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Jérôme Leroy / Laurent Leroy : l'entretien royal

Il y a quinze ans, après avoir été coéquipiers à Paris, Jérôme et Laurent Leroy se foutaient sur la tronche un soir de Classico au Vélodrome. Celui qui avait allumé la mèche, Jérôme Leroy, est aujourd’hui adjoint du président de Châteauroux, après quelques crochets en MMA. Celui qui avait entretenu la flamme, Laurent Leroy et ancien pompier volontaire, passe ses diplômes d’entraîneur. Interview croisée, en deux parties.

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Jérôme, Laurent, la dernière fois que vous vous êtes vu, c’était quand ?
Laurent Leroy : Ça fait un bail… Je pense que ça doit être au truc de la Fédération pour la subvention du match Marseille-Paris (en 2003, ndlr). Après Paris, chacun a fait sa route, moi, je suis parti à Bordeaux (en 2005), toi, tu es revenu à Marseille après Paris ?
Jérôme Leroy : On ne s’est pas revus quand tu jouais à Bordeaux ? Non, je sais pas… Ça fait un moment, c’est sûr.

Quelles relations vous entreteniez l’un avec l’autre ?
LL : On était… coéquipiers voilà. On arrivait le matin : « Bonjour, au revoir  » . Et chacun faisait sa petite vie. Dans les soirées, c’était un peu différent. J’avais des affinités avec Frédéric Déhu, Jimmy Algerino, Marco Simone
JL : Moi, je ne parlais pas beaucoup. J’ai eu la chance de commencer ma carrière avec un groupe qui a gagné beaucoup de trophées, j’ai vu l’état d’esprit d’un bon groupe. La complémentarité, elle se fait sur le terrain. Je me suis aperçu qu’être amis en dehors, c’est pas bon. Parce que quand on est sur le terrain, on n’ose pas se dire les choses. Je vais pas mentir : aujourd’hui, j’ai personne au téléphone (il sourit). Le haut niveau, c’est ça ! Mieux vaut être apprécié en tant que footballeur qu’en tant qu’homme. La complicité en dehors du terrain, c’est bidon.
LL : Regarde, ça fait six, sept ans que j’ai arrêté dans le monde professionnel… Et je sais pas où ils sont ! (Il regarde Jérôme) Si on se croise dans la rue, ou comme aujourd’hui, on va se dire au revoir et plus se voir. Ça a toujours été comme ça.
JL : Moi, au moins, j’aurais déçu personne. Des mecs qui ont eu des affinités, qui sont devenus amis et une fois la carrière terminée, plus de nouvelles… Il y en a dans tous les groupes. On est en train de nous faire croire que Zlatan et Cavani s’entendent bien, mais à l’époque, Ginola et George Weah ne pouvaient pas se voir non plus. Et pourtant, ils disaient l’inverse. C’était bidon, ils se serraient même pas la main… En revanche sur le terrain, Ginola centrait et Weah marquait, voilà. Du coup, ça se voyait pas. On n’a pas d’amis dans le football, on n’a que des copains. Ça, les joueurs ne veulent pas l’entendre… Il faut me trouver les deux joueurs qui jouent au même poste et qui sont amis ! Je veux bien passer pour un con, entendre que je raconte des conneries, mais il faut me les trouver, les deux !


Ça te vient d’où, cette défiance à l’amitié ?
JL : Moi, je viens des quartiers, on jouait les uns pour les autres. Pas les uns après les autres. Les uns pour les autres. Quand on touchait quelqu’un de notre équipe, on le protégeait. Oh, je suis arrivé là-dedans (le monde pro, ndlr), je frappais tout le monde ! Parce qu’on touchait à mes partenaires. Après, je me suis aperçu qu’en fait, c’était un monde d’enculés. Voilà, c’était chacun sa merde. Ce que je regrette, c’est que tous ces jeunes ne jouent plus dans leurs quartiers, ils ne perçoivent plus ce que c’est de partager. C’est devenu individualiste. Dès l’âge de onze ans, ils s'entraînent tous les jours dans leurs clubs, ils ne jouent même plus en bas de chez eux. Ils sont déjà conditionnés comme des professionnels.


