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  3. // Rennes-Lorient
  4. // Interview Benoît Costil

« Je veux que cette saison soit très longue »

Blessé au genou en début de saison, Benoît Costil a mis le bleu de chauffe pour revenir au top le plus vite possible. Désireux d'emmener le Stade rennais le plus haut possible, il a également l'Euro dans un coin de la tête. Une compétition pour laquelle il prend son possible statut de gardien numéro 3 des Bleus particulièrement à cœur.

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Salut Benoît. Alors, comment va le genou ?
Nickel. On a beaucoup bossé dessus depuis le premier jour où je me suis blessé. Tout s'est bien passé, j'ai rejoué en amical avec la réserve au bout de 7 semaines et avec l'équipe première contre Paris au bout de 8. C'était un pari pas simple qui a été réalisé. Pendant 15 jours/3 semaines, j'ai eu des douleurs, cela ne s'est vraiment estompé que quand je suis retourné en sélection lors du dernier rassemblement. Aujourd'hui, je joue sans douleur, sans gêne, sans strap... ce n'est plus qu'un mauvais souvenir.

Quand on est blessé et qu'on ne peut pas s'entraîner avec le reste du groupe, c'est quoi le plus dur à gérer ?
Les entraînements ne m'ont pas manqué, car je m'entraînais toujours, mais différemment. Ce qui m'a manqué, c'est la compétition, l'adrénaline des matchs. Suivre les matchs, j'aurais presque préféré ne pas le faire, mais je me devais de les regarder pour qu'après, dans la semaine, quand les mecs ou le coach parlaient du match, je sois connecté. Mais durant les semaines, je me mettais dans ma bulle, je ne pensais qu'à moi, qu'à mon genou. Je faisais du 8h30-19h30 tous les jours. J'avais des objectifs liés à la rééducation, ce n'est pas comme si je n'avais rien à faire, au contraire. Il y avait beaucoup de taf.

Quand un joueur a eu une blessure sérieuse, il y a toujours la question du retour au meilleur niveau. Toi, tu te sens encore plus fort ou il y a une appréhension ?
J'ai eu une désinsertion du latéral interne, mais je n'ai pas eu une rupture des croisés ou une jambe cassée, donc je ne considère pas que j'ai eu une grave blessure. Une blessure importante oui, qui peut être chiante, mais tout s'est bien passé par la suite. Et puis je suis d'une nature à récupérer vite aussi. Pendant la rééducation, mon objectif était de revenir performant d'entrée, ne pas avoir besoin d'adaptation. Je suis revenu déterminé, même si j'ai fini l'année fatigué, avec un contre-coup de tous les efforts fournis pour revenir. Mais depuis la reprise, je vois que j'ai plus de calme, plus de tête, donc je suis content.

Tu t'étais blessé avec l'équipe de France, des joueurs ont pris des nouvelles de toi entre le rassemblement où tu t'es blessé et le dernier où tu es revenu ?
Pas vraiment, à part Steve Mandanda qui prenait des nouvelles régulièrement pour savoir comment évoluait ma rééducation. Le coach des gardiens Franck Raviot aussi qui était en contact très régulièrement avec moi et le coach des gardiens ici. Le staff médical a aussi pris des nouvelles, surtout qu'ils m'avaient pris en main le premier jour. Ils avaient toutes les infos et voyaient que le travail fourni à Rennes était bon, donc ils laissaient faire. Les joueurs n'avaient pas mon numéro, moi pas le leur, mais tous ont eu des mots gentils quand je me suis blessé et au moment de mon départ. Tous sont venus me parler et cela m'avait touché.


Chez les Bleus, cela a pas mal bougé au poste de gardien pendant ton absence : Ruffier a visiblement indiqué à Didier Deschamps que le rôle de numéro 3 ne lui convenait pas, Alphonse Areola a été appelé une première fois. Mais revenu de blessure, tu as été rappelé à sa place...
Je n'ai pas à commenter tout cela, c'est le travail des journalistes d'analyser tout cela sans avoir les tenants et aboutissants. Moi, je me concentre sur moi-même, pas sur ce qu'il se passe à droite ou à gauche pour telle ou telle personne. Si on m'appelle, je viens avec un grand sourire, je suis à disposition du groupe, je donne le meilleur de moi-même.

Mais clairement, s'il n'y a pas de hiérarchie « officielle » , tu as tout l'air d'être le numéro 3 dans l'esprit du sélectionneur. Et d'avoir de grandes chances d'aller à l'Euro...
Je ne dirais pas ça, je ne suis pas sélectionneur, que joueur. Le sélectionneur m'a pris récemment, je suis à la disposition du groupe France. Mais ce qu'il va se passer demain, je ne sais pas. Je fais juste le maximum pour être rappelé, c'est un objectif important dans ma carrière. Mais dire que je serai là en mars ou en juin... Je vais tout faire pour de mon côté, et voilà. Après, les suppositions... L'important, c'est d'être performant sur le terrain.

