« J'ai gagné la Gambardella avec Gourcuff »

Arthur Sorin, c'est un mec qui, à l'instar de Pascal Chimbonda, a un jour été élu meilleur arrière droit de son championnat. Sauf qu'au lieu de l'Angleterre, le tourbillon de la vie a conduit le natif de Laval vers des pays où l'on met des accents circonflexes sur les « a » et les « o » . A 24 ans, le Breton joue depuis le début de saison sous les couleurs de l'AGF Aarhus, un club qui ambitionne de s'installer durablement en Superleagen, la L1 danoise. Témoignage d'un homme du Nord.

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Peux-tu nous donner un peu plus de détails sur ta jeune carrière de footballeur ? Du centre de formation de Rennes au championnat danois, c'est pas franchement un parcours commun.


C'est vrai que c'est un peu atypique et tumultueux. Après avoir achevé ma formation à Rennes, j'ai signé dans la foulée un contrat chez les professionnels. Pourtant pendant deux ans, je n'ai joué qu'avec l'équipe B au niveau CFA. J'ai finalement choisi de partir à l'étranger lorsque j'ai compris que je ne percerais pas avec l'équipe première. Je me suis donc engagé auprès du club suédois du Kalmar FF. Tout s'est très bien passé, nous avons même remporté la coupe et le championnat lors de ma première année. Mes bonnes performances m'ont permis de me faire remarquer et j'ai signé à l'AGF Aarhus au Danemark.

Un club qui t'a acheté pour te prêter dans la foulée de ton arrivée. Pourquoi ?


Oui... A Aarhus, le coach qui me voulait s'est fait virer très rapidement. Comme le courant ne passait pas trop avec le nouveau boss, le club a décidé de me prêter un an avec option d'achat à Sedan en L2. Mais bon là bas non plus, les choses ne se sont pas super bien passées car j'ai été blessé une bonne partie de la saison.

Tu n'as donc jamais joué en L1 ?


Non, pas pour l'instant. En restant à Sedan, j'aurais peut-être eu l'occasion de me faire remarquer en France mais avec le recul je ne regrette d'être pas retourné au Danemark. L'entraîneur n'est plus le même maintenant et je m'épanouis là-bas.

Qu'est ce qu'il t'a manqué pour réussir à Rennes ou à Sedan ?


Dur à dire. Un peu de tout je dirais. Surtout à Rennes où je faisais partie d'une génération très talentueuse qui a gagné la Coupe Gambardella en 2003. Dans cette équipe, il y avait beaucoup de très bons joueurs qui sont devenus professionnels par la suite : Gourcuff, Faty, Briand, Bourillon. Du solide.

Kalmar en Suède, Arhus au Danemark, il se passe quelque chose chez toi avec les pays nordiques ?


Je ne dirais pas ça comme cela. La Suède, c'est plus une opportunité que j'ai eue qu'autre chose. A l'époque où je jouais au Stade Rennais, Erik Edman (défenseur international suédois) faisait partie de l'effectif de l'équipe première. C'est lui qui m'a recommandé auprès du directeur sportif de Kalmar. Les dirigeants sont venus me voir jouer une fois avec la CFA de Rennes, j'ai fait un essai de quelques jours là-bas et c'était parti pour l'aventure.

Il y a une différence de niveau entre les championnats danois et suédois ?


Oui le championnat danois est bien plus relevé. Ici, il y a trois, quatre grosses équipes, des clubs comme Brondby ou le FC Copenhague pourraient largement jouer le haut du tableau en L1. En Suède, ce n'est pas franchement le cas.

Et ton club actuel, l'AGF Aarhus, tu le situe où ?


Je dois dire que l'on a quand même pas mal de bons joueurs, avec trois gars qui ont joué la dernière Coupe du Monde, deux avec le Danemark et un avec les États-Unis. Après le niveau n'est pas exceptionnel non plus car cette année nous ne jouons qu'en deuxième division. Les gars ont trouvé le moyen de descendre durant l'année que j'ai passée à Sedan (rires). Bon aujourd'hui, on est largement premiers du championnat à cinq journées de la fin, donc ça devrait le faire pour l'année prochaine.

Sinon, la vie là-bas, tu t'y plais ?


Le Danemark c'est sûr que c'est un endroit où il fait bon vivre. Les gens sont plus droits, plus respectueux qu'en France. Il y a juste l'hiver qui est un peu rude.

Ils sont pas un peu pénibles ces Nordiques avec toutes leurs directives écologiques ?


Non pas plus que ça. C'est vrai qu'ils sont à fond là-dessus mais après, dans la vie au quotidien, c'est pas trop contraignant.

Et la langue ? Pas trop dur de se mettre au danois ?


Je ne parle pas du tout cette langue. J'ai dû me mettre à l'anglais quand je suis arrivé en Suède. Ça me sert ici aussi car tout le monde parle anglais.

Ton petit frère joue également au foot. Il est plus fort que toi ?


Oui, il a 18 ans et joue pour les U19 du Stade Rennais. Il a même fait quelques matchs en CFA et avec les équipes de France jeunes. Il est doué c'est certain, mais après, pas facile de dire qui est le plus fort de nous deux puisque l'on ne joue pas au même poste.

Une famille de footballeurs donc, puisque ton père lui aussi a joué chez les professionnels.


Mon père a été pro pendant une quinzaine d'années. Il a fait l'essentiel de sa carrière en Bretagne. Aujourd'hui, il suit encore ma carrière de près et me donne des petits conseils de temps en temps.

Pour compléter le tableau, un lien de parenté avec Olivier Sorin, le goal de l'AJA ?


Non aucun (rires).

Dernière question, as-tu des envies de retour en France ?


Ça dépendra des propositions que je recevrai mais pour l'instant je me sens bien ici et dans ce club. J'ai envie de découvrir la première division danoise et je ne fais pas d'un retour en France un objectif à tout prix.

Propos recueillis par Thomas Lecomte

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"Ils sont pas un peu pénibles ces Nordiques avec toutes leurs directives écologiques ?"

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