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Iván le très vieux Terrible

Sa signature a surpris tout le monde : Iván Alonso, buteur uruguayen de bientôt 37 ans, a rejoint River Plate lors du mercato d’hiver. Un joueur qui a failli mettre un terme à sa carrière pour des problèmes cardiaques.

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« Mes proches m’ont demandé de me retirer. Il y a quelques années, un coéquipier et ami est décédé dans mes bras. Cela me rappelle des mauvais souvenirs. » En 2012, Iván Alonso, joueur du Deportivo Toluca, annonce la fin de sa carrière. La raison ? Un trouble du rythme cardiaque lui a été signalé par le staff médical du club mexicain. Après ce diagnostic, les médecins lui déconseillent fortement la pratique du football en altitude (Toluca étant situé à plus de 2600 mètres au-dessus du niveau de la mer, ndlr). Lui décide de tout plaquer et de ranger définitivement les crampons. Et se justifie, en évoquant la mort de Dani Jarque. Trois ans plus tôt, Alonso est le premier à se diriger vers la chambre de son ami, défenseur de l’Espanyol Barcelone, victime d'une crise cardiaque. La suite tragique est connue. « Dani Jarque était un ami, une superbe personne. Je ne veux pas prendre de risque. J’ai une femme et deux enfants et je leur ai promis de suivre les recommandations des médecins » , affirme le buteur uruguayen lors d’une conférence de presse. Mais six mois plus tard, de nouveaux examens médicaux réalisés aux États-Unis vont tout changer.

Conflit avec Toluca, vengeance avec Nacional


Nous sommes en janvier 2013, et Iván Alonso, toujours sous contrat avec Toluca, décide de quitter le Mexique pour sa terre natale. Sur ESPN, Fernando Corona, président du club, explique la situation : « D’abord, il faut savoir qui a réalisé ces examens. Je lui ai demandé il y a quelques mois, et il m’a répondu que c’était privé, qu’il ne pouvait pas me les montrer. » L’attaquant uruguayen fait alors tout pour rejoindre Nacional de Montevideo et rompre son contrat avec Toluca. « Si je ne peux pas jouer à Toluca, je ne jouerais pas pour une autre équipe au Mexique. Je resterai loyal envers le club, mais si je peux aller jouer dans un autre pays, je le ferai » , se justifie-t-il, également sur ESPN. Deux fois meilleur buteur du championnat mexicain avec les Diablos, Alonso s’en ira donc par la petite porte. Avec l’aide de la FIFA et après un long conflit avec les dirigeants mexicains. Fernando Ramos, directeur juridique du club, résume, pour la presse locale : « Il a présenté une réclamation devant la FIFA. Nous avons rapidement répondu, affirmant qu’il devait d’abord passer par la Fédération mexicaine de football. Il y a un litige entre le club et Alonso au sujet de son contrat, qui nous empêche de conclure son transfert au Nacional. Ce problème doit être résolu et je suis certain qu’il le sera en notre faveur. » Mais un mois plus tard, la FIFA autorise la signature d’Alonso au Nacional. Pendant qu’Iván le Terrible fait ses débuts sous ses nouvelles couleurs (en Copa Libertadores, contre Barcelona de Guayaquil), la direction de Toluca laisse entendre qu’il aurait inventé ces problèmes cardiaques pour revenir en Uruguay. Le destin lui offrira une revanche particulière. Le 20 février 2013, Nacional affronte le Deportivo Toluca, dans la plus prestigieuse des compétitions sud-américaines. Alonso se paie le luxe de marquer le but du 3 à 2, devant son ancien public.

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Au retour, les Uruguayens fracassent Toluca, 4 à 0, avec un nouveau but d’Alonso. Une petite vengeance.

Déjà un record à River Plate


Sous le maillot du Nacional, Alonso va vivre l’une des meilleures périodes de sa carrière. Si la première saison n’est pas la plus prolifique, le buteur uruguayen se balade lors de la suivante : quinze buts en championnat, puis vingt-trois pions pour l’exercice suivant. Un buteur intraitable, et ce, malgré un âge avancé. Álvaro Gutiérrez, entraîneur de Nacional entre 2014 et 2015, se souvient d'un joueur décisif : « Chaque saison, il plantait. C'était souvent lui qui nous sauvait dans des matchs compliqués. C'est le meilleur joueur que j'ai entraîné au Nacional, sans aucun doute. » Et livre le secret de sa longévité : « Il est intelligent, il a appris de ses erreurs. Quand il est arrivé au club, il n'a pas parlé de ses problèmes avec Toluca, il a mis cela de côté pour commencer une nouvelle étape. Il s'est amélioré dans la lecture du jeu, dans la prise de décision. Il a vraiment su faire évoluer son jeu avec le temps. Il va vraiment manquer au club. » Après quatre saisons au Nacional (56 buts en 87 matchs tout de même), Alonso reçoit un appel de Marcelo Gallardo, entraîneur de River Plate. « Il m’a dit qu’il voulait me recruter. J’ai demandé à parler aux dirigeants du club. On a discuté plus d’une heure. Je ne vais pas donner les détails, mais en sortant de là, je savais que mon étape avec Nacional touchait à sa fin » , explique-t-il lors d’une conférence de presse. Les négociations avec le club argentin aboutissent à un accord autour de 200 000 euros pour l’attaquant qui va bientôt fêter ses 37 ans.



Un transfert qui n’a pas plu aux supporters et aux dirigeants de Nacional. « Les gens disent que je vais à River pour l’argent, mais ils se trompent. On m’a traité de tous les noms, de traître, de mercenaire. Mais je rejoins River pour des raisons sportives » , avance le buteur pendant sa présentation en Argentine. Unique recrue du front de l’attaque du dernier vainqueur de la Libertadores, Alonso va maintenant devoir convaincre et faire oublier son statut de vétéran. Lors de sa première apparition contre Quilmes (il est devenu le joueur le plus vieux à jouer sous le maillot de River, ndlr), il a raté une énorme occasion que Lucas Alario, le titulaire indiscutable de la pointe de l’attaque des Millonarios, a gentiment poussée au fond des filets. Mais le cœur y était.



Par Ruben Curiel
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