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Javier Pastore face à l'ordre des choses

Alors que le PSG s'active pour faire venir Kylian Mbappé, l'équipe type d'Unai Emery pour la saison à venir devrait se dessiner sans Javier Pastore. Et quelque part, c'est un peu de sa faute...

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Hervé Mathoux a eu raison. Hervé Mathoux a eu raison, dimanche soir, au sortir de la démonstration du PSG de Neymar face à Toulouse de titiller Javier Pastore, buteur ce soir-là, sur son temps de jeu et sur son éventuelle frustration de ne pas être considéré comme un titulaire à part entière dans le onze parisien. Bien entendu, l’Argentin a déplié sa plus belle langue de bois : «  Le plus important, c'est de jouer. Pour moi, c'est d'être toujours disponible. Je ne suis jamais frustré. Je continue de travailler pour avoir ma place. On sait qu'il va y avoir de la concurrence. J'ai besoin d'avoir du temps de jeu. Un départ? J'y ai pensé. Mais je pense avoir les qualités pour jouer au PSG. » Mais l’agacement était palpable quand le présentateur lui a demandé si un départ vers l’AS Monaco pourrait le tenter. « Non, c’est hors de question, il n’y a rien du tout  » , s’est-il contenté de répondre. Pourtant, El Flaco est face à un problème de taille : les mathématiques ; Javier Pastore ne peut jouer qu'à quelques postes. Et il doit affronter un adversaire coriace : la logique ; puisqu'il y a meilleur que lui aux postes où il peut jouer.

Tout changer pour Pastore ?


Avec l’arrivée a priori imminente de Kylian Mbappé dans la capitale, dans une équipe type, les trois postes offensifs seraient clairement dévolus à l’ancien Monégasque, à Neymar, qui ne devrait pas être souvent ménagé cette saison, et à Edinson Cavani, aussi efficace qu’irréprochable. Et le départ ou la méforme de Julian Draxler et/ou d’Ángel Di María ne feraient au mieux qu’améliorer le rang de Javier Pastore dans la hiérarchie des remplaçants. Pastore n’a qu’à redescendre un cran plus bas et jouer au milieu alors, non ? Devant Thiago Motta, il semble délicat de sortir Adrien Rabiot, l’un des meilleurs joueurs parisiens en 2017 et toujours enclin à aller au combat lorsque son temps de jeu se réduit. Et il semble tout aussi compliqué de mettre Marco Verratti – même quand ses performances sont décevantes – sur la touche, au risque de voir l’Italien refaire part de ses envies de départ à la une des journaux. Et le faire jouer en 10, tout simplement ? Selon tout vraisemblance, Unai Emery conservera un milieu à trois comme plan A. D’autant qu’un autre nom maousse costaud à plusieurs dizaines de millions d’euros – type Fabinho, Jean Michaël Seri ou autre – peut encore débarquer à Paris d’ici la fin du mois. En somme, à l’heure actuelle et quelle que soit la configuration, il est difficile d’imaginer l’entraîneur espagnol, qui reste quand même sur un joli bilan pour l'année civile 2017, changer tous ses plans pour les petits ponts de Pastore, qui a joué moins de 900 minutes lors de chacune des deux dernières saisons de Ligue 1.

Corps instable


En réalité, Javier Pastore a sans doute manqué le coche la saison dernière. Manqué l’occasion de se rendre de nouveau indispensable, comme lors de ses débuts, de ses premiers mois au PSG. Unai Emery était pourtant arrivé en Ligue 1 avec ses idées, ses principes et sa volonté de jouer avec un numéro 10, à l’ancienne comme on dit. Mais à cause de blessures, de rendement individuel insuffisant combiné certes à des résultats collectifs en deçà des attentes, l’Argentin a disparu peu à peu de la circulation. Au point de se plaindre publiquement de son temps de jeu au printemps dernier. Évidemment, cette saison, s’il reste au PSG et que son corps fragile le laisse tranquille, Javier Pastore, qui a déjà disputé 124 minutes et marqué deux fois en Ligue 1, jouera. La plupart du temps, il entrera en jeu. Il glanera des titularisations quand il s’agira de faire tourner un peu, de remplacer un suspendu, de laisser respirer l’équipe type, ou d’envoyer un signal à un titulaire habituel qui serait en dessous de ce qu’on attend de lui. Mais dans un groupe à 100%, on voit mal l’ancien Palermitain bouleverser l’ordre des choses, notamment quand les grands rendez-vous vont pointer leur nez.

Se souvenir des belles choses


Dès lors, quelle issue ? La première, la plus simple : rester à Paris, se contenter d’un rôle de joker de luxe très utile à son coach, de gratter une vingtaine de titularisations par-ci par-là, et d’apporter sa petite contribution à la nouvelle ère du PSG de Neymar – et Mbappé. La deuxième, la plus difficile : aller voir ailleurs, prendre le risque de gagner moins de titres, mais exprimer pleinement sa classe dans une équipe ambitieuse et joueuse qui saura lui faire confiance. En laissant derrière lui quelques jolis moments – le rush à Barcelone, le but face à Chelsea et quelques gestes rares – mais aussi, il faut le dire, un réel goût d’inachevé. Devenu le joueur clivant par excellence, avec ses détracteurs féroces et ses admirateurs transis, Javier Pastore, arrivé en grande pompe en 2011, aurait surtout dû devenir le maître incontestable et incontesté des lieux au PSG. Et non pas ce joueur qui cherche toujours sa chambre six ans après son arrivée.



Par Pierre Maturana
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