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Jérémy Manzorro : « Ils font des manières sur les salaires »

Aucun match en Ligue 1, seulement deux en Ligue 2 avec Reims, Jérémy Manzorro n'est visiblement pas de ceux qui avaient leur chance sur le sol français. Un an après être arrivé au Chernomorets Burgas, le jeune milieu de terrain (23 ans) revient donc sur sa nouvelle vie à Sofia, sur l'incohérence des séances d'entraînement et sur l'intérêt économique d'un tel transfert.

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Comment t'es-tu retrouvé en Bulgarie ?
C'est grâce à mon agent actuel. Alors qu'on ne se connaissait pas, il m'a contacté il y a deux ans et m'a proposé d'effectuer un essai dans un club de Bulgarie. Je suis venu une semaine, ça m'a plu et j'ai décidé de signer au Chernomorets Burgas.

Tu n'étais pas effrayé à l'idée d'aller jouer dans un championnat aussi peu reconnu et fantasmé ?
Dans un premier temps, j'ai refusé. Je voulais soit rester en France, soit partir dans un des grands championnats européens. Après réflexion, je me suis toutefois dit que ça pourrait être une bonne idée. D'autant que la France est un pays assez fermé et que ça devenait compliqué pour moi d'évoluer là-bas.

Tu es parti seul ou de la famille et des amis t'ont accompagné ?
Non, je suis parti seul. Mais ça ne m'a jamais fait peur, même si je ne parlais que le français il y a encore deux ans. J'avais bien sûr quelques questions et quelques appréhensions, mais il y avait quatre ou cinq Français à Burgas, donc ça a facilité mon intégration. Maintenant, je sais que je peux aller n'importe où dans le monde, ça ne me fait pas du tout peur. J'ai connu l'extrême avec la Bulgarie (rires).

Pourquoi y avait-il autant de Français à Burgas ?
En fait, les joueurs français s'expatrient de plus en plus, étant donné la difficulté du foot en France. Dans les années à venir, il y en aura d'ailleurs de plus en plus. Il y a déjà presque un Français par équipe en Bulgarie.

Ça fait deux fois que tu pointes le foot français. Tu penses qu'il y a trop de barrières en France pour pouvoir percer ?
Je ne sais pas si ce sont des barrières, mais on est clairement mieux considérés à l'étranger. Ici, on te fait jouer, on te met en confiance et on te traite correctement. Je sais que j'aurais pu rester en France, que j'avais encore ma place à Bourg-Péronnas, mais je n'ai pas réussi à m'entendre avec eux sur mon contrat. Contrairement à ici où on m'a d'emblée proposé un contrat professionnel. Ce qui n'était pas plus mal.

Concrètement, comment est le niveau en Bulgarie ?
Il y a 4 ou 5 bonnes équipes, dont Ludogorets qui est en Ligue des champions, mais aussi le Levski Sofia et le CSKA Sofia, deux équipes très réputées dans le pays. Mais il faut être honnête, leur niveau n'est pas très élevé. Au mieux, ce sont des équipes de milieu de tableau en L1. D'ailleurs, mis à part ces quelques équipes, le reste du championnat se rapproche davantage du niveau National, voire de la CFA concernant un ou deux clubs.

Tu n'es resté qu'un an à Chernomorets Burgas. Pourquoi ?
J'avais signé pour trois ans, mais les salaires n'étaient pas réglés. J'ai donc rapidement pris la décision de casser mon contrat.

« Sans intérêt financier, je ne me serais pas éloigné de ma famille et de mes amis »

Aujourd'hui, tu évolues au Slavia Sofia. Comment y est la vie quotidienne ?
C'est la capitale, donc ça a de sérieux avantages, même si je regrette un peu l'été à Burgas. Là-bas, il y a la mer, ce qui est toujours bénéfique. De toute façon, j'aime vraiment la Bulgarie, c'est un beau pays qui change vraiment de la France. C'est une autre culture, mais c'est plutôt enrichissant.

Qu'est-ce qui te marque le plus dans la vie quotidienne ?
La pauvreté, je pense. Il y a des choses assez choquantes quand même, des situations qu'on ne verrait pas en France. Mais c'est la vie, on n'y peut pas grand-chose.

Quelle est ta journée type là-bas ?
Tout dépend si j'ai un ou deux entraînements. En règle générale, j'arrive à 9h15 au club pour commencer l'entraînement à 10h. Une fois la séance terminée, je fais de la régénération, des bains froids ou encore du sauna. Puis retour à la maison, une sieste et beaucoup de temps libre. C'est pour ça que c'est très avantageux d'être footballeur. À part les vacances, on est quand même très privilégiés.

Pour la vie courante, la communication, la bouffe, ce n'est pas trop compliqué ?
Niveau langue, je parle anglais avec tout le monde. La plupart des gens ici le parle couramment et plutôt correctement. Même dans mon équipe, donc c'est plutôt facile. Après, j'essaie d'apprendre le bulgare petit à petit. Côté nourriture, on retrouve tout ce qu'il y a en France, même les fast-foods. Il y a bien sûr des spécialités locales, mais je ne goûte pas trop à tout ça. Ça me paraît louche (rires).

