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Japhet N'Doram : « Nantes et l'ASM sont mes clubs de cœur »

Arrivé du Tchad, N'Doram a dynamité le championnat de France pendant presque dix ans, lors des heures de gloire de la bande à Coco Suaudeau, avant de rejoindre Monaco pour une dernière pige. Si le monde professionnel paraît loin dans le club où le Sorcier entraîne aujourd'hui, dans le vignoble nantais, il conserve un regard pertinent et offensif sur ses deux clubs de cœur.

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Pendant votre carrière de joueur professionnel, vous n'avez connu que deux clubs en France : Nantes et Monaco. Deux clubs que l'on peut rapprocher ou qui étaient très différents ?
Par le passé, il y a un point commun entre ces deux clubs assez évident. Ils étaient tous les deux animés par la volonté de jouer. Dans leur philosophie, ils proposaient un jeu assez similaire, offensif et plaisant. À mon époque notamment, Monaco et Nantes se distinguaient des autres grosses écuries par cette idée du football. Au niveau des structures, Monaco a toutefois toujours été un peu devant. Financièrement, l'ASM avait tout simplement plus de moyens et cela se ressentait dans le club.

Et au niveau de l'environnement, était-ce pareil de jouer pour Monaco ou Nantes ?
Là, c'était différent. Monaco est une petite ville. Cela se ressent au sein du club, avec beaucoup d'amitiés entre les membres. Tout le monde se connaît. Il y a un lien fort entre ceux qui y travaillent.

Aujourd'hui, les deux clubs sont remontés et se sont installés en Ligue 1, mais ils ne suivent pas vraiment la même progression et surtout, ils ne paraissent pas aussi comparables qu'à l'époque...
En matière d'ambition, c'est effectivement très différent. Une nouvelle fois, Monaco a un budget conséquent. Ils ont les moyens pour s'offrir de bons joueurs et jouer les premiers rôles. Nantes a acquis un peu de stabilité sur ces dernières années, mais ils sont encore loin de pouvoir concurrencer les meilleurs clubs du championnat.


Vous parliez de cette envie de jouer de l'avant. Depuis leur retour en Ligue 1, ce n'est pas ce qui distingue le plus ces équipes. Ces dernières années, Nantes a même la pire attaque...
Oui, aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Cet esprit... Les stats le montrent bien. On n'est plus du tout dans la même situation que celle que j'ai connue. Monaco a un jeu très défensif en ce moment. Nantes aussi... parce qu'ils n'ont pas les joueurs pour faire mieux. Ils n'arrivent plus à recruter des joueurs qui peuvent leur permettre d'avoir la présence offensive d'auparavant. La similitude que j'évoquais, en fait, on la retrouve maintenant à l'inverse.

Qu'est-ce qui explique cette différence ?
Pour Nantes, il s'agit essentiellement d'une conséquence de leurs difficultés financières. Ils n'arrivent plus à attirer les meilleurs, tant au niveau des professionnels que des jeunes joueurs. Malheureusement, ce ne sont plus eux qui sortent les meilleurs jeunes. La concurrence est très forte pour la formation. Même si le vivier autour de Nantes est important, qu'il y a beaucoup de jeunes joueurs talentueux dans les environs, cela ne suffit pas. En fait, la problématique n'est pas de sortir des professionnels, mais bien de sortir les meilleurs de leur génération. Nantes ne le fait plus. Pour Monaco, c'est différent sur ce plan-là, tant dans la formation que pour les jeunes qu'ils récupèrent en post-formation, car ils font du bon travail et si besoin, ils ont les moyens. Ils sont capables de mettre les millions pour attirer un joueur à la fin de sa formation.


Vous entraînez désormais à côté de Nantes le petit club de Haute-Goulaine (D3 de district). Essayez-vous de leur apprendre le jeu « à la nantaise » ?
Il ne faut surtout pas se leurrer. Pour jouer comme nous le faisions, il faut des joueurs de grande qualité. Si l'on n'a pas la technique pour, le jeu en première intention est très difficile. Les jeunes ici ne peuvent pas forcément jouer comme cela. Il est tout de même possible de leur apprendre à passer de la qualité individuelle à la qualité collective. C'est intéressant d'apprendre aux joueurs, surtout les plus jeunes, ce qui relève de l'intelligence de jeu, de mouvement et de courses. Pour la qualité technique, c'est quelque chose qu'il faut avoir dès le départ et développer ensuite, c'est différent.