Tu as récemment indiqué que tu avais conscience que Lloris ou Mandanda étaient meilleurs que toi et que tu t’accommodais de ta propre trajectoire.
Quand j'ai dit que Hugo et Steve étaient meilleurs, je pensais surtout à leur carrière : ils ont réussi très vite à s'imposer dans de très bons clubs de Ligue 1. Moi, mon parcours est très différent. J'arrive à les côtoyer en sélection, et cela montre que je ne suis pas une pipe. Je ne manque pas d'ambitions, j'ai des qualités et je veux les montrer. Mais un footballeur doit aussi être lucide.


Dans une compétition internationale, sur six semaines, il y a trois gardiens, mais un seul amené à jouer. Comment tu conçois ce rôle de gardien remplaçant ?
Le deuxième gardien peut être amené à jouer à tout moment, donc il a une préparation assez similaire au titulaire. Le troisième gardien doit se tenir prêt et être à la disposition des deux autres gardiens, des joueurs, du staff pour bosser. Le numéro 3 n'est pas un bouche-trou ou un metteur d'ambiance, celui qui pense cela se trompe. Le numéro 3 a un vrai rôle à jouer, un rôle important. Il ne doit jamais rechigner, toujours bosser. Quand un mec est pris pour être troisième gardien, il est pris avant tout pour ses qualités de gardien, pas parce qu'il est cool, rigole, fait le con ou n'emmerde personne. Le numéro 3 doit se donner à fond aux entraînements, mettre dans les meilleures dispositions le 1 et le 2. Et avoir la volonté que lorsqu'ils jouent, le 1 et le 2 soient très bons. Il est important de souhaiter du bien à ses collègues gardiens de but. Quand vous avez 23 joueurs, il y en a qui jouent, d'autres qui jouent peu, et certains qui ne jouent pas. Mais l'important, c'est que tout le monde tire dans le même sens. Et puis, quand vous allez en équipe de France de toute façon, vous n'avez pas le droit de vous plaindre. Se plaindre d'être en équipe de France sans jouer, non non. Moi, j'irai autant de fois que l'on me dira d'y aller et je ferai le boulot avec plaisir.

Un mot sur le Stade rennais. Vous allez récupérer Yoann Gourcuff qui pourrait jouer prochainement. À l'entraînement, c'est comment ? Il commence à régaler techniquement ?
Il est bien, il a le sourire. Il prend du plaisir et il travaille énormément. C'est quelqu'un qui a le souci du détail. Il a repris progressivement et maintenant, il s'entraîne comme tout le monde. Je crois qu'il se sent bien, les sensations sont bonnes, et il a un groupe qui l'a accueilli de la meilleure des manières et qui est derrière lui. Je suis persuadé qu'il va prendre du plaisir avec nous, cela peut être un vrai plus pour nous.


Justement, Rennes est un bon club, mais peine à s'installer au cran au-dessus. Des joueurs comme Gourcuff, c'est ça qui manque pour passer un cap ?
Pour passer un cap, cela passe par la qualité des joueurs. C'est certain qu'un Yoann en pleine possession de ses moyens peut faire évoluer le Stade rennais, nous amener à faire mieux que les saisons précédentes. Et aussi avoir un beau football. Mais il ne va pas non plus révolutionner le Stade rennais, il y avait déjà des joueurs de qualité avant lui. Yoann, c'est une valeur ajoutée pour l'équipe.

On te souhaite quoi pour la fin de saison ?
Je ne prends pas de résolution, avec moi c'est #jechangerien (rires). On peut me souhaiter la santé, être en forme. Et surtout, que mon club soit bien classé en Ligue 1 et que ma saison soit la plus longue possible.

Cela veut dire longue jusqu'à l'Euro...
Cela veut dire la saison la plus longue possible. J'ai envie que cette saison soit très longue.


Propos recueillis par Nicolas Jucha
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Dans cet article

Pinedhuitre22 Niveau : DHR
Niveau mentalité, prendre un mec comme Costil est bien plus judicieux que cette tanche de Ruffier, et puis sportivement il n'a rien a lui envier
Excellente mentalité à n'en pas douté, il est également un remplaçant plus que crédible, en tout cas au dessus de Ruffier à mon sens
Cheric Zghemmfour Niveau : CFA
Ruffier est meilleur que Costil.Il y a un délit de sale gueule à son encontre,ce qui est logique, il n'est pas du genre à faire des efforts pour plaire et c'est très bien ainsi.

Je ne dis pas que Costil est un suceur pour autant.Mais au niveau carrière + régularité,Ruffier le pine assez nettement.
Pinedhuitre22 Niveau : DHR
Les goûts et les couleurs ça se discutent, mais affirmer que Ruffier est très nettement au dessus de Costil, c'est être aveugle.
Ils ont 2 styles de jeu différent avec des mentalités vraiment opposées. Je parlais juste sur sa selection pour le poste de n3.
Tu peux un Ruffier, il te fout le vestiaire en vrac avant la fin de l'euro. Un peu d'intelligence dans cette equipe ne fera pas d'mal
La place de troisième gardien revient souvent à un mec avec un bon état d'esprit ou un jeune pour lui emmagasiner de l'expérience donc pour cette année Costil devrait y être sauf si Aréola devient plus qu'excellent etviendrait en attendant son tour car Costil n'aura jamais sa chance en numéro 1
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