Itinéraire d'un enfant pas gâté

Djibril Cissé est une énigme ambulante. Tour à tour adulé, starifié, pestiféré, hué, cassé, brisé, raillé, tiraillé, motivé, convoqué... l'attaquant du Panathinaïkos vient d'être sacré champion de Grèce tout en terminant meilleur buteur de la ligue. Suffisant pour squatter une place dans les 23 français pour l'Afrique du Sud ?

Modififié
0 1
Son corps parle pour lui. On y lit l'histoire d'un homme constamment remis en question(s). Un mec qui en a chié, pour être clair. Deux fractures de la jambe, des tatouages à ne plus savoir qu'en faire, des coupes de cheveux atypiques, un style déroutant et des potes hors-normes (Matt Pokora pour ne pas le nommer). Djibril Cissé n'a jamais rien fait comme les autres. Lorsqu'il débarque à Athènes l'été dernier, il reçoit un accueil de rock star. Ils sont des milliers à l'attendre sur le tarmac à sa descente d'avion. Le transfert le plus cher du championnat grec (8 millions d'euros) est attendu comme le descendant de Zeus. Le PAO (pour Panathinaïkos Athlitikos Omilos) veut retrouver sa place : la première. Il faut dire que l'Olympiakos truste les titres : treize depuis 1997. L'hégémonie est –enfin– brisée.

En s'imposant contre l'Iraklis (2-0, dont un but de Cissé), les hommes de Nikos Nioplias se sont adjugé le titre national. Un couronnement qui peut prendre des allures de doublé le 24 avril prochain en finale de la Coupe de Grèce contre l'Aris Salonique. Ce titre, Djibril Cissé y est pour beaucoup. D'une parce qu'il a dégainé à toute berzingue (23 buts), et de deux parce que le Français s'est refait une santé chez les Grecs. Son style de jeu, lui, n'a pas changé : cadrage–débordement– frappe en force. Mais les attaquants sont jugés sur leurs stats donc force est de constater que dans ce domaine, l'attaquant a fermé pas mal de bouches.

Le meilleur buteur français de l'année

Dire qu'il y a un an, ni Marseille, ni Sunderland (où il avait été prêté un an) ne voulaient de l'ancien Auxerrois... Trop encombrant, trop onéreux, trop chiant, trop râleur, trop maladroit, trop Cissé. Mais le bonhomme a une sacrée force mentale. Brisé deux fois par le destin (en 2004 et 2006), l'homme est toujours revenu en s'appuyant à chaque fois sur son meilleur atout : son mental. Le bonhomme est costaud. Hormis sa période auxerroise (90 biftecks en 170 matches), l'avant-centre n'a jamais fait l'unanimité. Liverpool, Marseille, Sunderland... Cissé devait prouver encore et toujours. Crétin pour les uns, trop tendre pour les autres, le joueur était souvent moqué. Injustement. D'aucuns auraient renoncé. Pas lui.

Lorsqu'il étrenne sa 38ème sélection contre l'Espagne en mars dernier, il y voit un signe. L'espoir de figurer parmi les 23 pour le Mondial. Sans s'y tromper, le meilleur buteur français, c'est lui. Après tout, Gignac facture seulement sept petits buts en Ligue 1. Benzema et Henry ne font guère mieux en Liga. Trézéguet et Anelka n'affolent pas les compteurs alors que Saha est bloqué à 13 en Premier League. Sans parler des saisons quelconques de Rémy ou Gomis... Alors pourquoi pas ? Cissé, lui, facture une trentaine de banderilles toutes compétitions confondues. Le numéro 9 du PAO s'est même payé le luxe de laisser ses crampons dans les côtes de la Roma en Ligue Europa. Une référence. Cissé peut donc s'incruster pour l'Afrique du Sud. Surtout, le mec a un compte à régler avec les Bleus. En 2004, il ne fait pas le voyage au Portugal pour cause de suspension stupide. En 2006, sa jambe droite décide de se diviser. Enfin, en 2008, il fait partie des 30 présélectionnés... mais pas des 23. Trois claques. Mais Cissé s'est toujours relevé. Quid de l'été 2010 : une chambre dans l'hôtel Pezula de Knysna, un lit dans une clinique privée ou un bungalow sur une plage de sable fin ?

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Dans cet article

c'est pas vraiment marseille qui n'en voulait pas mais bon.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
0 1