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Jérémy Mathieu ou la revanche du timide

Encore une fois, il a fallu une blessure pour que Jérémy Mathieu retrouve le chemin de l'équipe de France. Sauf que cette fois, il bénéfice d'un autre statut : celui d'un défenseur titulaire au FC Barcelone. Et toujours sans faire de bruit.

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Jérémy Mathieu fait partie de ces personnes avec lesquelles on peut passer des heures dans la même salle sans entendre le son de leur voix. Dans une société où tout est communication, l'homme tient de l'anachronisme. Mathieu n'a ni site internet, ni compte Twitter pour poster des selfies depuis son lieu de vacances et encore moins de relais médiatique pour pousser sa candidature chez les Bleus. Loin des yeux loin du cœur, il s'est installé avec le FC Valence comme l'un des défenseurs les plus respectés de la Liga sans que cela ne trouve un quelconque écho de l'autre des Pyrénées. Mais ça c'était avant. Avant de signer au FC Barcelone et d'endosser tout de suite le costume de titulaire.

Snobé par Blanc


S'il a encore fallu un forfait (celui de Laurent Koscielny) pour que Didier Deschamps convoque l'ancien Sochalien à la dernière minute comme lors de la tournée sud-américaine de 2013, le trentenaire sait que son nouveau club jette un autre regard sur lui. « Je suis plus observé à Barcelone, donc j'ai peut-être plus de chances d'être dans cette équipe » , expliquait-il en conférence de presse cette semaine avant le match amical jeudi contre l'Espagne. L'homme sait de quoi il parle. Sous le mandat de Laurent Blanc, il s'était permis une de ses rares sorties médiatiques pour « s'étonner que personne ne soit venu à Valence m'observer  » . Et de lâcher : « Peut-être que Blanc a décidé que je n'avais pas le niveau ? J'aimerais bien qu'on me le dise. »

Ce jour-là, Mathieu avait forcé sa nature, celle d'un grand timide qui se soigne un peu. Une image qui lui colle à la peau depuis ses premiers pas à Sochaux. Et même « s'il a commis quelques bêtises comme tous les jeunes » , avance Bernard Genghini, responsable du centre de formation doubiste à l'époque, l'enfant de Luxeuil-les-Bains en Haute-Saône cherche plutôt à passer inaperçu. « Il a toujours été en retrait dans un groupe. Ce n'est pas vraiment un chef de bande » , concède Genghini. Un euphémisme. Dans un Sochaux qui flambe en Europe et danse sur le Borussia Dortmund, Mathieu est le petit dernier, en retrait de Pedretti, Frau ou Pagis. Et si son entraîneur de l'époque, Guy Lacombe, discerne chez lui « le plus gros potentiel du club » , l'intéressé donne parfois l'impression de ne pas croire en ses qualités. « Elles ne sautaient pas aux yeux car il était très discret, sympa mais ne parlait pas beaucoup, poursuit Pierre-Alain Frau interrogé dans Vosges Matin. Je me demandais s'il parviendrait à s'épanouir. J'avais peur que ce joueur puissant soit bloqué à cause de ça. » Quand il opte pour Toulouse en 2005, le choix détonne et passe pour un manque d'ambition. « Il n'a jamais grillé les étapes, préfère analyser Bernard Genghini. Il aurait pu aller à Marseille ou Lyon comme certains de ses coéquipiers, il a préféré Toulouse. Un club à son image : tranquille. »

Merci Adil


Au TFC, Mathieu ose un début de bras de fer quand son président Olivier Sadran refuse de le transférer à Bordeaux. Avec le recul, il doit encore le remercier pour son intransigeance. Un an plus tard, il part libre à Valence où le milieu de formation s'installe d'abord comme un latéral gauche indéboulonnable. Sa carrière prend un virage inattendu en octobre dernier quand Adil Rami incendie ses dirigeants dans une interview et se voit indiquer la porte de sortie. Après l'avoir testé au poste de défenseur axial quelques mois plus tôt, son entraîneur Ernesto Valverde l'intronise définitivement. Un choix finalement logique pour Bernard Genghini. «  Au départ, c'est un milieu gauche attiré par le but. Mais vu son gabarit, il est plus à l'aise quand il est face au jeu. Lancé, il peut faire parler sa puissance et il a une qualité de pied gauche qui lui permet d'être très performant dans la relance. » À 30 ans, le grand timide regarde l'avenir avec une fraîcheur de jeune homme. « Je ne me suis pas brûlé les ailes, j'y suis allé petit à petit. Maintenant, je n'ai plus qu'à m'éclater en espérant avoir encore de belles années devant moi. »

Par Alexandre Pedro
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