Jan Koller : « Certains journalistes s'intéressaient plus à ma femme qu'à moi »

Le plus grand joueur de l'histoire de la L1 n'est pas celui que vous croyez. Entre 1996 et 2011, le géant tchèque Jan Koller a promené sa carcasse à travers l'Europe, attrapant au passage des titres de champion, de meilleur buteur et surtout d'attaquant le plus gentil. Rencontre.

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Vous vous souvenez de la toute première fois que vous avez joué au foot ?
Quand j'étais enfant, j'habitais un petit village où le foot était le sport numéro 1 : j'y jouais avec tous les garçons du village… sauf avec mon frère, qui est six ans plus vieux que moi. Ce n'est que plus tard que j'ai pu jouer avec, à 17 ans.

Quel type d'enfance avez-vous eu ?
Nous étions une famille moyenne, mais la Tchéquie à l'époque, c'était le communisme, la vie était un peu difficile. Bon, nous les enfants, on ne sentait rien, on habitait un village dans lequel nos parents travaillaient, on était un peu en dehors de tout. Mais à côté de ça, je ne connaissais pas Coca-Cola ou les bananes.

Quand est-ce que le foot s'est « imposé » à vous ?
C'est arrivé aux alentours de mes 19 ans, quand je m'entraînais avec l'équipe du Sparta Prague.

C'est un rêve de se retrouver au Sparta Prague pour un jeune Tchèque ?
Pour moi, le Sparta est le plus grand club de Tchéquie. Mais depuis toujours, je suis un grand fan des ennemis : les Bohemians. Mon rêve, c'était d'être joueur de foot professionnel, mais pas au Sparta Prague. En revanche, je remercie encore le Sparta de m'avoir lancé !

Si vous n'aviez pas été footballeur, vous auriez fait quoi ?
Quand j'étais enfant, à l'école, j'adorais tout ce qui touchait à la mécanique. Ça m'aurait plu de travailler avec les voitures, mais là, c'est trop tard aujourd'hui.

Quand Lokeren vient vous chercher, en 1996, le Sparta sort d'une saison de merde, mais le club belge, lui, vient d'être promu en D1… Pourquoi allez-vous là-bas ?
Je n'étais pas bien au Sparta, je voulais quitter le club parce que j'avais beaucoup de problèmes avec les coéquipiers. Comme un joueur du Sparta avait déjà signé à Lokeren, mon manager m'a proposé un test de trois semaines sur place, donc j'ai tenté le coup.

« Manchester, ils nous ont peut-être manqué de respect »

Vous vous souvenez de vos premiers pas à Lokeren, dans ce nouveau monde ?
Au début, c'était difficile. C'était nouveau pour moi. Je ne jouais pas bien et je devais tout apprendre. Le plus difficile, c'était la langue. On a appris le néerlandais avec mon coéquipier du Sparta, mais tout est bien entendu oublié désormais.

En 1998, vous terminez meilleur buteur du championnat, avec toujours la même fête de but : les bras tendus en gueulant. Pourquoi ?
(rires) C'est automatique ça, il n'y a rien de spécial, de préparé…

À ce moment-là, le choix d'Anderlecht, c'est une évidence ou bien il y a eu d'autres offres ?
J'ai reçu des propositions d'Anderlecht et du Standard. J'ai trouvé que les dirigeants des Bruxellois étaient très sympathiques, alors que ceux du Standard étaient bizarres. En plus, Anderlecht est le meilleur club de Belgique et son entraîneur me voulait absolument.

C'est quoi votre meilleur souvenir avec Anderlecht ?
Les deux titres de champion de Belgique ! Puis, bien sûr, notre parcours en Ligue des champions en 2000-2001, quand on a battu le Real Madrid, la Lazio et Manchester United

Justement, lors de votre victoire contre Man U (2-1), vous n'avez pas eu l'impression que les Mancuniens vous prenaient de haut, avec notamment Barthez qui tentait sa chance de son rectangle ?
Peut-être… En même temps, au match aller, on avait pris 5-1. Au retour, en première mi-temps, on a très bien joué en inscrivant deux buts. Après, on a quand même été sous pression parce que Manchester était la meilleure équipe à l'époque. Mais oui, ils nous ont peut-être manqué de respect.