Le bulgare, c'est une belle langue ?
Je n'irai pas jusqu'à dire ça, mais c'est très très dur à apprendre. Le fait que ce ne soit pas le même alphabet n'arrange pas les choses.

Sur le plan financier, tu t'y retrouves ?
C'est sûr que je touche plus que si j'étais resté en France, mais bon… Je n'ai pas encore gagné ce qui m'est dû à cause des problèmes rencontrés avec Burgas, mais c'est bénéfique. Ici, je ne paie pas d'impôts, donc tout ce que je touche tombe directement dans ma poche. Je n'ai rien à cacher, c'est un sacré avantage. De toute façon, pour que des joueurs étrangers viennent dans des pays comme ça, ça ne peut pas être uniquement pour le football. S'il n'y avait pas d'intérêts financiers, je ne me serais pas éloigné de ma famille et de mes amis.

Et d'un point de vue physique ? Comment se passent les entraînements ?
La France est clairement plus avancée d'un point de vue tactique, physique et jeu collectif. La Bulgarie essaye de copier les grands championnats, mais ce n'est pas évident. Ils ont beaucoup de retard. Leurs méthodes ne sont pas toujours censées (rires). Par exemple, on fait beaucoup trop de sauts ou de travail physique. La charge de travail est disproportionnée par rapport au temps de récupération. C'est pour ça qu'il y a souvent des pépins physiques dans les équipes. En France, une séance de récupération est toujours prévue après un gros travail physique. En Bulgarie, on travaille le physique, et, le lendemain, ils reprogramment des sauts ou autres. Ce n'est pas très intelligent.

« Le football est peut-être plus physique ici, mais je ne vais sûrement pas y progresser tactiquement et techniquement »

Comment est l'ambiance dans le stade ?
C'est le problème en Bulgarie : il n'y a aucune ambiance. Ce n'est vraiment pas intéressant de ce point de vue-là, sauf si vous jouez à Ludogorets ou au CSKA Sofia.

En moyenne, vous jouez devant combien de spectateurs ?
Chez nous, on joue face à 500 supporters, grand maximum. Au début de la saison, on a atteint les quatre ou cinq mille supporters, mais c'était face au CSKA Sofia. C'était donc exceptionnel. Le fait qu'on soit mal classés complique également un peu la situation…

Tu vis comment la mauvaise saison du Slavia Sofia ?
C'est vrai que ça fait deux ans que je suis en Bulgarie et deux ans que je lutte pour le maintien. C'est assez frustrant. En Bulgarie, quand les résultats ne suivent pas, ils commencent à faire des manières sur les salaires. Chaque match est donc joué avec une certaine pression, sans savoir s'ils vont renégocier notre salaire. Après, il y a aussi le problème des Bulgares, qui ne se bougent pas les fesses parce qu'ils jouent en première division de leur pays et pensent que tout est acquis. Mais ça, c'est un problème interne (rires).

Tu as l'impression d'avoir progressé, d'avoir appris en jouant à l'étranger ?
J'ai plus appris en France qu'ici, mais ça m'a renforcé mentalement. J'ai également acquis un peu d'expérience, ce qui m'a permis d'apprendre de mes erreurs, de ne plus les refaire. Le football est peut-être plus physique ici, mais je ne vais sûrement pas y progresser tactiquement et techniquement.

C'est un regret de ne pas avoir percé en France, et particulièrement à Reims ?
Oui, parce que je n'ai pas fait les choses nécessaires pour réussir. Je sais que j'avais les moyens de percer, mais que je ne me suis pas assez impliqué. On m'a aussi mis dans des situations qui m'ont empêché d'évoluer, sans doute à cause de mon manque de sérieux. Il m'arrivait de sortir, de mal manger, de prendre du poids. C'est ce qui m'a perdu. Mais je me suis remis en question et je pense plutôt bien m'en sortir aujourd'hui.

Un retour en France, c'est possible ?
Je ne suis vraiment plus intéressé par le fait de revenir en France pour le foot. Je préfère l'étranger : il y a plus de respect, un meilleur salaire, etc. Et puis, je n'aime pas la mentalité française concernant le foot. Je suis donc bien à l'étranger. Mais bon, je ne vais pas dire que je ne reviendrai jamais. Si jamais j'avais une offre, bien sûr que j'y réfléchirais.

Et si tu devais quitter la Bulgarie, tu aimeras aller où ?
L'Allemagne est le championnat qui m'intéresse le plus, je le trouve très intéressant. Sinon, ce serait plus vers la Turquie ou la Russie. Par rapport à ma situation en Bulgarie, ces deux championnats seraient une suite logique.


Par Maxime Delcourt
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