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Jemerson, la croissance programmée

Incontournable dans la défense centrale de Monaco depuis le début de la saison, Jemerson commence doucement à justifier son surnom de Blackenbauer. Malgré des débuts plus que difficiles. Retour sur son aventure française loin d’être gagnée d’avance.

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Onze titularisations sur treize journées de Ligue 1. Huit sur huit matchs de Ligue des champions. Le tout en n'étant remplacé qu’une seule et unique fois, à la 89e minute de la confrontation contre le CSKA Moscou, alors que le résultat était d’ores et déjà établi (3-0 pour Monaco). Voilà qui en dit beaucoup sur le statut que s’est taillé Jemerson de Jesus Nascimento à l’ASM. Titulaire indiscutable en charnière centrale aux côtés de Kamil Glik, le Brésilien jouit de la totale confiance de Leonardo Jardim à son encontre depuis le début de la saison. Il faut dire que le défenseur, très complémentaire du patron polonais, assure devant Danijel Subašić et apporte bien davantage de sécurité que le vieillissant Andrea Raggi. C’était pourtant loin d’être gagné, vu ses premiers mois passés dans la Principauté.

Le futur prince de la Principauté ?


Quand, en février dernier, il arrive en France pour un peu plus de dix millions d’euros en provenance de l’Atlético Mineiro, Jemerson est présenté comme une future pépite. Notamment par Vadim Vasilyev, vice-président des Rouge et Blanc, qui considère le jeune homme de vingt-trois ans comme « l’un des plus grands espoirs au Brésil » durant sa présentation officielle. Lui-même se permet de gonfler sa réputation, en se comparant indirectement à Franz Beckenbauer : « On me surnomme Blackenbauer. Je suis assez rapide et technique. » Avant d’expliquer tranquillement pourquoi il a choisi de rejoindre le Rocher, malgré de nombreux autres clubs intéressés par ses services : «  Monaco est un grand club, il révèle de grands joueurs et offre une bonne visibilité par rapport à la sélection brésilienne. C’est pour ça que j’ai opté pour Monaco. Monaco et le football français vont me donner une visibilité supplémentaire. J’espère pouvoir m’adapter rapidement et être bon pour pourquoi pas être appelé à nouveau avec le Brésil. »

Une adaptation difficile... mais prévue


Sauf que les débuts du natif de Jeremoabo ne sont pas loin de friser la catastrophe. Après avoir été utilisé en réserve, il ne participe qu’à quatre petites rencontres de championnat, sans convaincre, et garde donc ses fesses sur le banc durant huit autres longues parties. En même temps, pas facile de s’habituer à un nouveau continent quand on a connu essentiellement son pays d’origine. Du coup, Jardim ne s’inquiète pas. Au vrai, Monaco s’attendait à cette période compliquée, qu’il avait donc pris soin de prévoir dans son calendrier. « J’espère qu’il va beaucoup nous apporter, cette saison, mais surtout la saison prochaine, c’est pourquoi on a anticipé sa venue » , précise ainsi Vasilyev dès l’officialisation du transfert, tout en justifiant que la fusion entre les deux clans porteraient rapidement ses fruits : « Pour un joueur brésilien, l’adaptation est plus facile ici qu’ailleurs avec le coach, le staff et les joueurs. (...) L’adaptation est plus facile pour les joueurs qui parlent portugais à Monaco. C’est un avantage pour amener des joueurs brésiliens. »

La gueulante de Jardim


L’été 2016 est donc ciblé comme l’étape essentielle pour la véritable mue du joueur. Le staff lui prépare alors un programme physique sur mesure à rigoureusement respecter quand il rentre au Brésil pendant la trêve. Problème : Jermerson oublie ses obligations professionnelles, enchaîne barbecues, loisirs oisifs et moments de détente avec ses proches et revient logiquement sur le Rocher avec un organisme en vrac. Un mal pour un bien : son entraîneur le chope entre quatre yeux et lui rappelle l’exigence du haut niveau. Visiblement sensibilisé par cette sévère réprimande, le garçon se laisse pousser les cheveux et commence à travailler sérieusement. Le résultat est progressif et radical : ses matchs de préparation s’avèrent en dessous de tout, son mois d’août est plus que moyen, son mois de septembre bien mieux (malgré un raté à Nice) jusqu’à tout dégommer ces deux derniers mois, laissant transparaître une maîtrise technique impressionnante et des aptitudes aériennes certaines.


« Je me sens de mieux en mieux, a-t-il d’ailleurs déclaré face à la presse fin octobre. Je savais qu’il me faudrait du temps. » Bien sûr, Jemerson dégage encore cette impression de pouvoir connaître une baisse de concentration à un moment décisif, mais ce défaut pourrait s’atténuer au fil du temps. Car pour tirer le meilleur du défenseur, il faut savoir être patient. Après tout, il lui a bien fallu quatre tests pour se faire accepter d’un club professionnel (refoulé par le Vasco Da Gama, Santos et Palmeiras). Puis quatre années pour s’imposer à l’Atlético Mineiro et glaner un titre de révélation de l’année. Silence, ça pousse.

Par Florian Cadu
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Dans cet article

Catastrophique est exactement le mot pour décrire ses prestation la saison dernière mais je ne pense pas que c'était de sa faute, période d'adaptation et notre défense l'an dernier était catastrophique (je vais encore des cauchemars des courses de Carvalho après une passe dans son dos et des centres d'Echiéjilé) donc pas facile de montrer son meilleur visage dans ces conditions. Cette année ca va certes beaucoup mieux, il est bon dans l'anticipation et le jeu aérien notamment mais il est indéniable qu'avoir un méchant de film de James Bond à ses cotés facilite les choses et donne moins envie de faire des conneries! Cela dit pour les relances soyeuses et la technique, on attend toujours...
Doug Wilson Niveau : DHR
Je te rejoins. Je le trouve encore décevant cette saison, quand il passe à côté d'un match, il le fait pas à moitié (cf Toulouse et Nice). Mais dans l'ensemble on sent qu'il monte en puissance, son association avec Glik fonctionne bien.
Autre défaut je trouve, il commet trop de fautes inutiles, il manque encore un peu d'expérience et de bouteille mais ça viendra.
En revanche, pour ses relances soyeuses je trouve dur. Il a une qualité de passe longue au dessus de la moyenne, un peu à la Edmilson, toute proportion gardée.
1 réponse à ce commentaire.
VascoVince Niveau : DHR
"le Brésilien jouit de la totale confiance de Leonardo Jardim à son encontre "
A son encontre, signifie opposé, contre.
La formule est fausse et porte un contre sens.
On aurai plutôt écrit "à son endroit" (désuet), "à son égard" (logique).
U'Marranzanu Niveau : CFA2
En gros c'est son gars sûr quoi. Wesh.
1 réponse à ce commentaire.
Bernardo Fabinho Niveau : District
Très belle progression depuis quelques mois. Et avec Glik à ses cotés, il peut apprendre
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