L'année 2000 est une année importante pour vous : champion de Belgique, Soulier d'or (Ballon d'or belge, ndlr), meilleur Tchèque. Mais un Euro un peu raté, qu'est-ce qui n'a pas été ?
Après mon Soulier d'or, ça a été bizarre, difficile pour moi. Il y a eu beaucoup de pression, tout le monde parlait de moi, les télévisions, la publicité… ce n'était pas bon pour le foot. Je n'aime pas trop qu'on me voit à la télévision, et je n'étais pas prêt pour ça. En plus, j'étais irrité par certains journalistes qui s'intéressaient plus à ma femme qu'à moi : tout le monde voulait la photo de nous deux, c'était vraiment difficile.

En revanche, sur le terrain, on a toujours eu l'impression que vous étiez un joueur calme, détendu. Vous provoquiez quand même les défenseurs ?
Oui oui ! De temps en temps, j'étais très nerveux sur le terrain. Bon, je ne me souviens pas d'avoir crié en tchèque sur un défenseur adverse, mais c'était contre les grandes équipes que ça arrivait le plus. Contre le Standard, c'était avec Daniel Van Buyten, que j'ai affronté aussi en Bundesliga ! C'était vraiment des combats, je recevais des coups, mais moi aussi j'en donnais évidemment.

« Contre un Philipp Lahm ou cette catégorie de joueurs, l'arbitre sifflait tout le temps au moindre duel contre moi »

En 2001, vous signez à Dortmund, où il y a plus de supporters derrière le but que dans tout le stade d'Anderlecht… Ça a dû être la folie ?
Là-bas, je me suis dit : « Maintenant, c'est vraiment le top du football ! » On jouait devant 80 000 personnes contre de bons adversaires, c'était vraiment du beau football.

Vous vous souvenez d'avoir fait rire tout le monde en enfilant les gants quand Lehmann s'est fait exclure contre le Bayern Munich
(Rires) Ouais, je me souviens, il restait 20 minutes quand il a été mis dehors et on devait en plus jouer à 9 contre 11. Quand j'avais cinq-six ans, j'étais gardien de but et j'aimais aussi aller dans les cages aux entraînements, donc c'était normal que j'y aille. Et je l'ai d'ailleurs demandé à l'entraîneur.

Vous voilà avec des talents de gardien… Et finalement dans le jeu, c'est quoi votre atout : votre tête ou vos pieds ?
(Rires) Je ne sais pas, la moitié, allez ! Mais jouer avec ma taille était parfois difficile : quand tu es opposé à Philipp Lahm ou cette catégorie de joueurs, l'arbitre va tout le temps siffler contre moi au moindre duel.

Après quelques superbes saisons, vous quittez Dortmund pour Monaco, pourquoi ?
Après cinq ans à Dortmund, il y a eu beaucoup de problèmes financiers pour les joueurs, et je cherchais un club en fonction de ce qui était le mieux pour ma famille. Depuis, Monaco est devenu notre maison.

Avec le recul, la superbe génération tchèque est quand même un beau gâchis, non ?
L'équipe nationale, c'est peut-être mon meilleur souvenir : jouer avec Nedvěd, Poborský, Šmicer, Rosický, Baroš… était formidable. Mais oui, je suis triste qu'on n'ait rien gagné, surtout la Coupe d'Europe 2004. On jouait vraiment bien, donc quelle frustration de perdre contre la Grèce et sa tactique si défensive en prolongation.

