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Jazzy Bazz : « Pas assez de reconnaissance pour les ultras »

Jazzy Bazz, c’est un type de 22 ans qui connaît mieux le rap des nineties qu’un quadra. C’est le genre de mec que certains ignoraient avant Rap Contenders. Et surtout, un homme qui supporte le PSG. Car ici c’est Paris.

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L’important dans une chanson, c’est qu’elle sonne bien à l’oreille. Pour une équipe, l’important, c’est plus le beau jeu, ou la victoire ?

Franchement, l’important, c’est qu’elle gagne. Parce que le foot, c’est différent. Si l’équipe joue bien toute la saison, mais qu’à la fin, il n’y a pas les résultats, tu vas descendre chaque année, jusqu’à devenir une merde. Honnêtement, je pense que l’important, surtout dans le football de haut niveau aujourd’hui, avec les enjeux financiers colossaux, c’est la victoire. Après, tu peux évidemment gagner en jouant bien, et c’est là que tu es validé, c’est là que tu es une grosse équipe, comme Barcelone et quelques autres équipes qui rendent fou. Quand tu supportes un club, que tu es réellement impliqué, la seule chose que tu souhaites, c’est la victoire. Après, quand tu regardes un match pour le regarder, pour la beauté du sport, bien sûr que tu veux voir du spectacle. Quand tu regardes la Ligue des Champions et que tu t’en fous de qui gagne à la fin, tout ce que tu veux voir, c’est du beau jeu. Comme je te le dis, ça dépend de si tu le regardes en mode « daron » ou en mode « supporteur » . Moi franchement, le PSG je le regarde plus en mode supporteur. Le Barça, je le regarde en mode « beau jeu » .

Tu as été ultra parisien pendant quelques années. Ça ne te rend pas triste de voir la tête du Parc des Princes aujourd’hui ?

Si évidemment. J’ai été dans ce délire pendant quatre ans mine de rien. Si ça me rend triste ? Evidemment. Moi, tu sais, si j’allais au Parc des Princes, ce n’était pas pour le terrain. J’étais fou de l’ambiance qu’il y avait en tribunes. J’en avais rien à cirer du résultat. J’étais plus dans le mood ultras. J’ai arrêté ça sur un coup de tête, bien avant qu’il y ait ce changement flagrant.

Pourquoi as-tu arrêté ?

J’ai arrêté pour une bonne raison. Mais d’abord, je vais t’expliquer comment je fonctionne. Moi, quand je suis à fond dans un truc, je suis vraiment à fond. Je vais au bout des choses. J’ai été très Parc des Princes, mais j’ai aussi eu une grosse période graff. J’adorais ça, mais j’ai arrêté parce que j’ai un pote qui est parti en sucette à cause de ça. Et si j’ai pris mes distances avec le monde des ultras, c’est parce que j’ai compris que, comme le graff, c’était un monde qui n’allait pas faire de moi celui que je veux être. Moi, ça me rend triste quand je vois que ces mecs, qui donnent tout pour leur club, sont considérés comme ils le sont par les dirigeants. La plupart des clubs n’en ont strictement rien à foutre, alors que les mecs sont des guerriers. Ils passent des heures à préparer les matches, ils font tous les déplacements, ils dépensent un maximum d’argent, et derrière, rien. Ça, ça me dégoûtait. Du coup, j’ai pris mes distances. Mais pour conclure, ça m’attriste vraiment qu’il n’y ait plus cette ambiance chaude.

C’est quoi pour toi le PSG ? Ta team de l’ouest ?

(Rires) Le PSG, c’est le club de ma ville. On ne va pas se mentir, je fais parti des gens qui sont très fiers d’être Parisiens, dans le sens général de la chose. Le PSG, c’est quelque chose qui appartient à tous ces gens-là. Le club m’apporte beaucoup de moment de convivialité. Typiquement, là tu me parles de PSG-OM, c’est un excellent moment à vivre avec mes potes. Le PSG, même avec ces histoires de Qataris, c’est l’affaire du peuple parisien. Et c’est ça que j’aime.

Tu en penses quoi d’ailleurs, des investisseurs qataris ?

De toute façon, même si je t’ai dit d’autres choses avant, les grands clubs comme le Paris Saint-Germain, ne sont, en réalité, jamais l’affaire de la populace, de la masse. Ça a toujours été plus ou moins de l’arnaque pour les supporteurs. Tu as beau t’attacher à un club, tu as beau le porter dans ton cœur, il ne t’appartient pas. Et ça, ceux à qui il appartient, ils s’en tapent. Après, que ce soit des Qataris ou des Français, ça ne change rien. Moi, au final, je suis content. Les types ont injecté des millions, ils font rêver les petits. Et puis l’équipe est première du classement. En revanche, parfois, certains joueurs ont vraiment un sentiment d’appartenance au club et à la ville, et ça c’est beau.

C’est un bon moment pour toi, un OM-PSG ?

Ouais ! Après, moi, dans mon groupe de potes, on est tous pour Paris. Y a pas un mec qui est allé s’aventurer ailleurs. Et l’ambiance, tu la connais. C’est pizza, bière. Un bon moment comme on les aime ! Mais maintenant, disons que j’ai grandi. Si le PSG perd, ça ne m’atteint pas autant qu’avant. A l’époque, j’aurais été triste pendant deux semaines…

Plus de recul, donc. Mais tu serais content quand même, si Paris raflait le titre cette année. Non ?

Je serais plus que content ! Mais je crois que plus tu suis ça de près, plus la joie au moment du sacre est intense. Là, je ne suis plus trop les résultats. D’ailleurs, en fait, je ne les ai jamais suivi. J’ai toujours été plus intéressé par le monde des supporteurs que par les chiffres et les résultats. Bon, par contre, comme tout le monde, j’ai joué au football. De benjamins à moins de 18, dans un club du XIXème, Solitaires. J’aimais beaucoup le terrain.

On insiste souvent sur le fait que les footballeurs aiment le rap. Tu as une explication ?

Je crois que c’est assez simple. La relation est réciproque. Aujourd’hui, dans pas mal d’endroits, les petits aiment deux choses : le football et le rap. Les deux sont presque indissociables. Plus vieux, les chemins se séparent. Certains choisissent le football, d’autres le rap. Moi je me souviens, dans les vestiaires, on parlait de rap, ou on en chantait. Je pense que c’est la même culture, le même milieu. Maintenant que j’ai 22 ans, je connais des gens, plus ou moins proches, qui ont fini dans le football, alors qu’ils auraient très bien pu finir dans le rap. Le contraire fonctionne aussi.

Tu ne voudrais pas que des investisseurs qataris te financent quelques clips ?

Si y a des mecs qui peuvent mettre un peu de thunes, je suis pas contre ! Après, dans le rap, et plus globalement, dans la musique, c’est comme dans le foot : si quelqu’un injecte des fonds, c’est bien, mais si ça déteint sur le fond des choses, ce n’est pas bon. Il ne faut pas mélanger la direction artistique et la direction financière. Tant que les Qataris mettent des sous, ça va. Mais il ne faut pas être omnipotent.

Un petit pronostic pour ce soir ?

Je pars du principe où quand tu es supporteur, tu veux faire un pronostic qui va te faire kiffer le match. Alors disons 2 ou 3 à 0 pour le PSG !

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Propos recueillis par Swann Borsellino
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