À ce propos, vous avez tous les deux arrêté l’école en troisième, c’est un regret ?
JL : Non, moi, j’ai étudié, j’ai été à l’école. Je suis entré au centre à 17 ans, presque majeur. Mais il y en a, ils y rentrent à treize ans ! On fait de nous des illettrés. Quand on voit qu’on n’arrive pas à faire une phrase, c’est de la faute de qui ? C’est de notre faute ? On conditionne un gamin en sport-étude, et un jour, on lui dit : « Attention, tu joues moins bien en ce moment. » Qu’est-ce qu’il fait ? Entre l’école et le foot, à douze ans, désolé, mais il va au foot.
LL : J’étais au lycée à dix-sept ans et demi, pas bon à l’école. À l’époque, je m’entraînais avec les pros de Valenciennes, qui étaient en D2. L’entraîneur Robert Dewilder me dit : « Écoute, viens t'entraîner avec moi. - Ok, mais demain matin j’ai école. - Ah bah tu fais un choix. » Je suis parti à l'entraînement le lendemain et j’ai dit à mon père que j’allais finir les six derniers matchs : « Vas-y, de toute façon, à l’école, on peut rien faire de toi. Mais tu travailles ton foot, hein. »

Aujourd'hui, les gens qui viennent au stade viennent voir juste un mec qui vaut 42 millions. On se croirait à l’Euro millions, la roulette là...Jérôme Leroy

Vous faites partie de ceux qui disent que le foot, c’était mieux avant ?
JL : Dans les années 1990 quand je commençais, je disais déjà que c’était moins technique qu’à l’époque de Safet Sušić. C’était plus lent, mais c’était technique. Dans les années 1980, on avait tous un numéro 10, un mec qui jouait en marchant, c’était lent, mais on perdait pas un ballon. 2000, il y a plus rien. On a découvert Internet, l’ADSL, et maintenant c’est... pfiou ! Les gens qui viennent au stade viennent voir juste un mec qui vaut 42 millions. On se croirait à l’Euro millions, la roulette là (il siffle).

Aujourd’hui, on voit de moins en moins de numéros 10 comme vous avez pu les connaître. Toi, Jérôme, tu aurais pu être 10, mais tu as souvent dit que « tu n’avais pas le niveau » pour jouer à ce poste…
JL : Non, mais c’est normal, vous me comparez à Ronaldinho. Je vais quand même pas dire que je suis meilleur que Ronaldinho à ce poste…

Pourquoi ? Dès le départ, quand vous voyez débarquer ce gamin en 2001 et faire des folies à l'entraînement, vous vous dites que ça va être compliqué d’exister ?
JL : Au départ, ce sont les journalistes qui nous mettent de côté. Ce qu’on faisait de bien, nous (il se tourne vers Laurent), personne le voyait puisqu’il y avait Ronaldinho. Donc en fait, fallait qu’il parte pour que les gens s’aperçoivent que t’es technique : « Ah ouais, putain, tu touches, toi… »
LL : C’est comme Okocha, hein. Moi, j’ai pas connu Raí, mais Okocha, c’était quelque chose.


