai conscience que ce choix est fort : passer du Betis à un promu, c’est aussi entendre des remarques comme « le mec est parti un an, il s’est planté parce qu’il n’était pas prêt » . C’est une question de feeling avec le discours, les dirigeants, le coach (Thierry Laurey, ndlr) et tout le monde m’a conseillé de foncer dans ce projet. Tu peux avoir le soleil, une ville sympa, mais tu ne joues pas au foot pour ça. Tu joues pour des émotions, ressentir quelque chose et la Meinau, ça te colle des frissons. »


Le match de 17h et le cul par terre


Venir à Strasbourg, c’est aussi changer de costume. Voilà Jonas Martin, 27 ans, avec un costume de cadre sur les épaules au milieu d’un groupe revenu des entrailles du foot français en l’espace de dix ans. Après cinq titularisations - une victoire, un nul, trois défaites -, le natif de Besançon se dit « agréablement surpris » et parle de « la beauté » d’un effectif où l’on retrouve pas mal de mecs prêts à « se défoncer, car ils sont conscients de la chance qu’ils ont d’être là » . « Aucun d’entre nous ne veut faire l’ascenseur. C’est inconcevable, lâche Martin. C’est un état d’esprit, presque une mentalité qu’on retrouve en amateur. Ici, on mange ensemble le midi, on fait notre vaisselle, personne ne chipote parce qu’il manque deux bouteilles d’eau à l’entraînement. Au Betis, ça n’arriverait jamais. C’est des détails qui te montrent que tu es descendu d’un cran, c’est agréable. Surtout qu’aujourd’hui, le coach veut que j’ai un rôle de cadre. Donc je donne quelques conseils, c’est spécial pour un mec comme moi qui écoutait beaucoup les conseils des anciens il y a quelques années. »

Vidéo

Au-delà des résultats, Jonas Martin veut pour l’instant garder en tête les images : le premier match à la Meinau contre Lille (3-0) où il n’y a pas besoin d’inviter tous les Martin pour faire sauter la billetterie, le premier but – « si tu marques à l’extérieur, tu es content, mais ce n’est pas la même saveur » –, les entraînements en public, un retour particulier à Montpellier lors de la troisième journée. Le voilà aujourd’hui prêt à croquer un match bonus, à Louis-II, sur Canal+ : « C’est toujours particulier. Au début, je me mettais la pression. Je me disais, c’est le match de 17h, tout le monde te regarde, tu te faisais des scénarios, se marre-t-il. Faudra se mettre le cul par terre, même si le coach nous a dit que ce n’est pas notre championnat. » Jonas tient déjà ses repères et c’est peut-être ça, finalement, le plus important.

Par Maxime Brigand Tous propos recueillis par MB.
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