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Johan Radet : « Abou Diaby était le plus impressionnant »

Ce mardi 24 novembre, Johan Radet a 39 ans. Aujourd'hui entraîneur de la réserve d'Auxerre, l'ex-latéral droit de l'AJA n'aura connu qu'un club durant sa carrière professionnelle. Et il ne regrette rien.

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Après 11 ans comme joueur à l'AJA, vous êtes restés dans le staff, et vous êtes maintenant entraîneur de la réserve. Vous n'avez pas envie de changer d'air des fois ?
Si, ça m'est arrivé, j'ai eu quelques propositions ailleurs. Mais après, vous savez, l'herbe n'est pas plus verte ailleurs. Je suis bien où je suis, je suis heureux, ça me suffit largement.

Comment vous avez atterri à Auxerre pour la première fois ?
La première fois, c'était avec mes parents. J'étais pas mal sollicité. J'étais allé visiter le centre de formation de Lyon, et en remontant on avait visité celui d'Auxerre. J'ai signé chez eux parce que c'était ce qui se faisait de mieux à cette époque. J'avais vraiment le choix entre plusieurs clubs. Lens et Monaco s'étaient positionnés également parce que j'étais en sélection nationale alors que j'étais encore dans un club amateur.

À ce moment-là, vous vous êtes dit que ce serait le seul club professionnel que vous connaîtriez ?
Ah non, pas du tout. À cet âge-là, 15 ou 16 ans, on se dit que si on arrive à être footballeur professionnel, ce sera déjà beau. On ne peut pas faire de plan. Mais en tout cas, j'étais bien où j'étais, tout simplement. On jouait les premiers rôles, on jouait la Coupe d'Europe chaque année, la Ligue des champions de temps en temps. Quel club vous offre ça ?

Vous avez fait vos débuts avec l'AJA le 11 août 1996. Vous arrivez dans un groupe qui vient d'être sacré champion de France pour la première fois. Comment on gère ça ?
À 20 ans, quand on vous donne la chance de jouer, vous êtes déjà très content. Vous avez seulement envie de prouver que vous pouvez avoir le niveau. Il n'y avait pas forcément de pression particulière. Vous êtes heureux et vous avez surtout envie de bien faire pour rendre la confiance qu'on vous a accordée.

Forcément, c'est Guy Roux qui vous a lancé. On imagine que vous avez une relation particulière avec lui...
J'ai plus une relation particulière avec Daniel Rolland qu'avec Guy Roux. Parce que c'est lui qui m'a recruté, qui m'a fait devenir titulaire en Ligue 1. Mais ça m'a quand même fait bizarre quand Guy Roux est parti en 2005. C'était quasiment le seul entraîneur que j'avais connu en pro, hormis les intérims de Daniel Rolland et Alain Fiard. Mais ça me permettait aussi de voir autre chose. Pour moi, c'était un changement de club, en restant sur place. Les contenus d'entraînement étaient différents. En onze ans, c'est difficile pour un entraîneur de se renouveler, j'avais toujours connu la même chose. Là, c'était Jacques Santini, quelque chose de nouveau, tout neuf. Chaque entraînement était différent. C'était appréciable. C'était un autre management aussi, on responsabilisait un peu plus les hommes. On voyait autre chose, c'était agréable.

Guy Roux, c'est aussi la caricature des Guignols. Toi qui l'as vécu de l'intérieur, c'était vraiment ça ?
C'était un peu exagéré. Mais si vous voulez, c'était quand même quelqu'un qui aimait tout maîtriser. Dans la préparation, dans l'extérieur, dans tout. Je pense que si l'AJA a bien fonctionné à un moment donné, c'est parce qu'il maîtrisait tout.

