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  2. // Quevilly/Marseille (3-2)

« J'ai pas pu fermer l'oeil avant 5 heures du mat' »

Il est le capitaine de l’équipe qui a officialisé la crise à l’Olympique de Marseille. Gregory Beaugrard, du haut de son mètre 90, revient sur tout ce qui s’est passé à Quevilly entre le coup d’envoi d’hier soir, et les interviews qu’il doit accorder cet après-midi. Avec un petit détour par Montauban, au passage.

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Greg, c’est le moment de rentrer sur le terrain, à quoi tu penses ?
Je me dis que j’ai une chance énorme de pouvoir être acteur de ce match, que tout le monde va me regarder, ma famille compris. Quitte à perdre, je me dis que je dois rien regretter et tout donner.

Première action pour vous, et... but.
Ah là je me dis, s’ils veulent nous battre, il faut qu’il nous marque deux buts maintenant. Donc en tant que défenseur, ça détend un peu, on se dit qu’on doit se concentrer juste à bien défendre notre cage. On a réussi à tenir jusqu‘à la 84ème…

A la 65ème, tu vois Rémy rentrer, qu’est-ce que tu te dis ?
Bah déjà, premier coup au moral quand je vois André Ayew sur le terrain au retour des vestiaires, je me dis: « Merde » . Puis alors, Loïc Remy... A ce moment-là on se dit: « Ils ont plus envie de rigoler. C’est plus le niveau Ligue 1, c’est le niveau Ligue des Champions » , et qu’il va falloir être deux ou trois pour le prendre. Mais bon, tu vois, même avec ça il nous plante deux buts.

Dans les dernières minutes du jeu, vous craquez donc, et en plus tu prends un carton. C’est la crise là, non ?
Ouais, Loïc Rémy me marche un petit peu dessus, moi j’ai un réflexe bête, je lui mets un coup de pied, bon. J’étais un peu cramé, fatigué, énervé. Mais après j’ai parlé avec lui, et comme toute l’équipe de Marseille hier, il a été d’une grande classe. Pour la prolongation, je me dis pas vraiment qu’on a laissé passer notre chance, mais au contraire qu’on est toujours vivants contre une équipe qui joue les quarts de la C1.

Comment tu vis cette minute folle de la 112ème où vous prenez l’avantage avant de vous faire rejoindre au score en moins de 60 secondes ?
John (Ayina, NDLR) nous met à 2-1, mais nous les défenseurs, on va même pas le féliciter parce qu’on était déjà crevés, et on avait les jambes trop lourdes pour courir jusqu’à l’autre bout du terrain. A peine le jeu reprend que les supporters marseillais balancent une bombe agricole, ça m’a marqué. Après sur le 2-2 de Rémy, si l’action se passe à la 50ème, on le prend jamais. Alex (Vardin) l’aurait pris de la tête sans problème. Même moi sur la remise, si ça se passe à l’heure de jeu, je pense que j’arrive à l’avoir. Mais bon après le 3-2, c’est la libération, l’explosion. Je sais pas ce que ça rendait à la télé, mais sur le terrain, on entendait même plus l’arbitre siffler à certains moments.

Et après le match, on se dit quoi dans les vestiaires ?
Dans ces moments-là, ce qui est malheureux, c’est qu’on n’arrive pas à se retrouver entre nous les joueurs. Y’en a un au salon mixte, l’autre avec les supporters, l’autre avec sa famille. On a quand même réussi à se féliciter, c’était l’important. Mais ça restera mon seul petit regret d’hier. Au final, j’ai retrouvé mon frère et ma petite amie après le match, on est rentrés sur les coups de 2h du matin, mais je n’ai pas réussi à trouver le sommeil avant 5h du matin. J’avais le bruit des tribunes dans la tête, et j’ai commencé à lire ce qu’on disait de nous sur Internet.

En fait, vous ne lui en voulez pas un peu plus que la moyenne au tueur en série de Montauban. Il vous vole la vedette aujourd’hui.
Non, bien sûr je lui en veux autant que le reste de la France pour ce qu’il a fait. En plus je sais que ça a affecté quelqu’un de notre équipe, Adbel Ouahbi, qui était de la région et très proche du premier militaire assassiné (Imad Ibn Ziaten, NDLR). Pour revenir au sport, nous, on a jamais eu envie d’être des vedettes. Quevilly – Marseille, c’est qu’un match de foot, et c’est normal que ça passe en second plan dans les infos.

Les gens de Quevilly vous demandent d’aller au bout cette fois ?
Ce qui m’a surpris déjà c’est que quand on a rencontré les supporters avant la rencontre, ils y croyaient à 200%. Ils veulent monter au Stade de France, pour faire la fête, et c’est normal. Mais ils sont tranquilles. Aujourd’hui je prenais un café en terrasse avec Joris (Colinet), et ils sont restés très courtois. Nous on a déjà foulé la pelouse avant la finale de 2010, la fédé nous avait invités à assister au match. Mais en y repensant, j’aurais préféré le regarder à la maison le match. Là c’était trop frustrant. Donc notre seule obsession quand on rentrera sur le terrain pour les demies, ça sera de gagner.

Sinon, le weekend prochain c’est Rouen...
Ouais, le derby ! On va rester dans la ferveur populaire, je pense. J’ose espérer qu’on réussira à se mobiliser pour ce match. C’est pas le top en championnat en ce moment. Même si ça doit être plus moche que contre Marseille au niveau du jeu, il faut qu’on prenne les 3 points.

Juste comme ça, on fait quoi un lendemain soir de qualif contre l’OM ?
Bah là, je vais enchainer avec d’autres interviews, ça va continuer comme ça toute la soirée. C’est chiant, je devais monter au Parc des Princes pour voir PSG-Lyon, mais je crois que je vais devoir le regarder à la télé.


Propos recueillis par Walter Laouadi
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