Comment vous suiviez les relations entre Fernandez et Ronaldinho ? On dit qu’il ramenait des filles pendant les mises au vert, il était revenu dix jours en retard après une trêve hivernale avec un mot de son dentiste pour l’excuser…
LL : Bah en même temps, il en avait bien besoin… (rires)
JL : Au début, Luis agissait pour son bien, puis ils sont rentrés dans un jeu malsain.
LL : Oui, c’était un jeu par rapport aux journalistes. Il y a eu des trucs comme tu dis, dont j’étais pas au courant… Je sais pas, moi, j’étais dans ma chambre, je dormais. Il a bien profité à Paris. Et à Barcelone, il s’est éclaté (sourire).
JL : Il y a aussi eu un joueur brésilien de la génération juste avant qui était un fêtard, c’est Romário. Tous les soirs, il sortait. Je pense que Ronaldinho a essayé de suivre son exemple et ça n’a pas réussi. Le matin à l’entraînement, tu le voyais arriver avec les lunettes de soleil, bon… Ensuite, il s’habillait, et il allait direct à la table de massage pour dormir. Les joueurs talentueux comme ça, ils sont fous. Ils arrivent même pas à expliquer ce qu’ils font.

Ce qu’a fait Raúl, mettre tous ces buts en C1, Ronaldo et Messi n’auraient pas pu faire ça. Parce qu’ils n’étaient pas champions dans leur pays. C’était soit l’un, soit l’autre.Jérôme Leroy

Ronnie, Okocha, Aloísio... Avec l’effectif de ces années-là, vous auriez vraiment pu aller plus loin en Coupe d’Europe…
LL : Mon seul regret, c’est contre La Corogne. Si on gagne là, on est déjà en quarts de finale… J’ai rien gagné avec Paris, juste perdu une finale (en Coupe de la Ligue, en 2000), en plus contre Gueugnon (rires). À l’époque, c’était dur de jouer un match de Coupe d’Europe, aujourd’hui tout le monde peut jouer.

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JL : Moi, j’ai évolué dans les deux meilleurs clubs et je n’ai jamais été champion. Ça fait chier. Alors j’ai joué des grands matchs, hein : Barcelone, Liverpool, Chelsea… Ce qui était valorisant, c’est qu’on jouait (il appuie) la « vraie » Ligue des champions. Celle avec les champions, pas les trois, quatre… Je suis pas en train de faire le vieux con, mais aujourd’hui, si t’es pas champion dans ton pays, tu peux gagner la Ligue des champions ? Bravo. Ce qu’a fait Raúl, mettre tous ces buts ? Ronaldo et Messi n’auraient pas pu faire ça, parce qu’ils n’étaient pas champions. C’était soit l’un, soit l’autre.

Laurent, c’est vrai que les dirigeants de La Corogne ont essayé de te recruter après le match ?
LR : Oui, deux jours après, je suis convoqué par Perpère (Laurent, président délégué du PSG). Et puis il y avait Luis aussi. Ils me disent que la Corogne me propose 10 millions d’euros à l’époque, mais qu’ils ne me laissent pas partir. Pourquoi m’appeler alors ? D’après mon agent, j’aurais pu gagner deux fois ce que je gagnais à Paris, j’aurais pu faire un caprice et leur forcer la main. S’ils avaient été d’accord, j’y serais allé. Mais bon…


Entre Madar et toi, il y avait toujours un concours de muscles sous-jacent ?
LL : À l’époque, j’étais un « joker de luxe » . À un moment, c’est bon, j’ai dit stop. Comme on disait tout à l’heure, j’avais pas de copains. La première personne pour qui je me suis dit : « Lui, je peux l’écarter » , c’était Madar. Il se blesse : « Ça y est, il n’a plus le droit de revenir. » Et malgré Anelka - avec qui j’ai joué pas mal de matchs - et Ronaldinho, j’ai toujours été dans le groupe. Il y a juste eu cette période quand je suis arrivé : Loko, Ouédec, Simone, là je me suis dit : « Tu vas avoir du mal. » C’est pour ça que je suis allé voir Arthur Jorge : «  Tu peux me prêter six mois que je me refasse ? »

