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Jérémie Hardouin : « Je me suis réveillé un matin avec la moitié du visage paralysé »

Ce soir, l'AS Yzeure défie Guingamp en 8e de finale de la Coupe de France. Un match aux allures de fête pour ce petit club de l'Allier qui évolue en CFA, le reste du temps. L'occasion parfaite pour parler foot (mais pas que) avec Jérémie Hardouin, milieu de terrain du club yzeurien.

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Pour commencer, raconte-nous un peu ton parcours.
Je suis de Vierzon, donc c'est tout naturellement que j'ai commencé à jouer au foot là-bas, à l'Églantine de Vierzon, de débutant jusqu'à moins de 18. Ensuite, à 16 ans, je suis parti dans l'autre club de Vierzon qui jouait en CFA 2, où j'ai joué une année, avant de rejoindre le Clermont foot l'année de mes 18 ans. Je suis resté quatre ans à Clermont dont trois années en CFA 2 et la dernière avec le groupe professionnel, dirigé alors par Michel Der Zakarian. Malheureusement, je n'ai pas eu ma chance en Ligue 2 et je n'ai pas signé de contrat professionnel. Du coup, j'ai quitté le club et j'ai signé en CFA 2 à Bourges. Ensuite, j'ai eu pas mal de problèmes de santé qui m'ont empêché de jouer pendant mes deux premières saisons. Et puis, lors de ma dernière saison, l'année dernière en fait, j'ai enfin réussi à faire une saison complète et c'est ce qui m'a permis de signer à Yzeure, l'été dernier.

Tu parles de tes problèmes de santé, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur cette paralysie faciale que tu as eue, en 2011 ?
En fait, je me suis réveillé un matin avec la moitié du visage paralysé. C'est d'ailleurs ça qui a engendré mes problèmes de blessures par la suite. Je me rappelle qu'on devait jouer contre Istres en Coupe de France, et puis je me suis réveillé un jour avec cette paralysie et ça a duré pendant quatre mois. Il n'y a pas eu d'explication concrète sur ce que j'avais. Les médecins m'ont juste dit qu'ils suspectaient un virus sans pour autant en savoir plus. J'ai fait tout un tas d'analyses qui ne révélaient rien d'anormal, et ça a fini par partir comme c'était venu. C'était une période plutôt dure, mais maintenant, c'est du passé.

Tu as pensé à arrêter le football à ce moment-là ?
Non, pas du tout. Tous les médecins m'ont toujours dit que c'était temporaire, que ça finirait par passer. Du coup, je n'ai jamais perdu espoir. À aucun moment, je n'ai envisagé de mettre un terme à ma carrière. Je voulais juste revenir le plus vite possible sans avoir de séquelles. J'ai toujours su que j'allais rejouer au foot.

Tu es donc arrivé à Yzeure l'été dernier. Quelles ont été tes premières impressions ?
Je n'ai pas ressenti un immense changement. Il n'y a pas de grosses différences entre la CFA2 et la CFA, même si on se rapproche quand même plus du côté professionnel, car il y a plus d'entraînements, plus de sérieux, plus de joueurs. Après, j'ai déjà connu ce niveau quand j'étais à Clermont, donc il n'y a pas eu de surprise. Sinon, d'un point de vue global, c'est très bien, il y a de belles installations, on est dans de bonnes dispositions, c'est parfait.

Plus d'entraînements, ça veut dire combien ?
L'année dernière, à Bourges, on avait quatre entraînements par semaine, et là, on en a également quatre avec un autre le jeudi pour ceux qui ne bossent pas et qui peuvent ainsi faire du travail devant le but.

En parlant de ça, toi, tu vis juste du foot ou tu as un boulot à côté ?
Non, je vis juste du foot pour l'instant. J'ai eu de la chance, car depuis que je suis parti à Clermont, à 17 ans, j'ai toujours pu vivre du foot. Après, je commence à vieillir un peu, donc on verra bien, mais je ne me pose pas trop de questions. Je reviens de loin, être ici et jouer des matchs comme celui de ce soir, c'est déjà exceptionnel.

Comment est cette ville d'Yzeure, ça te plaît ?
C'est une petite ville, très tranquille. Il ne se passe pas grand-chose. Après, je viens de Vierzon, donc je suis habitué à ce genre d'endroit plutôt calme. C'est à une heure de Clermont, donc je connaissais déjà la région, ça me plaît bien.

Et au niveau de ton intégration dans le club ?
Ça s'est bien passé, surtout que j'ai retrouvé des joueurs qui étaient avec moi à Clermont, donc ça facilite pas mal l'intégration. En plus, les gars sont tous très sympas, tout s'est fait naturellement, sans problème.