Vous vous inspirez quand même de Coco Suaudeau ? Vous adaptez à l'entraînement des idées que vous avez pu observer à son contact ?
Comme tous ceux qui l'ont côtoyé, tous ceux qui l'ont eu comme entraîneur, oui, Coco est une inspiration. Nous retenons tous des méthodes qu'il pouvait employer, notamment pour faire exploser l'individuel dans le collectif. Il y a beaucoup à apprendre de la manière dont il travaillait, même si c'est difficile de demander pareil à des joueurs amateurs. Il avait des joueurs entièrement à sa disposition et qui se connaissaient parfaitement bien, ce n'est pas comparable.


Vous suivez plutôt le FC Nantes ou Monaco désormais ?
Je suis les deux. J'habite à Nantes, c'est mon club de cœur, donc évidemment que je regarde attentivement ce qu'ils font. Monaco est aussi mon club de cœur et mon fils y joue encore. Il a toujours été là-bas depuis qu'il a six ou sept ans. Il y a fait ses classes, sa formation... Il a suivi un cursus normal pour un footballeur et intègre de plus en plus régulièrement le groupe professionnel aujourd'hui. Évidemment que j'observe aussi ce qui se passe chez eux.

Et alors, qu'espérez-vous pour ces deux clubs ?
Je ne sais pas ce qu'ils vont devenir. Mon souhait pour l'avenir est de les voir réintégrer le haut niveau tous les deux. Pour Nantes, ça semble plus difficile... Mais à mon époque aussi, il y avait des moyens limités. Notre avantage était d'avoir de la qualité dans l'effectif. Ce qu'il faut, c'est provoquer de l’attirance. Je souhaite qu'ils y arrivent. Le plus important sur la saison à venir va être de marquer plus souvent. Quand on ne marque pas, on ne gagne pas.

Avec un entraîneur qui n'est pas du cru, de l'école nantaise, ce n'est pas un problème ?
Non, non. Il y a eu beaucoup d'entraîneurs venus de l'extérieur depuis dix ans, Élie Baup par exemple. Il ne faut pas penser que c'est un mal en soi. Il y a de bons entraîneurs qui ne sont pas issus de l'école nantaise. Quant à René Girard, on le connaît bien, on a vu ce qu'il pouvait faire dans le championnat de France. On espère tous qu'il va apporter quelque chose à ce club.


Vous serez au match ce samedi ?
Oui, je vais à la Beaujoire, comme un spectateur. J'essaye toujours d'être présent quand Monaco et Nantes se rencontrent ici. J'espère un beau match pour la première du FCN cette saison à domicile, même si je sais bien que ça ne sera pas forcément le cas. Monaco vient pour faire un résultat. J'ai vu leur match contre Valence. Ils ont beaucoup défendu, ils ont laissé le jeu aux adversaires. Ils savent le faire et devraient venir avec le même état d'esprit à Nantes. Ce sont deux équipes solides, le jeu sera sûrement très fermé. Pour autant, c'est aux Canaris de les pousser à faire des erreurs.

Propos recueillis par Côme Tessier
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Dans cet article

En 95 ils avaient une des meilleures équipes de la planète.

Je me fous des résultats. C'était du très bon football.

