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Jaune pisse

Parce qu'il a voulu rendre hommage aux victimes du crash aérien du club brésilien de Chapecoense, Edinson Cavani a récolté un carton jaune, hier au Parc des Princes face à Angers.

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La légende dit que derrière sa carapace, l’arbitre de foot des temps modernes cache un cœur de petit flic. Le genre d’être humain qui a son quota de bonheur pour la journée lorsqu’il entend le bruit de l’essuie-glace qui claque sur le pare-brise après avoir pris le PV en sandwich. Hier soir, Frank Schneider n’était pas habillé en bleu marine, mais c’était tout comme. Tout de turquoise vêtu, l’homme en noir a fait quelque chose dont il aurait pu se passer s’il n’avait pas laissé son courage au vestiaire : appliquer froidement le règlement. On devine bien qu’en sortant un carton jaune à Edinson Cavani, coupable d’avoir célébré le but du break en enlevant son maillot, l’arbitre a avant tout cherché à ne pas froisser sa hiérarchie. On n’obéit pas toujours forcément à son patron, et ça, l’Alsacien n’a que trente-sept ans et donc encore largement le temps d'apprendre que cela ne signifie pas pour autant que l'on est un mauvais employé. En attendant, M. Schneider a raté une belle opportunité d’enjoliver les courbes d'un corps arbitral français chaque jour un peu plus disgracieux. On imagine difficilement la commission de discipline de la LFP, qui se réunit aujourd'hui, faire autre chose qu’invalider cette sanction administrative. Qu’importe, le mal est déjà un peu fait. Faut-il en vouloir à Frank Schneider ? Non. A-t-on le droit d’être un peu triste ? Oui.


Edinson Cavani avait de quoi être heureux après avoir transformé son penalty face à Mathieu Michel à la 66e minute. Ce but du break était accessoirement son 100e sous les couleurs du PSG. Ça se fête et une pulsion d’exhibitionnisme devant les 40 597 spectateurs du Parc des Princes pouvait même se comprendre. Sauf qu’aucune envie de se mettre tout nu par plaisir n’a habité l’Uruguayen. Catherine Laborde pourrait le confirmer : hier soir, sur Paris, le thermomètre indiquait 1 degré Celsius au moment où le PSG a largué Angers. Et tout joyeux qu’il était, El Matador est beaucoup trop professionnel pour risquer un gros rhume en s’effeuillant gratuitement. L’avant-centre du Paris Saint-Germain a simplement agi pour que tout le monde puisse bien voir le message inscrit au feutre vert sur son T-shirt blanc. Le caractère de ce message n’était ni politique, ni religieux, ni à ranger dans la catégorie du coucou au beau-frère présent quelque part dans la tribune. Edinson Cavani a voulu diffuser un message d’amour et de solidarité au club de Chapecoense, meurtri en début de semaine par un crash aérien. Voilà pourquoi le logo du club brésilien et le mot « Fuerza » se trimbalaient quelque part sur le torse du Sud-Américain. Le règlement, c’est le règlement. Soit. Mais le monde va-t-il beaucoup mieux depuis que M. Schneider a dégainé ce carton jaune ?

Par Matthieu Pécot
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