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Interminator ou incorrigible ?

Eto'o monstrueux, réussite maximale, et maîtrise majuscule, l'Inter a donné la leçon à Tottenham... pendant 89 minutes. Les Spurs, ou plutôt, Gareth Bale, ont alors fait flageoler Giuseppe Meazza.

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Recordman de capes avec l'Albiceleste (137), deuxième serviteur nerazzurro de l'histoire au nombre de matches disputés (707, contre les 757 de Bergomi), Javier Zanetti a ajouté un nouveau chiffre mastoc à son CV en devenant dès la deuxième minute d'Inter-Tottenham, le participant le plus âgé de la Ligue des champions à inscrire un but, à 37 ans et deux mois. Un beau plat du pied à l'opposé, pour terminer un travail qu'il avait initié, relayé par Coutinho puis bonifié par le superbe coup d'œil et dosage d'Eto'o, définitivement l'attaquant le plus intelligent de la planète. Le dernier but d'Il Capitano en Ligue des champions remontait à un autre siècle, signé en 1999 face au Sturm Graz. Onze années entre deux réalisations, il s'agit là aussi d'un nouveau record.

D'autres chiffres pour ce match plié, ou presque, dès la 8e minute avec l'expulsion du portier londonien, Gomes (pour avoir percuté Biabiany), et le pénalty transformé par Sir Samuel. La dernière fois que Tottenham avait mis les pieds en C1, Zanetti n'avait pas encore poussé son premier cri. Sevré depuis 1962, les Spurs se sont montrés aussi à l'aise à Giuseppe-Meazza qu'un prof stagiaire débarqué sans formation dans une classe siglée ZEP. Pour leur premier test face à un cador continental, la verdict est tombé sans appel : 4-0 après 35 minutes de jeu. Grand meneur d'hommes, Harry Redknapp n'a jamais été le plus rigoureux des tacticiens : malgré sa quatrième place de Premier League, son Tottenham historique avait tout de même encaissé plus d'un but par match la saison dernière.

Mercredi soir, l'axe central Bassong-Gallas a bien diverti les attaquants interistes. Aussi mobile qu'un fossile, l'international français s'est fait dévorer par Eto'o, auteur d'un double-double : deux passes décisives et deux buts, le second à la 35e minute. Coutinho et sa technique raffinée avaient idéalement lancé le Camerounais d'un superbe extérieur du droit. La troisième réalisation interiste confinait, elle, quasiment au chef d'œuvre : déviation de l'extérieur de Stankovic dos au but, remise instantanée d'Eto'o et le Serbe de placer parfaitement sa frappe à l'entrée de la surface. L'Inter a vécu dans un rêve la première période et plongé les Spurs dans un cauchemar.


Un match abordé avec le même onze que face à Cagliari (0-1), malgré la pauvre partition jouée en Sardaigne. Un 4-2-3-1 avec Zanetti et Stankovic à la récupération, et un trident Biabiany-Sneijder-Coutinho pour alimenter Eto'o. Payant face à un adversaire généreux au marquage, avec des milieux qui laissaient s'immiscer leurs homologues lombards dans leur dos. Diminué depuis son dernier match avec l'Argentine, Cambiasso devrait retrouver une place dans cette équipe-type, d'autant que Stankovic est sorti sur blessure dès la 55e minute. Pour les Spurs, seul l'impressionnant Gareth Bale, qui intéresserait d'ailleurs Mourinho, s'est sorti du naufrage. Sur un raid fulgurant où il profita de la négligence de Maicon et résista aux retours de Zanetti et Samuel, il adoucit l'addition (52e). Mieux, à la 90e minute, il signait un presque calque de sa première réalisation en croisant encore parfaitement sa frappe devant Julio Cesar. Et juste hallucinant, le milieu aux huit poumons profitait dans la minute suivante d'un bon travail de Lennon pour signer un hat-trick et refroidir Giuseppe-Meazza et Rafa Benitez. A deux minutes près, l'Inter ressemblait à une impitoyable machine, à un prétendant crédible à sa succession. Ce retour de dernière minute des Spurs, anecdotique ou pas, glisse comme un doute dans une soirée où l'Inter avait accumulé les certitudes. Jusqu'à la 90e minute.

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