En début de saison, vous aviez évoqué cette Coupe de France ?
On en avait parlé, mais pas plus que ça. L'année dernière, le club a déjà fait une grosse épopée en Coupe de France, où ils avaient notamment éliminé Lorient. Du coup, on avait évoqué le sujet. Ce qui est bien, c'est qu'on est arrivé à passer encore un palier de plus que la saison dernière, en arrivant jusqu'en huitièmes. Cette coupe, c'est une belle aventure, mais depuis le début, la priorité reste le championnat.

Quel est l'objectif, ce soir, face à Guingamp ?
C'est de prendre du plaisir, de jouer sans pression. Ce qu'on a fait, c'est déjà énorme, il ne faut pas se mettre de pression supplémentaire, surtout qu'on joue contre une Ligue 1. Il faut faire le meilleur match possible, car pour la plupart d'entre nous, ça risque d'être le plus gros match de nos carrières. Donc voilà, il faut savourer ce genre de moment, ne rien lâcher, et puis on verra bien ce qu'il arrivera.

Même si la pression ne sera pas sur vos épaules, il y a forcément un peu d'appréhension à l'approche d'un match comme ça, non ?
Oui, forcément surtout qu'il va y avoir des caméras, vu que le match est retransmis sur Eurosport. Sûrement qu'on aura une petite pression supplémentaire puisqu'on n'est pas habitué à ça, mais je pense qu'on va arriver à passer au-dessus de ça. Avant le coup de sifflet, il y aura une boule au ventre, mais elle va vite disparaître une fois dans le match.

Sur un match, tout est possible, c'est d'ailleurs ce qui fait le charme de la Coupe de France. Est-ce qu'au fond de vous, vous croyez à l'exploit ?
Bah oui, on se dit tous qu'il y a moyen, c'est sûr. L'année dernière, le club a éliminé Lorient, cette année on a sorti Valenciennes, donc on sait que l'exploit est possible, même si on sait aussi que leurs joueurs nous sont supérieurs. Dans notre équipe, il y a beaucoup de joueurs qui sont passés par des centres de formation, on a de la qualité technique, donc il faut y croire. Et puis de toute façon, si on ne passe pas, la logique aura été respectée, et quoi qu'il arrive, ça restera une magnifique aventure, surtout qu'on est entré dans l'histoire du club en atteignant le plus haut stade jamais atteint par le club en Coupe de France. Il faut juste profiter, sans se prendre la tête.

Est-ce que les Yzeuriens vous en parlent au quotidien ?
On en parle beaucoup dans les journaux locaux, mais dans la vie de tous les jours, pas forcément. On n'est pas non plus spécialement connus dans la ville, ça n'a pas pris une telle ampleur. Il n'y a pas trop d'agitation. Personnellement, je ne me suis jamais fait accoster dans la ville à ce sujet.

Comment expliques-tu votre beau parcours en Coupe de France et votre 12e place en championnat ?
Je ne sais pas trop, c'est assez dur à expliquer. On a connu une panne d'efficacité pendant laquelle on n'arrivait plus à marquer, et ça nous a pas mal pénalisé. Honnêtement, au vu du contenu de nos matchs, on ne mérite pas vraiment notre place au classement. Le fait est que maintenant, c'est comme ça, et qu'il va falloir mettre les bouchées doubles pour s'en sortir.

Le parcours en Coupe a pompé trop d'énergie pour le championnat ?
Oui, peut-être un peu, notamment le match où en prend quatre juste après avoir sorti Valenciennes en Coupe de France. Là, c'est évident qu'il y avait de la fatigue et un manque de concentration. Mais avant ça, je ne suis pas sûr que la Coupe nous ait fait défaut en championnat. En tout cas, je ne l'ai pas ressenti comme ça. Dans tous les cas, ce n'est pas une excuse pour expliquer notre classement en championnat.

À choisir, tu préférerais aller en finale de la Coupe de France ou te maintenir en CFA ?
Je préfère le maintien ! C'est plus intéressant de jouer en CFA qu'en CFA 2, et puis pour le club, le championnat, c'est le gagne-pain quotidien, donc il est très important de se maintenir. Descendre en CFA2, ce serait vraiment un coup dur pour le club.


Propos recueillis par Gaspard Manet
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Les médecins qui ne savent rien comme d'habitude...
Max_Payne Niveau : CFA
Combien gagne-t-on en moyenne lorsqu'on évolue en CFA ?
J'ai eu le même truc que lui. Ils appellent ça une "paralysie faciale a frigore". En gros t'as une cinquantaine de virus qui peuvent se trouver derrière et le seul moyen de savoir lequel c'est une ponction lombaire. En général tout le monde s'en remet sans séquelle, mais ça peut être plus ou moins long, moi c'était terminé après deux mois par exemple.

Par contre, pendant deux mois t'as l'air d'un con, puisque ton oeil ne se ferme plus (très pratique pour dormir), ta bouche ne s'ouvre pas totalement et ton oreille est beaucoup plus sensible. Le seul avantage (et c'est limité aux acteurs), c'est de pouvoir sourire et faire la gueule en même temps.
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