1. // Süper Lig – Bilan de mi-saison

Istanbul truste le podium

Après un été marqué par une vaste affaire de corruption qui a ébranlé jusqu’au sommet du foot professionnel turc, l’actuelle saison de Süper Lig se déroule comme d’hab’, ou presque. C’est-à-dire avec les trois gros d’Istanbul devant et les autres derrière, Trabzonsport et Bursaspor compris. Et ça reprend ce soir.

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Un été agité

L’exercice 2011-2012 a débuté début septembre, avec plus d’un mois de retard sur le calendrier. La faute à un vaste scandale qui a touché 16 clubs de D1 et D2 et plus de 50 personnalités du ballon rond (joueurs et dirigeants). Les enquêteurs ont pointé du doigt diverses malversations qui auraient eu lieu en cours de la saison dernière : matchs truqués, exercice illégal de la fonction de manager, irrégularités comptables, menaces à l’encontre de joueurs, etc. Le club le plus visé n’était autre que Fenerbahçe, champion en titre. Son président, le puissant Aziz Yildirim, a été accusé d’avoir fait en sorte que son écurie emporte le 18e titre national de son histoire, quitte à verser dans l’illégalité (dix-sept victoires et un match nul sur les dix-huit dernières journées de Süper Lig, il faut reconnaître que c’est gros). La Fédération turque de foot, sous la pression de l’UEFA, a empêché au champion sortant de s’aligner en C1, son dauphin Trabzonspor récupérant la place vacante. Le club stambouliote a néanmoins sauvé sa place en Süper Lig, un temps menacée.

United colors of Galatasaray

Les Sang et Or de Galatasaray sont sacrés champion d’automne, avec une invincibilité en cours de neuf matchs et une série de six victoires de suite avant la trêve. Meilleure attaque, meilleure défense, l’équipe dirigée par Fatih Terim mise sur une forte délégation de joueurs étrangers : le portier international uruguayen Fernando Muslera, l’Ivoirien Emmanuel Eboué, les Tchèques Tomáš Ujfaluši et Milan Baroš, le Suédois Johan Elmander, l’Espagnol Albert Riera, ainsi que le prêté de la Juve, le Brésilien Felipe Melo, à la relance. Tous sont dans l’équipe-type, aux côtés des internationaux turcs Sabri Sarioğlu, Selçuk Inan, Hakan Balta, Colin Kazim-Richards… Bien que dépossédé à l’intersaison d’Arda Turan, Galatasaray affiche clairement une belle gueule cette saison et peut légitimement viser un 18e titre, le dernier remontant à 2008.

Fener, profil bas

L’interdiction de Fenerbahçe de participer à la C1 a été un sale coup sportif et financier pour l’ex-club de Mamadou Niang, lequel a été prié, comme d’autres gros salaires de l’effectif, de plier bagages. Direction le Qatar pour le Sénégalais, Arsenal pour André Santos, le PSG pour Diego Lugano ou encore le retour en Espagne pour Daniel Güiza. Plus marquant encore, l’attaquant nigérian Emmanuel Emenike, acheté 9 millions d’euros en mai en provenance de Karabükspor, a été revendu dans la précipitation quelques semaines plus tard au Spartak Moscou. Soupçonné d’être partie prenante dans le scandale, il a préféré l’exil en douce… Actuel deuxième du classement à deux longueurs des leaders, Fener s’appuie donc essentiellement cette saison sur des cadres de la sélection turque, Gökhan Gönül, Volkan Demirel et Emre Belözoğlu notamment. Sans oublier l’inamovible capitaine brésilien Alex qui dispute à 34 ans sa huitième saison avec les canaris.

Beşiktaş, à la portugaise

Le club cher à Pascal Nouma donne désormais dans le portugais. Arrivé cet été, l’ancien entraîneur du Sporting Carlos Carvalhal a notamment convaincu les internationaux Manuel Fernandez, Simão et Hugo Almeida de venir, auxquels il faut ajouter Ricardo Quaresma, déjà en place la saison dernière. Ne pas oublier non plus les lusophones Mehmet Aurélio, Sidnei et Edu. Pour l’instant ça fonctionne, avec une troisième place en championnat, en embuscade, et une qualification en C3, avec pour prochaine adversaire… le club portugais du Sporting Braga.

Et derrière ?

Adversaire de Lille en C1, Trabzonspor a eu du mal à mener de front les deux compétitions, le championnat et la coupe d’Europe. Il n’est que 8e, avec une fin d’année particulièrement difficile, malgré les performances répétées de son meilleur buteur, Burak Yilmaz. C’est plus inquiétant encore pour Bursaspor, en grosse difficulté en bas de tableau, avec dans l'équipe-type les anciens Nancéens Mickaël Chrétien et Alfred N’Diaye. Kayseripsor, grâce au néo-international marocain Nordin Amrabat, figure parmi les meilleurs. Il pourrait néanmoins rejoindre Galatasaray dès cet hiver. Enfin la grosse surprise de cette mi-saison vient d’Eskişehirspor, qui mise avec succès (4e place actuelle) sur des joueurs expérimentés : Dedê en défense (ex-Dortmund), Rodrigo Tello au milieu (ex-Sporting Lisbonne) et Diomansy Kamara en attaque (ex-pas mal de Premier League), avec à la baguette le technicien allemand Michael Skibbe.

Par Régis Delanoë
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Petit rectificatif : Michael Skibbe a tellement bien fait son taf à Eskişehirspor qu'il a convaincu les dirigeants du Hertha Berlin fin décembre pour succéder à Markus Babbel. Retour en Allemagne, donc.
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