1. // Copa América 2016
  2. //

Johny Placide le mouvementé

Il a quitté la Ligue 1 sur un coup de gueule monumental contre ses dirigeants après la relégation du Stade de Reims, Johny Placide revient dans les cages haïtiennes pour la Copa América. L'occasion d'arrêter quelques frappes brésiliennes, histoire d'oublier ses déboires de la saison passée.

Modififié
968 4
La victoire 4-1 face à l'OL lors de l'ultime journée n'y aura donc rien changé, Reims est bon pour la Ligue 2. Et pendant que Pascal Dupraz et ses gars fêtaient leur miracle sur la pelouse du stade Jean Bouin d'Angers, les langues commençaient vite à se délier du côté de Reims. Dès la fin du match, Jean-Pierre Caillot, président de ce club iconique du foot hexagonal, se désolait au micro de Canal+ : « C'est à l'image de notre saison. Je ne retiens qu'un mot, c'est gâchis. » Mais il ne lui faut que quelques instants avant de retomber sur ses pattes et d'identifier ce qui a été, selon lui, le cœur du problème : « On a eu beaucoup, beaucoup de fautes individuelles. On a perdu beaucoup de points sur des fautes de nos défenseurs ou de nos gardiens. » La réponse de son gardien de but de la soirée ne tarde pas, et Johny Placide, titulaire face à Lyon alors qu'il n'avait plus joué depuis trois mois, met les pieds dans le plat sans se gêner : « Ce club doit se poser les bonnes questions. Les joueurs, je suis d'accord, mais je pense que les présidents, j'ai pas peur de le dire, ont une grosse part de responsabilité. (…) Rien ne va dans le club, et il n'y a rien qui change. » Trois ans après avoir fui Le Havre pour goûter à la première division, Placide est donc parti pour tâter à nouveau de la Ligue 2. Mais avant ça, il a le droit à une Copa América avec Haïti, avec notamment un affrontement de gala face à la Seleção jeudi prochain.

Saint Placide à Haïti


S'il porte aujourd'hui la tunique des Grenadiers d'Haïti, Johny Placide naît pourtant à Montfermeil en Seine-Saint-Denis, bien loin de Port-au-Prince. Formé au Havre avant d'y démarrer sa carrière pro, Placide mange de la Ligue 2 pendant trois saisons et demie en Normandie. Le temps d'y placer quelques belles parades, de connaître l'équipe de France espoirs avec son pote et coéquipier Loïc Nestor, puis de choisir définitivement la nationalité sportive haïtienne fin 2010. Wilner Étienne, le DTN de la Fédé haïtienne, se réjouissait alors de sa prise : « Ma plus grosse satisfaction est l’accord avec Johny Placide pour venir jouer pour la sélection nationale. Cette négociation a duré deux ans. Maintenant avec Placide, les buts de l’équipe haïtienne vont être plus en sécurité. » Les médias locaux applaudissaient également leur nouvelle star, en insistant lourdement sur son tournoi pré-olympique joué avec Haïti en 2008, quitte à en faire un peu trop comme Le Nouvelliste : « Sans la présence de Placide qui a joué un rôle prépondérant dans l’élimination du Mexique, Haïti aurait pu encaisser pas moins d’une douzaine de buts, tant l’équipe était passée à côté de ce match. » Une jolie façon de mettre sous le tapis le fait que Placide ne s'était jamais imposé en équipe de France espoirs et qu'il s'y était même craqué, comme lors de ce match nul 2-2 face à l'Ukraine où il avait mal négocié deux coups francs. « Je n’en veux pas à Johny Placide. De toute manière, ces ballons sont de vrais ballons de plage et ils sont quasiment incontrôlables » , lui avait pardonné son coach Éric Mombaerts, s'occupant même de lui trouver l'excuse des ballons.

Une saison à trois gardiens


Mais les belles performances de Placide au Havre ont convaincu à l'étage supérieur, et quand Reims se cherche un nouveau portier en janvier 2013 pour remplacer Kossi Agassa et son ménisque fissuré, c'est Placide qui est appelé à la rescousse. « Il nous fallait un vrai numéro 1 bis pour pallier un éventuel coup dur. Johny Placide, on le connaissait. Sa venue chez nous est l’aboutissement d’un travail de longue haleine. Il va vite s’imprégner de la philosophie du club » , expliquait Caillot au journal L'Union. En concurrence avec Agassa à Reims, Placide partage le temps de jeu et se permet quelques moments de gloire, comme quand il arrête un penalty d'Ibra en ouverture de la saison 2014-2015. Avant les drames de la saison dernière, au cours de laquelle Reims a utilisé trois gardiens, en recrutant en urgence Johann Carrasso au mercato hivernal pour tenter de sauver les meubles. « S’il avait eu un comportement plus professionnel, il aurait été moins dans la difficulté et nous n’aurions pas été obligés de recruter un gardien en janvier » , a d'ailleurs répondu Caillot à Placide après ses attaques de la dernière journée. Car si avec Haïti, Placide a enchaîné les grosses performances avec un quart de finale de Gold Cup et une qualification historique pour la Copa América, il est plus en délicatesse en L1. Une galère symbolisée par une sale boulette face à Bastia, qui lui coûtera trois mois sans jouer. Lucide, il avait reconnu dans son clash contre ses dirigeants : « J'ai fait une saison catastrophique, à un moment donné j'en ai payé les frais, je l'ai assumé. » Une envolée suite à laquelle un licenciement avait été évoqué, puis oublié. Placide est donc toujours rémois aujourd'hui, même si son avenir y semble incertain. Dur de devenir roi à Reims. Lui reste son été américain pour se consoler.

Par Alexandre Doskov
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Dans cet article

Un joli jeu de mot mérite au moins un commentaire.
Reste Johny, Placide. Et vice versa.
 //  17:47  //  Amoureux du Liberia
Johny Palment, le trucidé.
Johnny placide.. Je suis peut être un peu con ms son nom m'a toujours fais rire. Y'a jimmy cabot aussi que j'aime bien prononcé ac l'accent snatch.
Puis bien sûr, il y a Peter suswam, mon préféré.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
968 4