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  3. // Droit de réponse

Jérémie Bernard : « L'UNAF ne doit pas faire peur »

Dans une interview parue dans nos colonnes, Bouchra Akdim, présidente de la JSC Bellevue (44), s’indignait après une affaire de racisme lors d’une opposition de son club face à la Rouxière. Avant de mettre en cause l’UNAF 44, l’association d’arbitres de Loire-Atlantique, responsable selon elle d’un certain acharnement sur son club de quartier. Jérémie Bernard, son président, a demandé son droit de réponse.

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Pourquoi avoir demandé un droit de réponse ?
Il y a toute une partie de l’interview qui ne me concerne pas, où je rejoins la présidente. Mais la partie sur l’UNAF, et la façon dont elle présente les choses, c’est moyen. Je lui reproche l’image qu’elle peut donner de l’UNAF. La première chose, c’est l’utilisation du mot syndicat, alors qu’en réalité, on n’a pas grand-chose à voir avec un syndicat. On est une association. Syndicat dans la tête des gens, ça fait penser à quelqu’un de revendicatif. Alors que nous, on n’est pas là pour ça, on est plus là pour aider le football.

Pourrais-tu alors préciser l’action de l’UNAF ?
L’UNAF est une association qui a pour but de regrouper les arbitres. Le constat a été fait il y a des dizaines d’années que les arbitres sont seuls sur le terrain. Du coup, l’idée de l’association, c’est de les regrouper autour de l’arbitrage et de promouvoir la convivialité, l’amitié et l’arbitrage évidemment. On a aussi une grosse partie solidarité qui a pour but d’accompagner des arbitres quand ils sont dans des situations compliquées sur certains matchs.



Avez-vous un pouvoir décisionnaire ?
Non. On a l’oreille des instances, certes, mais pas de droit de vote. Après, effectivement, on a des membres qui sont engagés dans les commissions de district, mais de la même façon que les entraîneurs ou présidents de club ayant décidé de s’impliquer dans des commissions. En revanche, on peut soumettre des idées pour faire avancer les choses, mais que ce soit clair, on n’a pas de pouvoir décisionnaire.

« Nous n’intervenons absolument pas dans les décisions et, tout au plus, nous aidons les arbitres s’ils nous le demandent, dans la rédaction d’un rapport. » Jérémie Bernard

Donc la collusion n’est pas possible dans le cas du conflit opposant la Rouxière et Bellevue ?
Exactement. Et c’est cela qui m’a embêté. On ne peut pas dire que l’UNAF va faire en sorte que tel ou tel club soit plus sanctionné. Ce n’est pas vrai, et surtout, pas notre but. D’ailleurs, on aurait pu se retrouver dans ce cas-là avec n’importe quel club. On a 385 adhérents à l’UNAF, et, en Loire-Atlantique, il y a un peu plus de 400 clubs. Donc on n’a pas un adhérent par club, mais on n’est pas loin de ça. Dans tous les cas, on se serait retrouvés dans le cas d’un membre de l’UNAF concerné par le club sanctionné. On n’en a pas à Bellevue, mais on pourrait en avoir. L’ancien président, qui arbitre aussi, avait sollicité l’UNAF pour être adhérent, mais comme il avait eu une affaire où il contredisait un peu ses collègues, on n’a pas pu accepter son adhésion. Mais si demain, ils ont un nouvel arbitre qui souhaite adhérer à l’UNAF, il n’y aura aucun problème. Les refus d’adhésion, il y en a un tous les dix ans. Et plus il y a de membres de l’UNAF dans les clubs, plus on est contents. Notre but, c’est d’être actif dans les clubs et de faire passer un message.

