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Javier Clemente : « Zubizarreta? Un très bon choix pour l'OM »

Ami et ancien entraîneur d'Andoni Zubizarreta, Javier Clemente considère que le nouveau directeur sportif de l'OM va réussir dans sa mission. Tout juste viré de son poste de sélectionneur de la Libye, l'Espagnol revient aussi sur son court passage sur le banc olympien lors de la saison 2000-2001.

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Vous venez de vous faire licencier de votre poste de sélectionneur de la Libye. Que faites-vous en ce moment ?
Déjà, je veux clarifier tout ça. Effectivement, j’ai été viré. Mais cela faisait un an et demi que mon salaire ne m’était pas versé. Je les avais prévenus depuis longtemps que j’allais porter plainte. Et ils ont décidé de résilier mon contrat. Maintenant, j’attends des offres.

Andoni Zubizarreta est devenu directeur sportif de Marseille. Vous connaissez l’homme et le club. C’est un bon choix selon vous ?
C’est un homme avec une grande expérience. C’était l’un des meilleurs gardiens de l’histoire d’Espagne. Depuis qu’il a trouvé sa reconversion et dès ses débuts à l’Athletic Bilbao (Zubizarreta est resté quatre ans au poste de directeur sportif du club basque, ndlr), il a imposé sa patte. À Bilbao, tout est plus difficile, puisque le club cherche seulement des joueurs basques. Ensuite au Barça, il avait un travail totalement différent, dans une autre dimension. Et il a un bilan excellent. Donc c’est un très bon choix pour Marseille.

Avez-vous discuté depuis sa signature à l’OM ? Vous a-t-il demandé quelques conseils ?
Non, nous n’avons pas encore eu l’occasion de se parler. Mais c’est certain qu’il m’appellera pour apprendre des choses sur la ville, sur le club.

Vous vous connaissez très bien. Il parle souvent de vous comme d'un homme très important dans sa carrière.
Je l’ai connu très tôt, lorsqu’il était dans les équipes de jeunes à l’Athletic Bilbao. Je l’ai fait commencer avec les professionnels et quand j’entraînais la sélection d’Espagne, c’était mon gardien titulaire. C’était même mon capitaine. Je l’ai côtoyé pendant onze ans. On est devenus amis grâce à toutes ces années.

Quand on pense à Andoni Zubizarreta et Javier Clemente, on pense tout de suite à ce match contre le Nigeria lors de la Coupe du monde 1998...
Il a fait très peu d’erreurs au cours de sa belle carrière. Mais celle-ci, c’était la pire. C’est toujours compliqué pour les gardiens, ils n’ont pas le droit à l’erreur. C’était un moment difficile pour la sélection, mais je ne l’ai jamais lâché malgré cette erreur. Il nous a fait gagner tellement de matchs.

À l’époque, vous répétiez que pour votre composition d’équipe, c'était « Andoni et dix autres » ...
Oui, parce qu’à l’époque, beaucoup de journalistes militaient pour voir Paco Buyo titulaire. Mais mon choix était fait, donc je le défendais. Il fallait montrer à ces journalistes que l’entraîneur fait des choix et qu’il faut les respecter. C’était le meilleur gardien de l’époque.

Revenons à son nouveau poste à Marseille. Vous croyez qu’il peut s’adapter au football français ?
« Le football français est spécial, différent. Selon moi, le niveau de professionnalisme est inférieur à celui d’Espagne. Il y a un peu plus de légèreté et moins d’exigence en France. »
Le football français est spécial, différent. Selon moi, le niveau de professionnalisme est inférieur à celui d’Espagne. Surtout, le concept de travail est différent. Le footballeur espagnol est beaucoup plus impliqué. Il y a un peu plus de légèreté et moins d’exigence en France. Cela a certainement évolué depuis l'époque où j’ai connu le championnat. En tout cas, Zubizarreta est quelqu’un de très intelligent et il s’adaptera parfaitement au football français. C’est à lui d’imposer son style. On le verra rapidement dans le recrutement. Il y a un bon staff autour de lui, pour reconstruire le club, revenir sur le devant de la scène. Il y a surtout une belle enveloppe pour faire une grande équipe.

