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« Janot dans la lignée de Bell ou Coupet »

On a souvent dit de Jérémy Janot qu'il était trop petit. Mais le plus grand gardien de l'histoire de Saint-Etienne, Ivan Curkovic, ne fait que 6 centimètres de plus (1m79). Il était donc normal qu'au moment où Janot dispute son 384è match sous le maillot vert, soit un de plus que Curkovic, l'ancien portier serbe lui rende un hommage appuyé.

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Jérémy Janot vient d'égaler votre record : celui du plus grand nombre de matches disputés par un gardien sous le maillot de Saint-Etienne. Que ressentez-vous ?


Vous savez, les records sont faits pour êtres battu. Il a aussi un autre record. Il n'a pas encaissé de but pendant une période très longue (1534 minutes d'invincibilité à domicile entre novembre 2004 et septembre 2005, ndlr). Ça me rend très heureux pour lui.



Vous avez disputé de grandes compétitions avec Saint-Etienne. Lui, non. En ce sens, n'êtes-vous pas plus fort que lui ?


Ça c'est un peu différent. J'ai eu la chance de jouer dans une équipe qui a brillé. J'ai joué à Saint-Etienne de 72 à 81. C'était une équipe fantastique qui a gagné pas mal de championnats et de coupes. Elle est même arrivée en finale de la Ligue des Champions (en 1976, ndlr). Dans une équipe comme ça vous avez plus de chances d'avoir des succès. J'ai joué devant un stade plein et fait vibrer Saint-Etienne mais aussi la France entière. Mais je ne peux pas dire que j'étais plus fort que lui. Ce n'est pas comparable. Jérémy Janot est un très grand gardien, le digne successeur de la lignée des grands portiers de l'ASSE. Il est de la trempe de Bell, Bernard, Castaneda et Grégory Coupet. Il tient quelque chose qui est précieux. Je lui souhaite d'arriver aux 500 matches et de gagner des rencontres pour que Saint-Etienne soit européen cette saison. Mais je vais vous dire quelque chose. Avant d'arriver à Saint-Etienne j'ai eu une carrière bien remplie. J'ai joué 419 matches pour le Partizan et 120 pour le Velez Mostar. Alors vous voyez, j'ai joué plus de mille matches professionnels (922 en réalité, ndlr) ce qui est énorme.



Donc entre vous et Janot, qui, selon vous, a le plus marqué l'histoire du club ?


Mais c'est moi ! Je ne vais pas vous dire le contraire. Jérémy est au club depuis une quinzaine d'années. Moi je suis resté huit ans de 1972 à 1980. Après je suis resté deux ans de plus mais je n'ai pas joué. J'ai abandonné. Mais pendant cette période j'étais titulaire indiscutable. J'ai dû manquer quatre ou cinq matches seulement. Et surtout j'ai un palmarès très brillant dont je suis très fier.



Vous avez encore des contacts à Saint-Etienne ?


Oui. Je déjeune avec les joueurs dès que je passe en France. Je suis supporters du club et je suis avec beaucoup de passion les résultats de Saint-Etienne.



Pourquoi pas un retour dans le chaudron alors...


Ah non ! C'est fini. J'ai été président du Partizan pendant 18 ans. Ça a été d'actualité en 82. Mais quand on sait ce qu'il s'est passé là-bas... Mais déjà en 81 la fédération française de football m'a demandé d'être conseiller de Michel Hidalgo. J'ai même entrainé les gardiens de but de l'équipe de France lors de la Coupe du Monde 1982 à sa demande. Mais je savais très bien que je n'allais pas rester dans le football après ma carrière. Je voulais rendre au football tout ce qu'il m'avait donné. Pendant 18 ans je ne touchais rien en tant que président du Partizan et ce fut ma ligne de conduite. Et depuis 82 je n'ai pas touché un centime. C'est assez rare et original (rires).



Pour en revenir aux gardiens, en Serbie vous avez Vladimir Stojkovic qui n'a jamais fait forte impression en France. Qu'en pensez-vous ?


Moi je me pose vraiment des questions sur ce garçon. Pour moi c'est un mystère. Aujourd'hui il joue au Partizan et il est bon alors pourquoi n'y arrive-t-il pas en sélection ? Peut-être que même lui ne sait pas d'où vient son problème. Il doit être malheureux... Il y a un problème psychologique plutôt que physique. Mais il y a autre chose avec ce garçon. Au début de sa carrière il a joué à l'Etoile Rouge. Il a dû disputer une quarantaine de matches. Mais il a signé un contrat de fidélité au club auquel les supporters tiennent beaucoup. Il avait juré de ne pas quitter le club. Et il est revenu au Partizan, l'ennemi... de toujours ! À partir de ce moment là il est devenu la cible des supporters de l'Etoile Rouge, y compris en équipe nationale. Il a même été visé lors du scandale à Gênes lors d'Italie-Serbie. Je ne peux pas dire que c'est compréhensible mais voilà... Les supporters ont toujours raison.



Vous semblez nostalgique du football yougoslave des années 70 et 80...


Je ne suis pas quelqu'un de nostalgique ! Je vis avec des souvenirs. J'ai grandi dans un pays qui s'appelait la Yougoslavie qui avait beaucoup d'habitants et un championnat très fort. J'ai reçu une bonne éducation. Et tout est parti après, dans les années 90. Mais je n'abandonnerai jamais cet espace yougoslave, sportivement et culturellement. Le sport et la culture, ça m'appartient. J'ai joué à Zagreb, Skopje, Sarajevo... Ces endroits m'appartiennent.



Comment voyez-vous l'avenir du football serbe ?


Je suis optimiste ! D'abord, je suis vice-président de la fédération serbe de football. Nous sommes un petit pays mais il ne faut pas oublier que la Serbie est 16è au classement Fifa. Etre 16è c'est une performance. Il y a 207 fédérations. Ensuite, le 14 mai nous allons ouvrir un centre sportif de 12 hectares (à Stara Pazova, juste en dehors de Belgrade, ndlr). C'est énorme. Blatter et Platini vont venir. Puis on a une stabilité. Il n'y a pas de corruption, de résultat truqué, ou d'arbitre acheté. Nous avons un championnat qui marche et il y a de l'argent dans les caisses de la fédération.



Propos recueillis par Sylvain Michel

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