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Jermain Square

Auteur de quatorze buts en Premier League cette saison à trente-quatre ans, Jermain Defoe vient d'être rappelé par Gareth Southgate chez les Three Lions. Le secret ? Du boulot, du cœur et du thé. Oui, du thé.

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Un gosse, de trente-quatre piges. Face à la presse, Jermain Defoe ne changera jamais : des sourires, des bonnes vannes et de la fraîcheur, comme au premier jour. L'homme se demanderait presque ce qu'il fout là. Mais, maintenant qu'il s'est installé de nouveau sur un fauteuil d'international, autant en profiter. Alors, il s'allume ainsi : « Je sais à quel point c'est important de jouer pour l'Angleterre. (...) Il faut être réaliste, pour être dans cette équipe, il faut le mériter et jouer au plus haut niveau. Quand je suis allé à Toronto en 2014, j'ai manqué la Coupe du monde. Quand j'ai appris la nouvelle, ça a été difficile de l'accepter, mais j'ai compris, car j'étais en concurrence avec des mecs qui jouaient en Premier League tous les week-ends et disputaient même des compétitions européennes pour certains. (...) Quand tu as vécu un tournoi majeur, tu ne peux que brûler d'envie de renouveler l'expérience. Je n'ai jamais abandonné l'idée de revenir ici, j'ai toujours fait profil bas et travaillé dur dans l'espoir de pouvoir le faire. » L'objectif serait donc le suivant : voir la Russie en juin 2018. Defoe n'oublie pas qu'il ne serait pas là sans les blessures de Kane, Sturridge et le retour à la compétition encore frais de Danny Welbeck. Le voilà avec une flèche en or au bout d'un arc bandé dans une position de doublure de Jamie Vardy alors que l'Angleterre s'apprête à défier l'Allemagne à Dortmund en amical mercredi soir et la Lituanie dimanche.

« Il faut respecter sa carrière »


Un concours de circonstances heureux. Il faut d'abord se souvenir de la victoire de l'Angleterre à Berlin (3-2) le 26 mars dernier à quelques semaines du début d'un championnat d'Europe particulièrement difficile à vivre pour les Three Lions. Tout simplement car, à cet instant du mandat de Roy Hodgson, le Royaume est riche en cartes offensives : Kane, Rooney, Rashford, Sturridge, Vardy, Welbeck et même Walcott si besoin. Un an après, la donne a changé, Allardyce s'est fait griller en quelques semaines, Gareth Southgate a débarqué et les travaux sont encore en cours. Pour ce rassemblement, le Mr Nice Guy n'a donc pu compter que sur Marcus Rashford, Jamie Vardy et donc Jermain Defoe devant. Derrière, qui aurait pu être appelé ? Là est le souci, car pas grand monde, si ce n'est Andy Carroll ou Troy Deeney. Il n'y a, pour autant, aucune question à se poser sur les mérites du Womanizer rangé de ses folies d'hier. 29 buts en 58 matchs de Premier League sur les deux dernières saisons, ça pose quand même un homme, surtout quand il évolue à la pointe de l'une des pires formations du Royaume. Sans lui, Sunderland serait sans aucun doute tombé la saison passée. Si, cette saison, les Black Cats filent tout droit vers le Championship, Defoe n'a pas trop flanché, mais un ticket pour la campagne de Russie pourrait passer par un départ l'été prochain. « Il faut respecter sa carrière et ce qu'il fait encore à son âge, pose Lamine Koné, son coéquipier à Sunderland. Quand t'as un mec comme ça dans ton équipe, ça fait du bien. Jermain, c'est un bon vivant, un homme qui aime bien taquiner les autres et qui ne joue, surtout, jamais de son statut. Il se met à ton niveau. Je pense qu'il méritait de retrouver la sélection déjà l'an dernier, voir en début de saison quand Sam Allardyce a été nommé sélectionneur. C'était son ambition. Il veut prouver qu'il peut encore donner pas mal de choses et il bosse pour ça. »

Le thé, le saumon et la chambre froide


Longtemps, l'un des secrets de Jermain Defoe aura été les femmes. Aujourd'hui, si on l'écoute, ce serait le thé vert, la consommation excessive de saumon fumé et l'absence d'alcool dans son hygiène de vie. « Mais je ne suis pas un ange » , glissait-il dans un entretien donné au Guardian en janvier 2015. Mieux, depuis son retour en Angleterre, celui qui n'a plus foutu un pied sur un terrain avec le maillot de la sélection nationale depuis une victoire à Saint-Marin (8-0) en mars 2013 a fait installer chez lui une chambre froide pour accélérer ses phases de récupération. L'autre secret, c'est sa relation avec Sam Allardyce qui lui a filé la survie de Sunderland en Premier League entre les mains en fin de saison dernière et l'a bousculé dans ses convictions sur de simples mots : « Jermain, tu es un bon buteur, mais dans le football moderne, tu dois être un peu plus que ça. » Voilà aussi pourquoi Gareth Southgate a été le chercher pour ouvrir le printemps. Comment ? Comme ça : « C'est assez drôle, car avec les iPhones, on peut voir sur l'écran un bout des notifications. J'ai juste vu le nom. J'ai pensé : "Gareth ? Je ne connais pas de Gareth." Puis, quand j'ai regardé le message, Gareth Southgate me demandait quand il pouvait me rappeler. On a bien discuté, c'est un mec sympa et surtout quelqu'un contre qui j'ai déjà joué par le passé. Je lui ai dit : "Ça fait longtemps. Je me rappelle que tu m'avais fauché il y a quelques années." » Frais, humain et trentenaire. L'histoire peut reprendre.




Par Maxime Brigand Propos de Lamine Koné recueillis par MB.
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