On parle de 100 millions d’euros dès la première année...
(Il coupe). Attention, c’est très compliqué de bien recruter en hiver. Il a très peu de temps pour négocier. Il faut lui laisser du temps. C’est une année de transition. L’été prochain, on verra vraiment le travail d’Andoni. Il va avoir les pleins pouvoirs et c’est une bonne chose pour lui et le club.

Quand on parle de son bilan au Barça, on pense notamment aux recrutements de Mascherano, Rakitić ou Suárez.
La difficulté du rôle de directeur sportif est de trouver le bon joueur pour le club et surtout le joueur qui va s’y intégrer parfaitement, afin de former un groupe homogène. Et ça, Zubizarreta a su le faire au Barça. Il a su aller chercher des joueurs qui, au premier abord, n’entraient pas vraiment dans la mentalité du club blaugrana. Finalement, on a vu avec le temps que Neymar ou Suárez sont deux des meilleures recrues de l’histoire du club. Après, Zubizarreta ne va pas être entraîneur de Marseille. Il faut absolument que le club mette en place une structure autour de lui, pour qu’il travaille main dans la main avec Rudi Garcia.

Ça s’est mal terminé pour Zubizarreta au Barça. Vous avez parlé avec lui à l’époque ?
Ça a été très difficile pour lui. Surtout qu’il a payé pour les autres. Il n’était pas responsable de l’affaire du transfert de Neymar.

Vous pensez que Marseille est l’endroit parfait pour relancer sa carrière ?
S’il a accepté cette offre, c’est qu’il a senti que tous les paramètres étaient réunis. Marseille lui a fait une bonne offre et il sait qu’il aura de grandes responsabilités. C’est parfait pour lui.

Il a débuté en tant que directeur sportif à Bilbao, avec la politique qu’on connaît. Vous pensez qu’il pourra aussi relancer la formation marseillaise ?
Je ne sais pas dans quel état est le centre de formation de Marseille. À mon époque, tout était compliqué là-bas. Quelques jeunes montaient avec les professionnels. Je ne sais pas si dans son contrat, on lui a donné des pouvoirs pour la formation des jeunes. Il verra rapidement s’il doit restructurer le centre de formation.

Vous avez entraîné l’Olympique de Marseille entre novembre 2000 et avril 2001. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?
« J’entraînais un groupe qui ne ressemblait pas à une équipe professionnelle. Il y avait des joueurs qui refusaient de s’entraîner, qui refusaient de jouer des matchs amicaux, certains simulaient des blessures... »
J’entraînais un groupe qui ne ressemblait pas à une équipe professionnelle. Il y avait des joueurs qui refusaient de s’entraîner, qui refusaient de jouer des matchs amicaux, certains simulaient des blessures... Je ne les nommerai pas, malheureusement pour vous. Il fallait sauver le club et les joueurs n’avaient pas du tout la mentalité d’hommes qui veulent sauver le club. Finalement, on s’est sauvés. Mais j’ai rarement vu un groupe aussi peu impliqué pour son club.

Carrément...
Oui, honnêtement. Je suis arrivé à l’un des pires moments de l’histoire du club. On avait une équipe qui pouvait largement terminer dans les cinq premières places. Mais il n’y avait pas de travail, pas de cohésion. Il y avait des problèmes entre les dirigeants et les joueurs. Un vrai chaos. Ce club, c’était un immense problème.

À l'époque, vous aviez même dit : « Ce travail, c’est pas le cirque... »
Oui, je parlais de l’implication des joueurs. Aussi de la structure du club. Il n’y avait rien en place qui laissait penser que c’est un grand club. Quand les joueurs viennent à l’entraînement sans enthousiasme et que les problèmes perdurent, il faut que ça explose à un moment.

Vous n’avez aucun bon souvenir de Marseille ?
Si, le public était fantastique. Le meilleur du pays. Chaque déplacement, c’était superbe. À domicile, il y avait aussi une belle ambiance, un stade plein.

