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  2. // Didier Deschamps

« J'ai avalé des couleuvres et quelques boas »

Le capitaine de la Champions 93 ramène le titre de champion à Marseille. En conférence de presse, Didier Deschamps a du mal à se lâcher mais savoure sa joie après une année terrible. Quand RLD a cassé sa pipe en juillet, qui aurait parié sur un feu d'artifices dix mois plus tard ?

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Que ressentez-vous ?


Évidemment une énorme satisfaction même si je suis encore un peu dans la retenue. Ce n'est pas évident de se lâcher, c'est plus naturel pour les joueurs. Le mérite de ce titre revient avant tout aux joueurs, ce sont eux les acteurs. Nous avons vécu une aventure humaine extraordinaire même si tout n'a pas été facile. Au bout, c'est une belle victoire pour tout le club, les salariés, les dirigeants, les membres du staff technique et médical et les joueurs sans qui l'entraîneur n'existe pas. Il n'était pas évident d'être sacré à deux journées de la fin mais c'est le résultat de neuf mois de boulot. Merci à tous (les journalistes) de m'avoir bien critiqué au moment où c'était compliqué, je suis d'autant plus fier d'être là et d'avoir pu donner du plaisir à ce stade en ébullition et à ces gens qui n'avaient encore jamais vu l'OM gagner des trophées. Je vais vraiment apprécier avec mes amis et ma famille qui m'ont supporté toute l'année et je vous assure que ça n'a pas été facile.

Lâchez-vous maintenant !


Mais je ne vais pas me mettre à danser sur la table, je suis mauvais danseur. Je suis toujours dans la retenue car il est difficile de prendre du recul sitôt après le match. C'est une joie différente de celle d'un joueur, un peu plus contenue. J'ai tellement de pensées pour tout le monde. Réussir le doublé championnat-Coupe de la Ligue couronne une année vraiment exceptionnelle.

Après 93, vous entrez un peu plus dans l'histoire de l'OM.


C'est l'un des aspects qui m'ont fait accepter ce challenge. Marseille a été très important dans ma carrière de joueur. Je dis toujours que l'affectif ne doit pas rentrer en compte dans une décision professionnelle mais j'ai pris une décision affective lorsque j'ai décidé de prendre l'équipe il y a un an. Comme je l'avais fait en partant entraîner la Juve en Serie B. Voilà, c'est un renvoi d'ascenseur. Je savais que la saison serait excitante et difficile mais j'ai fait le bon choix, les gens qui m'ont conseillé aussi.

Rennes a failli gâcher la fête ?


On a eu le petit bras au moment de conclure. A la mi-temps, j'ai dit : « Stop, perdons ce match si l'on doit le perdre mais on sera toujours dans la meilleure position » . Il ne fallait pas avoir de regrets. J'ai encouragé les joueurs à se lâcher malgré le temps exécrable. C'est bien quand je suis revenu, on m'a dit : « Tu verras, il ne pleut jamais ici ! » . Tu parles, il a plu toute l'année.

Vous avez douté cette saison ?


Jamais. J'ai toujours cru dans le potentiel de cette équipe et dans le choix des joueurs et des hommes. Nous avons fait une bonne première moitié de saison à part ce match contre Auxerre qui plombe un peu tout. Du coup, j'ai passé l'un des pires Noël de ma vie. Après, il y a un match charnière, c'est l'élimination contre Benfica en Europa League qui nous permet sûrement d'être champions de France aujourd'hui. Trois jours après, on bat Lyon avec un peu plus de confiance. Le calendrier était ainsi fait qu'on s'est longtemps caché derrière nos deux matches en retard. Et puis nous avons fait la différence sur ces cinq matches en quatorze jours pour ne plus lâcher le leadership.

Vous avez gagné la Ligue des Champions comme joueur. Et maintenant comme entraîneur ?


Il faut être réaliste. J'ai dit qu'il serait important pour l'OM de redorer son blason sur la scène internationale mais ça veut dire sortir des poules. Pour avoir de l'ambition, il faut avoir des moyens et pour l'instant, je ne sais pas ceux que j'aurai.

C'est le plus beau moment de votre carrière d'entraîneur ?


Je ne vais pas me la raconter, enfin si, un peu quand même : j'ai été champion de Serie B, j'ai remporté deux Coupes de la Ligue et maintenant le titre de champion et disputé une finale de Ligue des Champions. Donc oui, c'est l'un des plus grands moments car un championnat dure de longs mois et c'est une récompense longue à venir.

L'environnement marseillais n'est pas si terrible finalement.


Je suis vacciné sur tout ce qui s'écrit sauf quand ça touche les joueurs. En début de semaine, un article a listé les partants certains, les possibles, etc... Dans la journée, des joueurs m'ont envoyé des texto inquiet. « Coach, info ? Intox ? » . Les articles influent sur les joueurs qui lisent et écoutent ce qui se dit. Cette année, j'ai avalé beaucoup de couleuvres et même quelques boas mais tu es obligé de composer.

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