Alors autant les relations étaient positives avec les Dupond et Dupont moustachus (Arthur Jorge et Denis Troch), autant ça s’est moins bien passé avec Vahid Halilhodžić. Il avait décrit Jérôme comme « ingérable » et « nuisible » …
LL : Lui aussi, il était ingérable, hein. Je le supporte pas, ce mec. C’est le seul qui n’avait aucun respect envers les joueurs. Lui, en revanche, faut pas que je le croise, je lui dirai pas bonjour. Il m’a écarté, j’étais avec la CFA et interdiction d’être dans le vestiaire professionnel. Après, il me mettait une pression, mais j’ai pas eu peur d’aller au clash avec lui. Ce monsieur m’a dégoûté du football, du haut niveau. Je pense qu’il n’a encore aucun respect envers ses joueurs. Mais qu’il se regarde déjà, parce qu’il est malpoli.
JL : Pareil. Il n’a pas le sens du partage. Enfin si, mais pour lui. Vous savez quand quelqu’un commence ses phrases par : « Moi, je » , ça définit la personne. Luis Fernandez m’avait fait revenir, et d’un coup, on me dit : « T’as pas le niveau, tu dois partir. » Même en lui ayant sauvé sa tête, il me dit : « Tu peux dégager quand même » !

Sauver sa tête ?
JL : Le match à Metz (le 16 août 2003, 3e journée de Ligue 1). On gagne 1-0, notre première victoire en cinq matchs : si on gagnait pas là, il sautait. Derrière, quelle reconnaissance… En fait, on a toujours ce qu’on mérite : je lui sauve sa tête, et deux ans plus tard, on vient avec Lens au Parc des Princes (le 8 février 2005). Victoire 2-0, je mets le deuxième but et c’est moi qui le vire. Le lendemain, il est viré. C’est fou quand même. Ça a juste mis un peu plus de temps (rires).


C’est récurrent cette réussite contre tes ennemis, tu as longtemps été la bête noire de Marseille
JL : Mais j’y peux rien ! Mon dernier match avec Évian, je mets un doublé, j’y peux rien ! Je joue avec Évian contre le PSG, je marque, j’y peux rien ! En finale avec Sochaux, pareil ! C’est ça l’exigence du très haut niveau aussi : la pression, l’adrénaline, le match qu’il faut gagner sinon on va passer un sale week-end… C’est vrai que plus tu descends en division, plus la claque est grande. L’adrénaline, tu essayes de te la mettre, mais parfois, il n'y en a pas, notamment quand tu joues avec des joueurs moins exigeants que ce que tu as connu…

Jérôme me tacle, je me relève et lui met un coup dans les tibias devant le banc marseillais, d’accord, mais sur le moment, aucun Parisien n'est venu me défendre à part Rabé. Le reste...Laurent Leroy

Quels entraîneurs vous ont le plus marqué à l’époque ?
JL : Avec Luis Fernandez, on ne se parlait jamais, en fait. Les seules fois où on se parlait, c’était quand on repartait le lendemain, et il me demandait si j’avais joué la veille ! Il savait ce que je devais faire, il me le disait et voilà. Mais l'entraîneur qui m’a le plus marqué, c’est Abel Braga. Je l’ai vu faire des choses pour des joueurs… Je me souviens d’un OM - Lyon où on perd 1-0, avec Pouget qui vendange à tout-va. Il se fait agresser à la sortie du stade, et Abel Braga, qui était devant lui dans sa voiture, fait marche arrière et il sort pour dire : « Arrêtez ! » Trouvez-moi un entraîneur français qui puisse faire ça ! Lorsqu’il a annoncé son départ, le dernier match, on en met quatre au Stade Vélodrome contre Metz. Et à chaque fois qu’un joueur marquait, il allait le voir, il pleurait. C’est un mec qui partageait, qui disait : « On est une famille. » Mais attention, j’en ai vu des joueurs pareils : un de leur pote prend une gifle, et ils tournent la tête comme s'ils ne l’avaient pas vu…
LL : En fait, t’aurais dû rester avec moi à Paris, et tu serais venu me défendre quand on s’est embrouillés (rires).
JL : Mais voilà, ça c’est un exemple !
LL : D’ailleurs, ce jour-là, je leur en veux un petit peu parce qu’il n’y avait personne pour me défendre… Jérôme me tacle, je me relève et lui met un coup dans les tibias devant le banc marseillais, d’accord, mais sur le moment, je ne vois qu’un Parisien, c’est « Rabé » (Éric Rabésandratana). Le reste…
JL : Au final, dans cette histoire, j’ai rien fait. Non, mais c’est vrai, je l’ai juste ceinturé ! Tout le monde me dit que je l’ai frappé, mais jamais.

