J.Lassalle: « Marouane est un symbole »

Considéré comme un frère par François Bayrou, Jean Lassalle revient sur le "recrutement" de Marouane Chamakh. Si par le passé le député avait fait une grève de la faim, aujourd'hui, on ne peut pas vraiment dire qu'il fasse grève de la parole. Tant mieux.

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Alors, comment est venue l'idée d'aller chercher Marouane Chamakh ?


L'idée était d'avoir un représentant de chaque grand sport collectif. On a Thierry Gadou, le frère de Didier, pour le basket, Bruno Riskwit pour le hand et François Gelez, demi d'ouverture d'Agen, pour le rugby.

Et pour le foot...


Des copains m'ont parlé de Marouane Chamakh. Ils m'ont raconté l'histoire de son père, un réfugié marocain qui en a vu de toutes les couleurs, arrivé par le Portugal pour ensuite s'installer à Aiguillon. Là où Marouane a justement sa propriété, à laquelle il est très attaché.

Oui, c'est un enfant de la région...


Ce garçon m'intéressait, c'est plus qu'une coqueluche aux Girondins de Bordeaux. Ici, c'est un Dieu de l'Olympe. Même si Gourcuff est médiatiquement le plus connu, c'est son alter ego, et dans la région, les gens le préfèrent même à Gourcuff. C'est un peu comme Zidane et Dugarry. Marouane, c'est un symbole.

D'autant plus qu'il joue pour le Maroc !


Oui. En prenant un joueur qui joue pour le Maroc, je n'ai pas même pas besoin de dire ce que je pense de ce débat sur l'identité nationale. Je veux montrer qu'il y a beaucoup de facettes dans l'immense kaléidoscope d'une personnalité, d'une discipline aussi.

Il a accepté de suite de s'engager à vos cotés ?


Non, au début, il ne voulait pas, il me disait : « Je vais vous porter un coup fatal à cause du mercato. Si je pars et tout... » . Je lui ai répondu que je ne comptais pas guider sa vie professionnelle, mais que bon, de toute façon, il ne serait pas le premier Français à aller travailler en Angleterre. Ensuite, je lui ai raconté mon parcours. Il s'est retrouvé à travers ma jeunesse et a accepté.

Alors pourquoi refuse-t-il de s'exprimer sur le sujet ?


Parce que j'ai mis la barre très haut. Et puis il est habitué à s'exprimer sur les bases sportives, alors pour l'instant, il n'a peut-être pas les mots.

A l'époque, Fabien Cool était à l'UDF, maintenant, Marouane... Pourquoi les footballeurs s'engagent-ils disons plus facilement avec le centre qu'avec la gauche ou la droite ? Parce que c'est moins excluant ?


Le Modem est le seul mouvement portes ouvertes sur la société civile. Avant, ce n'était pas le cas...

L'UDF, c'était un peu le Rotary Club!


Voilà. Bon, mais depuis, on s'est ouvert. Et le Modem, si je puis dire, est le dernier salon où l'on cause, où le débat s'engage tout seul. Avec tous les points de vue qui le composent, sa diversité.

Marouane, au départ, il a plutôt une sensibilité de gauche, non ?


Si, si, de gauche oui. C'est quelqu'un de bien. Avec moi, j'ai des gens issus de toutes parts, hormis le FN. Des anciens communistes, des anciens de l'UMP, des déçus de tous les horizons politiques.

Marouane, il était déçu de la politique ?


Oh non. Enfin, pas encore (rires). Au contraire, il a vraiment ce que l'on appelle une conscience citoyenne.

Dans quelle mesure est-il engagé avec le Modem ?


Marouane n'a pas d'engagement avec le Modem.

Et avec vous ?


Avec moi, il s'est engagé, s'il est élu, à essayer d'honorer sa fonction, à venir honorer son engagement, à venir témoigner pour les échéances importantes.

S'il signe en Angleterre, pour vous, ce sera plus emmerdant...


Non, pourquoi ? Quand il sera à Arsenal, il ne vivra pas tout le temps à Londres et reviendra dans sa propriété, ça c'est convenu. Et puis, comme je lui ai dit : « J'ai besoin que tu sois mon ambassadeur en Angleterre » .

Ah, il signe à Arsenal alors ?


Ah non, je n'ai pas dit ça. Vraiment, il ne sait pas encore. Et, en faisant de lui quelqu'un d'éligible, je suis l'un des mieux placés pour le garder en France.

En fait, vous êtes envoyé par Jean-Louis Triaud !


Ahah! Hon, mais j'aimerais bien qu'il reste à Bordeaux, c'est vrai. En tout cas, c'est vraiment très important pour moi son engagement. Je veux gagner cette élection, d'ailleurs, je n'ai jamais perdu aucune élection.

Propos recueillis par Simon Capelli Welter

(1) Le 7 mars 2006, Jean Lassalle entame au Palais Bourbon une grève de la faim afin de faire pression sur le gouvernement et d'éviter la relocalisation d'une usine du groupe Toyal Europ, filiale du groupe nippon Toyo Aluminim K.K. qui emploie 150 salariés dans la vallée d'Aspe. Costaud. En cinq semaines, il perd 21 kilos, souffre de baisse de tension et finit, le 14 avril, par être hospitalisé d'urgence. Le gouvernement (Chirac, Villepin, Sarkozy) se décide alors à intervenir et Toyal ne déplace pas son usine. Jean peut alors cesser sa grève de la faim. Bravo.

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