Si vous aviez quelque chose à dire à Zubizarreta, ce serait quoi ?
Qu’il va connaître une expérience différente de la mienne déjà. Parce que le club est totalement différent aujourd'hui. Il a les moyens pour construire quelque chose de très très grand.

Par Ruben Curiel
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Dans cet article

VascoVince Niveau : DHR
Quelqu'un peut me rafraîchir la mémoire sur la saison 2000-2001 ?
C'est la saison où Abardonado s'effondre en pleurs après une défaite à domicile à une ou deux journées de la fin ?
Quant à Clemente, moi j'aurai bien aimé les noms des joueurs pas impliqués ...
Faut se remémorer le contexte.

En 99, l'OM (coaché par Courbis) termine deuxième derrière Bordeaux après avoir lutté pour le sacre jusqu'à la dernière journée, et finaliste de la Coupe de l'UEFA. On le croit de retour vers ses sommets, mais le mercato qui suit est foireux (départ de Blanc qui était le patron de l'équipe, arrivées de Dalmat qui se rate, de Berizzo qui n'est pas au niveau, de De La Peña qui a perdu son football, de Bakayoko qui fait du Baka, de Sébastien Pérez qui est un bon joueur de D1 mais pas au niveau C1).

La saison est très difficile (Courbis est viré à l'automne et remplacé par Casoni, Pires, promu capitaine, n'a pas les épaules, Florian Maurice se blesse et ne reviendra jamais au niveau qui était le sien auparavant, Ravanelli et Dugarry se barrent dès le mercato d'hiver, Porato pète les plombs et se prend deux mois de suspension), une vraie saison de merde "à la marseillaise" : on termine quinzième et premier non relégable, mais en ayant battu à l'aller et au retour Monaco (champion) et le PSG (dauphin), et obtenant, en C1, deux victoires symboliques contre United (alors tenant du titre) et Chelsea (période Desailly Deschamps Zola Poyet Wise Babayaro), le tout sur fond de guerre larvée entre RLD et Marchand et avec un effectif renouvelé à presque un tiers au mercato d'hiver (arrivées de Jérôme Leroy, Cyrille Pouget, Franck Dumas).

A l'été, il est pris la décision de tout changer en vue de cette fameuse saison 2000-2001 qui doit être celle du renouveau (avec pour la première ois l'apparition de la croix sur le maillot) : Pires, Porato, Luccin, Dalmat, Berizzo, De La Peña et d'autres encore dégagent, et un nouvel entraîneur arrive, le brésilien Abel Braga. Mais une nouvelle fois rien ne se passe comme prévu, les recrues sont catastrophiques (la doublette brésilienne Adriano-Marcelinho est nulle, Ingesson en fin de carrière est fantômatique, Ngotty ne parvient pas à se relancer, Dos Santos met du temps à s'acclimater) et les "anciens" perdent rapidement leur football (Gallas fait la pire saison de sa carrière, l'arnaque Trevisan est vite démasquée, Blondeau et Issa ne servent à rien et Bakayoko fait sa saison la plus bakayokesque). Le club s'enlise vite dans le ventre mou, Abel Braga est viré dès l'automne et remplacé par Clemente - le club recrute un joker inattendu : George Weah, 35 ans bien tassés.

Mais la mayonnaise continue de ne pas prendre et malgré un nouveau mercato d'hiver appliquant la méthode dite "on change tout" (arrivées de Calendria, Stankovic mais pas le bon, Hemdani, Bernardi ou encore Marsiglia), le club stagne entre la 12ème et la 16ème place, comme l'année précédente, mais sans la C1 pour souffler, ni les victoires contre les "gros" obtenues en guise de mirage la saison précédente (d'ailleurs, il n'y a plus vraiment de "gros" cette année-là, le PSG et Monaco connaissant aussi une année très difficile).