Que voudrais-tu vraiment dire à Bouchra Akdim ?
Il y aurait 3 parties. La première, c’est qu’on est d’accord sur la sanction insuffisante. Elle suit le barème aggravé des sanctions, mais je pense que sur le racisme, le barème n’est pas suffisant. La deuxième, et ça elle ne le sait peut-être pas, le mercredi 28 janvier, soit quatre jours après les faits, nous avons publié un article sur notre site pour dire à nos arbitres « Attention, c’est le début de la 2e partie de saison, il faut être vigilant, il faut respecter nos engagements d’arbitre » ET, c’est la partie importante qui visait sans le citer le club de la Rouxière, on invitait nos arbitres à faire attention à leur tenue, à leurs propos, aussi bien sur le terrain qu’en dehors et au sein de leur club. La dernière chose qui découle de tout ça, c’est qu’on n'a aucun intérêt en tant qu’UNAF à faire passer des consignes ou à s’acharner sur un club. On va dans ces clubs pour faire passer un message, donc ce serait contre-productif. On suit toutes les affaires, mais le but de l’UNAF n’est jamais d’influencer. À l’inverse, on fait des propositions, comme lorsque l’on a soumis l’idée du barème aggravé dans le district de façon plus générale. Nous n’intervenons absolument pas dans les décisions, et tout au plus, nous aidons les arbitres s’ils nous le demandent, dans la rédaction d’un rapport. Par exemple, ils veulent souvent mettre des impressions personnelles, et nous leur rappelons qu’il faut se contenter des faits. On va aussi leur demander de préciser des faits.

Donc le fait que la JSC Bellevue ait, depuis cette histoire, subit deux autres commissions à son encontre, relève d’une pure coïncidence factuelle ?
Évidemment. Ils ont trois affaires en cours, dont une où ils sont victimes. Et surtout, je peux l’affirmer, d’autres clubs reviennent beaucoup plus souvent dans les dossiers que Bellevue.

« Certains journalistes de la région souhaitent organiser une réunion sur le thème club de quartier/club de campagne et solliciter les arbitres. » Jérémie Bernard

Penses-tu que Bellevue soit stigmatisé de par son statut de club de quartier ?
Bien sûr, mais c’est un problème général. À partir du moment où un club de ville rencontre un club de campagne, on peut parfaitement trouver un abruti qui n’a pas compris qu’on était tous égaux et pareils. Et ce n’est pas Bellevue en particulier, ce sont tous les clubs de quartier, car il y a une plus forte proportion de joueurs de couleur. Il y a certainement beaucoup plus de bêtises de ce genre dans les clubs de campagne que dans les villes.

As-tu essayé de joindre Mme Akdim pour en discuter ?
Oui, du moins pour la prévenir que j’allais demander un droit de réponse. Je ne l’ai pas encore eue, mais je suis également dans une démarche de conciliation, le but est d’échanger avec elle sur ce sujet-là. D’ailleurs, certains de vos collègues journalistes de la région souhaitent organiser une réunion sur le thème club de quartier/club de campagne et solliciter les arbitres. Et je pense que l’on sera nécessaire et que l’on jouera notre rôle. Mais je sais que l’on va ouvrir le dialogue avec Mme Akdim, hors médias interposés ou commission de discipline.

Pour finir, un dernier message à faire passer concernant l’UNAF ?
Le vrai message, c’est que l’on n'est pas là pour faire peur, comme dit dans l’interview, mais au contraire pour aider et apporter de la convivialité, essayer de mettre en place une certaine solidarité. L’image qu’elle a donnée de l’UNAF en quelques mots n’est pas du tout celle que l’on veut faire passer et, surtout, pas ce que l’on est réellement.

Propos recueillis par Raphaël Gaftarnik
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4-4-2 à plat Niveau : Loisir
J'ai joué toute ma vie dans un club de quartier, du racisme on en subit au minimum du minimum une fois/an. J'aime beaucoup lire ce type d'interview (article), Sofoot n'accorde pas assez de place au football amateur.


"Et ce n’est pas Bellevue en particulier, ce sont tous les clubs de quartier, car il y a une plus forte proportion de joueurs de couleur. Il y a certainement beaucoup plus de bêtises de ce genre dans les clubs de campagne que dans les villes."

Merci à Jérémie Bernard de rétablir la vérité. Certains extrémistes de droite du forum sofoot s'était acharné à dire le contraire lors de l'article précédent.


PS : STOP A L ARBITRAGE MAISON MESSIEURS DE L UNAF!!!
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s'étaient acharnés*
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