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Isco mérite tellement mieux

Une nouvelle fois cantonné au banc de touche lors du dernier Clásico, Isco n’est que trop rarement aligné lors des gros matchs du Real Madrid. Un mal récurrent qui devrait le conduire à quitter la Maison-Blanche pour trouver équipe à son pied.

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Il ronge son frein, patiemment. Mais ne peut s’empêcher de laisser entrapercevoir sa frustration. C’est qu’après un ultime Clásico passé sur le banc du Bernabéu, Isco se demande encore pourquoi son entraîneur ne le sort pas de son banc de touche. Plus que de la colère, la lassitude gagne le meneur de jeu andalou, une énième fois remplaçant pour un partidazo – les grosses affiches espagnoles – du Real Madrid. Déjà vêtu de la chasuble des seconds couteaux à Munich, lors de la double confrontation face à Naples ou encore durant le dernier derby de la capitale, il ne compte définitivement pas parmi les premiers choix de Zinédine Zidane. Même s’il figure parmi les joueurs les plus utilisés de cette saison madridista, il reste invariablement sur la touche lorsque l’adversaire répond au nom d’un cador domestique ou européen. Ce statut, il le conserve depuis son arrivée au sein de la Maison-Blanche en 2013 malgré ses envies d’émancipation. Si bien qu’aujourd’hui, elles passent par un départ de ce Real qui ne laisse à son talent que trop peu d’occasions de s’exprimer. Mais qui rêve toujours de le prolonger.

Des matchs, pas des gros matchs


« Il a réalisé un énorme match, il a offert la victoire à l’équipe. Je suis content de son match, vraiment très content. Isco a fait la différence et le Real est son club. » En laissant exprimer toute son admiration pour son meneur de jeu, auteur d’une prestation majuscule sur la pelouse du Molinon de Gijón (2-3), le tacticien madrilène ne fait qu’apporter de l’eau à son moulin. Pour sûr, double buteur, dont le dernier dans le temps additionnel, Isco permet au Real Madrid de conserver sa place de leader et, surtout, de rester maître de son destin dans la compétition. Un rôle à l’accoutumée dévolue aux membres de la BBC – qui connaissent une sérieuse baisse de régime en cette édition de Liga – qu'accapare avec bonheur le génial Andalou. Pour faire court, le transfuge et natif de Málaga traverse tout bonnement son meilleur exercice depuis son arrivée en 2013. Buteur, passeur, créateur, il n’a jamais connu une telle importance dans le jeu comme dans les résultats des Merengues. Pour preuve, avec ses quelque 35 apparitions, il figure parmi les neuf joueurs les plus utilisés de l’effectif, Lucas Vázquez étant le premier de la liste avec ses 43 matchs.

En C1, il est moins utilisé que Coentrão


Cette répartition équitable du temps de jeu n’en demeure pas moins que la partie visible de l’iceberg. Car dans le détail, Isco ne prend généralement part qu’aux rencontres face aux adversaires les moins renommés qu’affronte le Real. Hormis la manche retour face au Bayern, le derby madrilène et le Clásico de la phase aller, il occupe toujours le banc de Zinédine Zidane lors des confrontations qui comptent. Ainsi, en Ligue des champions, son temps de jeu est inférieur à celui de Coentrão... Pourtant, depuis le coup d’envoi de la saison, Isco montre d’énormes progrès dans tous les compartiments du jeu. Lorsqu’il pouvait paraître perdu à un autre poste que celui de numéro dix, il est aujourd’hui capable d’alterner entre ceux de relayeur, meneur et même d’ailier si les circonstances l’imposent. Bref, l’international espagnol a ajouté de nombreuses cordes à son arc. Comme celle, par exemple, d’être enfin devenu décisif. Avec ses neuf pions au compteur, soit le meilleur total de sa carrière madridista, il fait figure de cinquième meilleur buteur du Real derrière les intouchables Cristiano Ronaldo, Benzema, Morata et Sergio Ramos.

Une équipe construite pour lui, ni plus ni moins


Cette évolution d’Isco n’est pas passée inaperçue. D’abord aux yeux du Real Madrid qui, après avoir prolongé tous ses cracks, travaille d’arrache-pied pour le convaincre de rester. Mais avec un contrat expirant en juin 2018, le temps presse. Pis, le temps manque. Plus qu’un contrat millionnaire – ce que lui propose la Maison-Blanche en l’intégrant parmi les joueurs les mieux payés de son effectif –, lui souhaite avoir des garanties d’un temps de jeu conséquent. Une condition que, malgré tous ses millions d’euros, le Real ne peut lui assurer. De fait, son entourage et lui prospectent. Pêle-mêle, il est désiré par Manchester City, Chelsea, Arsenal, la Juventus et même le FC Barcelone qui s’imagine déjà rendre à l’ennemi madrilène la monnaie de sa pièce concernant l’épisode Figo. Autant de prétendants chez qui sa présence ne ferait pas tache. Bien au contraire, un tel concentré de talent mérite une équipe construite autour de lui tel Thiago Alcántara au Bayern Munich. Pour le moment, ces scénarios restent à l’état d’hypothèse. Ne manque plus que quelques semaines pour qu’ils deviennent réalité pour le plus grand bonheur de nos rétines.

Par Robin Delorme
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