On est à l'apogée de la période dîte "OM club de mercenaires sans foi ni loi" et donc des transferts douteux. Le point d'orgue, néanmoins, survient au printemps, avec le retour de Tapie en tant que directeur sportif. Le discours redevient volontariste, Clemente est limogé (remplacé par le vieillard Ivic), Weah passe capitaine, mais sur le terrain rien ne change et c'est à la dernière journée que le club assure enfin son maintien, terminant 15ème et premier non relégable pour la deuxième saison de suite. Pour te resituer le marasme, nos deux meilleurs joueurs cette saison sont Djamel Belmadi et Zoumana Camara (qui grattera même sa seule sélection en bleu cette année-là, en étant sélectionné pour la coupe de confédération).

Voilà, c'était mon moment "histoire". Si j'ai commis quelque imprécision ou inexactitude que ce soit, n'hésitez pas à me le signaler. Même si c'était parfois au-delà du supportable, j'aime bien me souvenir de cette période : c'est à ce moment-là que j'ai compris que j'aimais vraiment ce club, c'est à dire que je l'aimais malgré TOUT, c'est à dire malgré EXACTEMENT tout.
VascoVince Niveau : DHR
Merci beaucoup de tant de précisions.
Tu as évidemment droit au +1 symbo... Woooah j'ai réussi à mettre un vrai +1 !!
Pragmatique Niveau : CFA2
Tu es une bible.Moi-même qui suivait déjà le foot à ce moment, je suis incapable d'être aussi précis sur les millésimes exceptée la cuvée 99 qui m'a beaucoup marqué avec le duel Bordeaux/OM (qui présentait la particularité de s'être déroulé de la 1ere à la 34eme journée, un combat des plus haletants) ou je suis capable de réciter le 11 type,les cinq remplaçants, entre autres détails.Il faut dire que l'effectif était lisible, épuré, stable.

Quelques précisions : Je ne pense pas que Marseille batte Monaco deux fois en 2000.J'ai le souvenir d'un match aller un dimanche soir à Louis II avec le somptueux maillot extérieur bleu marine et un nul 1-1.J'ai bon ? Je crois me souvenir d'un coup franc indirect de je ne sais qui, mais c'était une grosse praline.

Calendria (est-ce qu'il existe une personne sur cette planète qui a déjà vu le visage de cet homme ?) arrive dés l'été, pas en hiver.

Dans la médiocrité générale, Gallas s'en sort plutôt bien.Au point de garder une côte sur le marché Européen (son jeune âge aidant probablement), la Fiorentina ayant voulu le faire signer.Il partira finalement à Chelsea, sorte de Manchester City de l'époque, quoique un soupçon moins doté financièrement parlant.
VascoVince Niveau : DHR
Concernant Calendria, il se trouve que Courbis était son agent... Il qu'il avait été ensuite transféré à Lens, époque Courbis, où son talent est resté "confidentiel".
4 réponses à ce commentaire.
Le mec a fait un super boulot. Il a su operer la transition entre le guardiolisme et Luis Enrique avec des joueurs de ballon costauds comme Rakitic et Mathieu et Ter Stegen, fallait oser quand beaucoup auraient misé sur Kroos qui n aurait pas forcement eu le meme impact.
Kroos et rakitic lui avaient êtes proposes d'ailleurs au même moment,mais il a préfére ce dernier
Pour le résultat qu'on connaît,bonne réflexion de sa part dans ce cas précis
Avec Kroos au barca il aurait un manieur de ballon en plus,c'est pas forcément ce qu'il le fallait à ce moment la.
C'est moi où il a de faux airs de Martin Freeman le Clemente?
Max_Payne Niveau : CFA
Supporter de Guingamp, c'est avec un Javier Clemente entraîneur que j'ai vu pour la première fois Marseille jouer.
J'étais en tribune Est, à côté des supporters Marseillais.

Et j'ai jamais vu ça de ma vie, c'était en décembre 2000, ça caillait, y'avait un crachin, et les mecs étaient torse poil et ont chanté tout le match comme des dingues.
Ca a été un p*tain de souvenir, c'est la première fois que j'ai davantage regardé les supporters que le match en lui-même.

Le match s'est soldé par une victoire de Guingamp, but de Carnot.
Je rêvais de voir Mister George (Milan est mon autre club de coeur), mais il n'était pas du déplacement...
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