« Ce que faisait Abou à son âge, c'était vraiment époustouflant. Il ne peut apporter que du bien à Marseille cette saison s'il retrouve les terrains. » Johan Radet

En 2003, vous gagnez la Coupe de France contre le PSG. Vous vous souvenez du but de l'égalisation, de votre raid sur le côté droit et du centre parfait pour Cissé ?
Sur le coup, on est juste content d'égaliser. Je ne me suis pas dit : « Ouais super, j'ai fait ce qu'il fallait. » Non, j'étais juste content de ramener l'équipe à 1-1. Après, il restait un bout de match. Je n'étais pas dans la projection, j'étais encore totalement dans le match. Et on a fini par l'emporter, c'était magnifique.

C'est votre plus beau souvenir ?
Oui, on peut dire ça. Je fais un bon match, on gagne, c'est notre premier trophée avec le groupe. On était une bande de copains et ça venait récompenser notre travail. Donc oui, c'est ce qui pouvait nous arriver de mieux.

Justement, c'était qui votre meilleur pote de vestiaires ?
Mes meilleurs potes, c'était Philippe Violeau, Yann Lachuer et Stéphane Grichting. Et puis tous mes copains du centre, avec qui j'ai fait toute ma formation. Ce sont des mecs qui sont restés longtemps à l'AJA comme moi, qui ont les valeurs du club. C'est aussi les joueurs qui font l'identité d'un club, c'est eux qui transmettent les valeurs.

À cette époque, il y en a eu du beau monde qui est passé par l'AJA ? Lequel vous a le plus impressionné ?
Le plus impressionnant des joueurs que j'ai pu voir à l'AJA, c'est Abou Diaby. Après, Philippe Mexès et Djibril Cissé étaient aussi énormes. Mais vraiment, ce que faisait Abou à son âge, c'était vraiment époustouflant. Il ne peut apporter que du bien à Marseille cette saison s'il retrouve les terrains.

En 2005, en pré-saison, vous vous faites les ligaments croisés. À ce moment-là, un petit jeune du centre de formation émerge et pique votre place. Il s'agit de Bacary Sagna. Vous avez eu un rôle d'encadrement avec lui ?
Bac', ils ont longtemps hésité à lui donner ma place tout de suite. À la base, ils voulaient recruter Sébastien Pérez, une fois que je me suis blessé. Mais Pérez n'était pas apte, entre guillemets. Ils ont donc laissé la chance à Bacary et je pense qu'ils ne le regrettent pas du tout. Après, avec Bac', on a encore de très bonnes relations. Je l'ai encore quelques fois par message. J'ai pu visiter l'académie de Manchester City grâce à lui. Donc, je suis très content que ce soit lui qui ait pris ma place. Parce que c'est un mec très bien. C'est normal qu'on vous prenne votre place, surtout quand vous êtes cloué à l'hôpital. La vie ne s'arrête pas parce que vous n'êtes pas là. Il en a profité, tant mieux pour lui. Les règles du jeu sont claires dès le départ.

Été 2007, vous vous décidez à partir d'Auxerre pour Strasbourg. Ce n'était pas trop difficile à prendre comme décision ?
On m'explique très clairement que je ne jouerai plus. Mais moi, j'ai encore envie de jouer sur ma fin de carrière, donc je m'en vais. C'était une décision difficile à prendre ? Oui et non. Oui parce que tu as envie de continuer dans le club où tu es. Et non parce que tu aimes tellement le jeu que tu n'as pas envie d'être sur le banc ou de faire de la réserve. Et j'avais encore envie de jouer au plus haut niveau.

« Je me sens plus une âme de formateur qu'entraîneur d'un groupe pro. Je pense que ce n'est pas pour moi. » Johan Radet

Malheureusement, les médecins alsaciens détectent un problème au cœur. C'était quoi exactement ?
J'ai une cardiomyopathie hypertrophique apicale. Pour faire simple, c'est la pointe du cœur qui est trop grosse. Ils m'ont annoncé que j'étais inapte à jouer, que c'était peut-être génétique, et que j'ai dû passer à travers les mailles du filet. Mais je n'ai jamais rien ressenti ou quoi que ce soit. Je l'ai découvert grâce à ces examens, mais tout va très bien. J'ai toujours une activité sportive et je ne me sens pas comme quelqu'un de malade.

