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Jérémy Mathieu, à gauche, à gauche, à gauche

Formé et prédisposé à évoluer au poste de milieu axial, c’est finalement sur le flanc gauche de la défense que Jérémy Mathieu s’est imposé. A Sochaux d’abord, puis à Toulouse et depuis 2009 à Valence, où il est en passe de réaliser la meilleure saison de sa carrière. Avec l’Euro en point d’orgue ? Portrait d’un gars discret mais incontournable.

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Dans une équipe de football, les défenseurs latéraux ne sont généralement pas les gars qui attirent la lumière. C’est le job des besogneux qui ne rechignent pas à cavaler des kilomètres le long de la ligne de touche, à faire l’essuie-glace, à se replacer, à combiner, à dédoubler, à remiser, à amorcer des contre-attaques, à annihiler celles du camp adverse… Tout ça sans broncher. Oui, il faut une sacrée dose de courage et d’humilité pour faire carrière à ce poste de l’ombre. Courage et humilité, des qualités que possède incontestablement Jérémy Mathieu. Mais le premier trait de caractère qui vient à l’esprit quand on évoque son cas, c’est la discrétion. Sans qu’on sache trop bien si c’est une qualité ou un défaut, d’ailleurs. Toujours est-il qu’avec son verbe rare, son sens du collectif et sa propension à aller au turbin pendant une heure et demie avec intensité et sans jamais se plaindre, il dispose incontestablement de toutes les compétences mentales d’un bon latéral. Physiquement en revanche, il y avait matière à en douter.

Couvé par Lacombe et Mombaerts

Car Jérémy Mathieu, c’est une bouille d’enfant de cœur posé sur un corps massif. 1,90 m, 83 kg, quand un tel gabarit chausse les crampons, ce n’est pas souvent pour flirter avec la ligne de touche. C’est d’ailleurs dans l’axe, au poste de milieu défensif, que le garçon a été formé. Né à Luxeuil-les-Bains, en Haute-Saône, Jérémy Mathieu découvre le foot à la JS Froideconche voisine. Il y est repéré à l’âge de 13 ans par le club pro de la région, Sochaux, où il apprend à devenir footballeur professionnel. A l’intersaison 2002, Guy Lacombe l’invite à intégrer l’équipe première. Le coach pull-moustache n’est pas le moins avisé lorsqu'il s’agit de déceler des jeunes talents. Pour lui, pas de doute, ce rouquin dégingandé de 18 ans est de cette catégorie. D’abord tenté de le faire jouer comme chez les jeunes à la récupération, il le teste vite à gauche de la défense, où il est confronté à des absences. La réussite est au rendez-vous. Dès sa première saison pro, le Lionceau à taches de rousseur est titularisé 22 fois en championnat.

Indiscutable, le gosse conquiert à 20 ans, au printemps 2004, la Coupe de la Ligue. Un trophée en forme de récompense pour une équipe sochalienne qui signera par ailleurs deux très belles cinquièmes places consécutives en 2003 et 2004. C’est l’époque des Pedretti, Frau, Pagis, Oruma, Isabey… Mais les trois premiers partent à l’été 2004, avec pour conséquence un retour du FCSM dans le ventre mou. Suivi dès cette époque par des clubs anglais et italiens, Mathieu décide plus sagement de partir pour Toulouse l’année suivante. Pas con, d’autant qu’il se retrouve sous les ordres d’un autre entraîneur formateur, Erick Mombaerts. Lui aussi songe au départ à placer sa nouvelle recrue dans l’axe du milieu de terrain, mais comme Lacombe, il choisit finalement de l’utiliser comme latéral gauche. Car le gaillard dispose, en plus d’une bonne caisse, d’une sacrée patte gauche, bien utile pour offrir de bons centres à ses attaquants.

Déjà huit passes décisives cette saison

Après deux saisons pleines au TFC sous les ordres de Mombaerts puis d’Elie Baup, le Franc-Comtois est confronté à un premier incident dans une carrière qui en était pour l’instant privée : une fracture du pied, qui l’éloignera des terrains pendant 6 mois en 2007 et 2008. Hasard ou coïncidence, Toulouse réalise cette saison-là un bien piètre parcours en championnat et évite de peu la relégation. A l’été 2008, il demande à être transféré, alors qu’il lui reste un an de contrat. Contraint d’accepter à contrecœur la fin de non-recevoir de son président Olivier Sadran, il honore sa dernière année, mais décide de ne pas accepter de prolongation. C’est ainsi qu’en juin 2009, il officialise son arrivée à Valence.