Après des derniers passages à Nuremberg, Samara et Cannes, vous stoppez votre carrière en 2011 avant de vous lancer dans le beach soccer, pourquoi ?
J'ai essayé une fois à Saint-Tropez, c'était sympa et j'ai rapidement reçu une proposition de contrat des Bohemians Prague, mes favoris. Jusqu'à maintenant, on a deux titres de Tchéquie à notre palmarès, j'aime beaucoup même si c'est fatigant de jouer dans le sable, surtout pour un grand comme moi.

Toujours en activité à 41 ans et avec le même surnom, Dino, qui vous a suivi durant toute votre carrière. Quelle est son origine ?
Quand je jouais au Sparta Prague, il y avait Jurassic Park de Steven Spielberg au cinéma. Bon ben, les dinosaures, c'est grand… donc on m'a appelé comme ça et ça m'est resté.


Par Émilien Hofman
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ChristianRonald Niveau : District
Putain nostalgie ! Cette équipe de Tchéquie avait vraiment de la gueule en 2004, avec un Baros en feu. Vraiment dommage qu'ils soient pas allés au bout ça aurait été plus mérité que les grecs et leur bus. Interview un peu court mais ça a l'air d'être un bon gars
j'y suis giresse Niveau : Ligue 1
10 ans après, j'ai toujours cette demi contre la Grèce en travers de la gorge. Cette génération tchèque de malade mental avec Nedved qui rate la finale de champion's en 2003 et la demi de l'Euro en 2004.

Et tout ce qu'on retiendra de cet Euro, c'est Zagorakis pfff
derIngenieur Niveau : CFA
Note : 5
« Certains journalistes s'intéressaient plus à ma femme qu'à moi »

Eh ben il a jamais entendu parler des commentateurs sur sofoot le pauvre !

Sinon impressionant Kohler, il prenait vraiment tout de la tête !
Pour info, les Bohemians, c'est un club de quartier de Prague qui joue -quand il est dans l'elite- le maintien, c'est vraiment pas une grosse equipe mais de fervants supporteurs, qui d'ailleurs ont une tres bonne relation avec ceux de st paulki (je crois que je l'ai mal ecris).

En revanche, les Bohemians, je vais voir leur match de temps en temps, et franchement, j'y vais plus pour les bieres pas cheres plutot que pour le niveau de foot -qui est franchement a pleurer-
Ils ont un colombien qui s'appelle ... John Musqulera ou quelque chose comme ca, une petite pepite. A chaque fois que je le vois gambader je me demande "mais comment tu t'es retrouvé ici mon pote??"

Bref ca me fais tripper de voir ca sur sofoot.

Et bien sur, big up aux celebrations de Jan Koller. :)
valeureux liégeois 74 Niveau : National
Mec unanimement apprécié en Belgique en tt cas, mm par les supps adverses. Son association avec Radzinski faisait du dégât. Et sa technique était loin d'être dégueu vu sa taille (il savait combiner ds les petits espaces, mm si sa qualité principale restait son physique hors norme). Sinon, moi aussi j'étais fort déçu de l'élimination des Tchèques en 2004, ça envoyait du jeu à mort. Dommage cette fin de carrière moisie, entre la relégation avec Nuremberg & un exil pourrave à Samara.
Note : 1
Message posté par jibz99
Pour info, les Bohemians, c'est un club de quartier de Prague qui joue -quand il est dans l'elite- le maintien, c'est vraiment pas une grosse equipe mais de fervants supporteurs, qui d'ailleurs ont une tres bonne relation avec ceux de st paulki (je crois que je l'ai mal ecris).

En revanche, les Bohemians, je vais voir leur match de temps en temps, et franchement, j'y vais plus pour les bieres pas cheres plutot que pour le niveau de foot -qui est franchement a pleurer-
Ils ont un colombien qui s'appelle ... John Musqulera ou quelque chose comme ca, une petite pepite. A chaque fois que je le vois gambader je me demande "mais comment tu t'es retrouvé ici mon pote??"

Bref ca me fais tripper de voir ca sur sofoot.