Vous avez été obligé de prendre votre retraite à 30 ans. Vous le vivez comment à ce moment-là ?
C'était difficile à avaler. Mais ce n'est pas une histoire d'âge. C'est difficile quand ce n'est pas toi qui décides. Quand on te l'impose. Si tu le décides toi-même, tu dis : « Bon, bah voilà j'ai fait le tour, c'est bon. » Mais quand on te l'impose, c'est plus délicat.

Depuis, vous avez intégré le staff de l'AJA, c'était évident de continuer à jouer un rôle au sein du club ?
J'ai pris une année sabbatique. Et après, j'ai suivi une formation avec Pôle Emploi pour être mis à disposition du club. Je me suis occupé des blessés. Ensuite, j'ai réellement intégré la formation à partir de 2011. C'était la chose la plus facile puisque c'est le job que je connais le mieux.

Vous gagnez la Gambardella en 2014 avec les U19. C'est une émotion comparable avec un titre en tant que joueur ?
Oui, on peut le comparer. C'est différent parce que vous êtes en dehors du terrain. J'avais vraiment une très bonne relation avec tous les garçons du groupe. C'était un très bon moment. Tout à l'heure, on parlait de la finale 2003 comme mon meilleur moment dans le foot, mais ça, c'est clairement le numéro 2. Et c'est vraiment pas loin du numéro 1, c'est le 1,5. Un très, très bon moment.

Depuis, vous êtes entraîneur de la réserve. Vous aviez déjà eu cette responsabilité en 2012-2013, mais ça s'était soldé par un échec. Qu'est-ce que vous avez de plus maintenant ?
Je travaille avec les mêmes mecs depuis quatre ans. Je les ai eus en U17, U19, CFA2 et maintenant CFA. La première période, je n'avais pas les compétences, on m'a mis là parce qu'il manquait quelqu'un et c'est tout. Mais je n'avais pas les heures de vol pour gérer une réserve. Après, j'assume complètement, hein. Mais maintenant, avec toutes les heures de vol, je suis plus compétent, plus serein, et ça se ressent sur les jeunes qu'on encadre.

À terme, c'est un objectif de devenir entraîneur de l'équipe première ?
Non, je me sens plus une âme de formateur qu'une âme à gérer un groupe pro. Je pense que ce n'est pas pour moi.


Propos recueillis par Kévin Charnay
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Soyez sereins, Abou arrive.
Cheric Zghemmfour Niveau : CFA
Si il y a des spécialistes d'Auxerre qui lisent,je me posais la question : est-ce que Sagna n'aurait pas évolué plus en latéral gauche,plutôt qu'en latéral droit au final ?

Je crois me souvenir qu'il était souvent à ce poste (Radet jouant à droite) car le club ne devait pas avoir de solutions suite à l'absence du titulaire (était-ce Jaurès ?)
Ca ne m'a pas marqué Sagna arrière gauche, possible qu'il ait dépanné quelques fois, mais il a vraiment commencer à jouer à droite quand Radet s'est blessé. Je crois même qu'il jouait plus offensif avant.
Cheric Zghemmfour Niveau : CFA
En fait il a dû jouer plus à droite que à gauche, mais il y a certainement une saison, probablement la 2005/2006,ou Radet était valide et Sagna était à gauche pour cause de blessure de Jaures.
Il a commencé l'euro 2006 à gauche c'est sur (où il a été très bon) avec Clerc à droite je crois, puis a fini le tournoi à droite avec Berthod à gauche, notamment contre les Pays-Bas et Castelen qui était la grande révélation de mémoire.
Avec un axe Faty-Bourillon en défense et Briand Sinama-Pongolle devant ^^

Sinon à Auxerre je n'ai pas le souvenir de l'avoir vu beaucoup jouer à gauche, surtout qu'il y avait Mignot et Grichting pour dépanner.
Mais tu as sans doute raison sur 2005-2006, l'aja faisait aussi de la place à Martin en doublure à droite, Sagna a sans doute du jouer quelques matchs à gauche avec Jaures qui ne joue que 28 matchs cette année-là.
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