En Espagne, Jérémy Mathieu connaît une première saison d’adaptation (et perturbée par une nouvelle blessure), avant de définitivement s’imposer la saison dernière. Son entraîneur Unai Emery apprécie à juste titre la solidité défensive qu’il affiche sur son côté. Offensivement, il s’est aussi amélioré, signant cette saison un total de huit passes décisives, toutes compétitions confondues. Il est même parfois sollicité pour évoluer en tant que milieu gauche. Définitivement adopté à Valence, unanimement apprécié pour toutes les qualités mentales citées plus haut, il est possible qu’il aille voir ailleurs cet été, car ses performances attirent forcément des convoitises. En attendant, le joueur a encore de gros objectifs à atteindre d’ici la fin de saison : remporter cette Ligue Europa, assurer la troisième place de Valence en Liga et faire partie de la liste de Laurent Blanc pour l’Euro.

Par Régis Delanoë
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Dans cet article

Incontournable sauf pour le sélectionneur qui semble lui préférer Clichy ou Abidal avant son opération (touché comme Ribéry du syndrome : "je suis excellent en club mais à ch*** en équipe nationale")
Il mérite vraiment d'avoir sa chance (davantage j'entends) en équipe de France. Mais avec un Abidal très certainement absent pour la coupe d'Europe, il a de fortes chances de faire partie du voyage.. et c'est plutôt une bonne nouvelle!
Spike Spiegel Niveau : CFA2
@ lbteam : Abidal est forfait, c'est déjà acté, donc la question qui va se poser pour l'Euro, c'est "qui pour accompagner Evra" (et dieu sait que ça me brise les burnes qu'il aille à en Ukraine) puisqu'apparemment Blanc ne veut pas se séparer des "historiques" (ou fouteurs de merdes, c'est au choix).

J'aime bien Mathieu, mais d'après ce que j'entends son replacement comme milieu gauche c'est parce que Valence a dégotté un jeune espagnol apparemment monstrueux à sa place. bref, il reste titulaire mais est mis en concurrence pour le poste qui nous intéresse nous français...

Sinon y a Clichy (LOL) ou Azpi. Je propose qu'on le naturalise et le force à jouer à gauche. Prends ça Jérémy Morel.
sans doute la fameuse question des quotas qui fait qu'il n est toujours pas en équipe de France ^^
@ Spike Spiegel

Ils alternent vraiment en tant qu'arrière ou milieu gauches. Il n'y a pas de titulaire. Maintenant je préfère quand Mathieu joue arrière parce qu'il a pas tant de caisse que ça, ou alors moins qu'Alba.
Massimobor Niveau : CFA2
Au contraire de certains en EdF (Clichy, voire Sagna), Jérémy Mathieu est franchement sous-côté.
Et pi un quota de roux, ce sera bien aussi
Notre point fort depuis Blanc c'est la défense, si on commence à affaiblir nos qualités... oui Mathieu est bon mais c'est loin d'être l'assurance tout risque derrière. Pareil avec Debuchy de l'autre coté, Sagna est beaucoup plus sur de ce coté. C'est sur une paire Mathieu-Debuchy ça envoie sur le papier mais je suis pas certains que ce soit raisonnable pour l’équilibre de l'équipe. Ceci dit avec l'absence d'Abidal, on peut pas dire que Clichy ou Evra soient des as dans le domaine non plus
@The Coon: je pense que si on impiosait des quotas en EdF ca serait justement l'occasion de le voir
Spike Spiegel Niveau : CFA2
@ Rosas 69 : Des quotas, c'est à dire?
@Paic : Autant je te suis pour Mathieu autant Debuchy non, non-seulement il aide au surnombre en attaque et sait centrer mais il est également meilleur dans le placement et les duels que Sagna. Par contre Evra ou Clichy c'est pas franchement rassurant en défense non-plus. Sans omettre le fait que le premier est un connard* absolu sur-côté.
Mathieu n'a pas de caisse??? Je rêve, j'aimerais bien voir évoluer au poste de latéral gauche tout un chacun qui affirme cela. D'ailleurs, pour donner 8 assists, ce n'est pas dans ses 16 mètres défensifs qu'il l'a fait...
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