Jérôme, le tacle était quand même appuyé…
JL : (Rires) Oui, bon, j’avoue. Mais mes tacles ont toujours été appuyés, j’ai pas attendu ce match-là. J’ai connu des joueurs qui posaient des tacles quand ils étaient à Marseille, mais dès qu’ils partaient, il n'y avait plus rien. Pareil à Bastia, quand ils partaient, c’étaient des caniches.

(Allez directement à la 28e minute...)
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C’est rare de voir un banc exploser de rage en Ligue 1.
LL : Si ça s’était passé pendant un Paris - Lyon, on n’aurait pas eu les même réactions. On s’est pas tenu les nerfs, ils ont explosé, c’est comme ça… T’aurais dû le faire de l’autre côté ! En plus, c’étaient les vrais Marseillais : Pérez, Brando, Abardonado… Bon, j’ai pas eu de bleus ni rien. On aurait dû prendre un match de suspension et Pérez un peu plus parce qu’il a vraiment frappé. Mais bon, on ne va pas refaire le match (rires).

Quels sont vos souvenirs des « Classicos » de l’époque ?
LL : Quand je suis arrivé (début 1998, ndlr), c’était déjà un peu moins chaud qu’à une époque. Franchement, entre joueurs, ça se passait bien. Après ce qui s’est passé entre Jérôme et moi… C’est comme ça, hein (rires).
JL : En fait, dans les Classicos, c'étaient les supporters qui mettaient l’ambiance. L’intensité et la pression, c’était eux. Moi, j’ai été des deux côtés, donc j’ai eu la chance de le percevoir : à Marseille, ils en parlent tout le temps. Tout le temps. Dès que le calendrier est sorti, la première chose qu’ils font, c’est acheter les billets. Paris, c’est une grande ville et on ne sent réellement la pression que le jour J. C’est vrai qu’aujourd’hui, c’est plus bon enfant. Dans les tribunes aussi. Et c’est pas une question de rivalité sportive parce qu’avant, il n’y en avait pas. C’est-à-dire qu’il y avait toujours un écart au niveau du classement. Mais voilà, à notre époque, c’était compliqué de sortir du stade…

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C’est-à-dire ?
JL : Mais ouais, parce que dès qu’il y avait des mauvais résultats, les gens ne comprenaient pas ! Au Parc comme au Vélodrome, il n’y a qu’une entrée, qu’une sortie : ils se mettent tous devant et ils attendent.
LL : Sinon, on attend dans le vestiaire jusqu’à ce que tout le monde s’en aille. On avait quand même nos familles qui nous attendaient en dehors du stade, on avait peur pour eux. Mais nous, jamais. C’est vrai qu’il y avait encore Auteuil, Boulogne, on se disait : « Ils sont fous, les supporters… »
JL : Après, des pressions, il y en a eu, hein. Moi, je me souviens du dernier que j’ai fait, on s’est fait agresser par nos propres supporters, ils sont montés dans le bus en pensant que c’était celui de Marseille. Ils avaient bloqué la route, ils montent par l’arrière. Quand ils se sont aperçus que c’était nous, ils ont dit : « Oh putain pardon ! Allez les gars, il faut gagner ce soir ! » Ils sont descendus, et ils sont allés attaquer le bus de Marseille. Voilà, c’est des matchs à enjeux, mais entre supporters...



Propos recueillis par Théo Denmat et Ugo Bocchi
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