On parle souvent de contre attaque, eux savaient le jouer. Vraiment.
ZizouGabor Niveau : CFA
Note : 1
La saison 1982-83 du FC Nantes était un football de rêve aussi, très influencé par le Brésil 82 (et le Liverpool de Bob Paisley). C'est l'époque Halilhodzic, Baronchelli, José Touré, Ayache, Adonkor etc.
Au final, 10 points d'avance sur Bordeaux à une époque où les victoires étaient à 2 points, 77 buts et 24 victoires en 38 matchs, mieux qu'en 95 (71 buts et 21 victoires mais avec 1 seule défaite en championnat, contre 4 à la fin de la saison 82-83).
Bonobossis Niveau : DHR
Japhet, le seul footballeur que j'ai idolâtré, du jour où je l'ai vu à la Beaujoire...
Dans mes yeux de gamin, de le voir en vrai, si près, cette impression qu'il m'a laissé c'était un truc indicible.
Comme si le monde tournait autour de lui et qu'il en avait conscience...

(Sans déconner, un de mes souvenirs les plus vifs de cette époque, fou le truc.
La mémoire est trompeuse, elle embellit sans doute l'expérience réelle, mais ce qui me reste c'est cette fascination et cet état qu'on ressent sous l'emprise de substances illicites quand tu t'abstrais du contexte et que le temps semble n'avoir plus de prises sur les événements)

M'enfin.

Quand j'ai su qu'il s'en allait j'ai mis des semaines à le digérer, ça a marqué la fin d'un truc.

Fin de la séquence souvenirs & émotions.

(Suaudeau dira de lui qu'il était le cerveau et le vrai patron de son équipe, une autorité naturelle.
Avec son sourire et sa voix posée.)
Bonobossis Niveau : DHR
Message posté par ZizouGabor
La saison 1982-83 du FC Nantes était un football de rêve aussi, très influencé par le Brésil 82 (et le Liverpool de Bob Paisley). C'est l'époque Halilhodzic, Baronchelli, José Touré, Ayache, Adonkor etc.
Au final, 10 points d'avance sur Bordeaux à une époque où les victoires étaient à 2 points, 77 buts et 24 victoires en 38 matchs, mieux qu'en 95 (71 buts et 21 victoires mais avec 1 seule défaite en championnat, contre 4 à la fin de la saison 82-83).


L'influence Télê Santana, c'est vrai...

Ça serait intéressant de relever combien d'entraîneurs furent capables d'articuler des équipes si différentes dans leur expression avec ce niveau de maîtrise, d'une adaptation à l'environnement tellement pertinente tout en étant adossé aux principes inaliénables hérités d'Arribas.
Vahiruascz Niveau : DHR
Le meilleur de son époque, il a pas volé son surnom de Sorcier
Pour qui a eu la chance de voir jouer Nantes dans les années 80 ou 90 à leur sommet, on n'a pas vu mieux que ce club.

J'ai tellement espere voir Saudeau revenir tel un messie à Nantes, ou mieux en Edf après 2000.

N'Doram est un Monsieur, un vrai. Superbe joueur et chacune de ses interviews est un régal. Gloire à toi Japhet!
cul-terreux Niveau : DHR
C'est mieux d'habiter à Nantes ou à Rennes ? Désolé je pose ça là..
N'doram souvenir d'enfance, putain quel footballeur génial ,élégant balle au pied on en fait plus des comme ça sinon très rarement.
Message posté par cul-terreux
C'est mieux d'habiter à Nantes ou à Rennes ? Désolé je pose ça là..


c'est pas les pires villes en tous cas.

http://forum.hardware.fr/hfr/Discussion … 3682_1.htm


http://www.jeuxvideo.com/forums/1-51-40 … nantes.htm
japhet... le joueur africain physique et peu technique c etait pas lui...
l adjectif "soyeux" accolé à un joueur de football veut pas dire gran chose mais ça lui convenait parfaitement.
la classe, le sens du devoir collectif, l inventivité, un super joueur
Message posté par cul-terreux
C'est mieux d'habiter à Nantes ou à Rennes ? Désolé je pose ça là..


je vis plus en france depuis un moment mais j ai fait plein de chouilles à nantes, j y passe toujours et j ai bossé rue saint michel à nantes fin des 90´s et j y onnais toujours du monde
la dynamique est clairement en faveur de nantes, depuis la préfète facho qui avait fermé les bars à 1h rennes ça semble plus etre tant la chouille
arf, rue saint michel à rennes bien sûr, pas à nantes

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