Et bien sur, big up aux celebrations de Jan Koller. :)


Je dois résister à l'idée de commencer une partie FM avec eux parce que je dois bosser, stop... Envie qui m'avait prise avec cet article d'ailleurs http://www.cahiersdufootball.net/articl … -liga-4999
Note : 1
Message posté par ChristianRonald
Putain nostalgie ! Cette équipe de Tchéquie avait vraiment de la gueule en 2004, avec un Baros en feu. Vraiment dommage qu'ils soient pas allés au bout ça aurait été plus mérité que les grecs et leur bus. Interview un peu court mais ça a l'air d'être un bon gars


Ah oui leur équipe était énorme et ils se font sortir sur un but sur corner dans le temps additionnel de la 1ère mi-temps des prolongations ! Saleté de but en argent !
leopold-saroyan Niveau : Ligue 1
Note : 2
J'avais lu aussi qu'il s'était beaucoup investi avec les jeunes lorsqu'il jouait à Cannes. Tout en discrétion..la classe, la vraie.

Il est associé pour moi à un des plus beau but inscrit lors d'un Euro : quart de finale contre les hollandais, centre de Nedved, remise de la poitrine pour Baros et ce dernier envoie une reprise de volée magistrale dans la lucarne de Van der sar...magique !
@Peewow, super cool l'article ! Ca a vraiment été le zbeul pendant les rénovations et l'histoire avec le Slavia, ca a gueulé et pas qu'un peu!!

Sinon, je ne comprends pas ce qui te retiens de faire une partie FM avec un club de milieu de tableau de D1 tchèque....

:)
Message posté par jibz99
@Peewow, super cool l'article ! Ca a vraiment été le zbeul pendant les rénovations et l'histoire avec le Slavia, ca a gueulé et pas qu'un peu!!

Sinon, je ne comprends pas ce qui te retiens de faire une partie FM avec un club de milieu de tableau de D1 tchèque....

:)


Moi ce qui me gave c'est qu'il y'ait plus la gambrinus liga dans Fifa 15 :(
Belle itw.

Comme les autres : grosse deception que les Tchèques ne remportent pas l'Euro 2004.

En poules déjà ils avaient fait grosse impression avec un victoire 3-2 contre les PB, après avoir été menés 2-0. Le slalom de Barros qui sert Koller ou le but du 2-2 centre de Nedved, remise de la tete de Koller dos au but et but de Barros sont magnifiques. Il y a ensuite la victoire 3-0 sur les Allemands en alignant les remplaçants.

@j'y suis giresse : Pavel joue bien la 1/2 contre les Grecs mais ces bouchers l'ont blessés et il n'a pu finir le match.

C'est vrai que entre 2003 et 2004 avec une C1 et un Euro il aurait pu se faire un palmarès solide...
Ce mec manque énormément à la Bundesliga.

Je croyais qu'il avait passé plus de temps que ça à Dortmund mais bon je l'associe automatiquement avec l'équipe de 2004 et leur maillot affreux - question de gout mais celui la et celui actuel en Buli, c'est vraiment pas possible - avec les Warmuz, Evanilson et autres Ewerthon.

C'était une époque ou sportivement, le BVB faisait vraiment n'importe quoi (une finale de C3 quand meme il me semble ?), dommage pour lui ...
Cette demie ils ne peuvent que s'en prendre qu'à eux même, vue les occasions qu'ils ont eu.
j'y suis giresse Niveau : Ligue 1
Message posté par midgar


@j'y suis giresse : Pavel joue bien la 1/2 contre les Grecs mais ces bouchers l'ont blessés et il n'a pu finir le match.

C'est vrai que entre 2003 et 2004 avec une C1 et un Euro il aurait pu se faire un palmarès solide...


Ah oui, c'est vrai autant pour moi. Mais quelle équipe p*tain... Je me souviens, j'annonçais à tout le monde qu'ils allaient gagner l'Euro et tout le monde se foutait de moi, j'étais complètement fou de cette équipe.

N'empêche que Nedved a un titre de plus: il est meilleur sosie de Lorent Deutsh que Clément Chantome
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