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Inter/Lazio, histoire(s) d’une saison foirée

Une victoire en Coupe d’Italie en mai dernier, l’arrivée de Walter Mazzarri au mois de juin… La saison 2013/14 s’annonçait comme celle de la montée en puissance pour l’Inter et la Lazio. Résultat : l’une va se qualifier ric-rac pour le tour préliminaire de la C3, et l’autre ne va vraisemblablement pas y aller du tout. Dur.

Lors du tirage au sort du calendrier, quand elles ont vu qu’elles s’affronteraient lors de l’avant-dernière journée de championnat, l’Inter et la Lazio n’auraient certainement pas imaginé qu’elles se retrouveraient dans une telle situation. L’objectif des deux clubs était clair : se qualifier pour l’Europe, de préférence pour la Ligue des champions. Pour l’Inter, cela devait être la saison de la renaissance, avec Walter Mazzarri aux commandes, un homme capable de qualifier deux fois le Napoli pour la C1 lors des dernières saisons. Pour la Lazio, il s’agissait de la saison post-derby de Coupe d’Italie. Autant dire, une saison qui allait surfer sur l’euphorie de cette victoire historique face à l’ennemi juré, et être la suite logique des saisons précédentes, où l’équipe romaine s’était toujours qualifiée pour la C3, passant même à deux reprises (2011 et 2012) à un cheveu de la qualification en C1. Alors, résultats ? Une double catastrophe. À 180 minutes du terme du championnat, l’Inter et la Lazio sont cinquième et neuvième de Serie A, respectivement à 15 et 19 longueurs de la troisième place qualificative pour la plus prestigieuse des compétitions. Si l’Inter devrait vraisemblablement valider son billet pour l’Europa League (et encore, ce n’est pas encore fait), la Lazio, de son côté, va terminer sa saison bredouille, à moins d’un miracle lors des deux derniers tours. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que l’une des deux ne sera pas européenne l’an prochain. Et ça, au vu des attentes de début de saison, c’est déjà une sacrée désillusion.

Passage à vide et avenir dépendant de la C3

Le bilan de Walter Mazzarri est loin d’être fameux. 14 victoires, 15 nuls, 7 défaites, et 57 points au compteur, soit une moyenne de 1,58 point par match. L’an passé, à la même époque, et avec le novice Stramaccioni sur le banc, les Nerazzurri affichaient un total de 53 points. Forcément, vu le prix que leur a coûté Mazzarri, on s’attendait à beaucoup, beaucoup mieux. Et il n’y a qu’à se replonger dans sa conférence de presse de présentation pour comprendre que lui aussi s’attendait à autre chose. «  D’abord, je veux du caractère. Je veux que mon équipe vende cher sa peau, pour que les tifosi en soient fiers. En jouant de cette manière, les résultats arriveront. Le football n’est pas une science exacte, mais à travers un bon jeu et de bonnes prestations, nous pourrons obtenir de grands résultats » , avait-il affirmé. À Milan, personne n’a jamais osé penser que l’Inter pourrait aller titiller la Juve pour le Scudetto, même si l’équipe a réalisé un début de championnat tout à fait honorable, tenant notamment en échec la Vieille Dame sur la pelouse de San Siro. Mais très vite, quelque chose s’est brisé dans la dynamique. L’équipe nerazzurra a connu un énorme passage à vide de début décembre à début février, avec une seule victoire en sept matchs de championnat.

À tel point que du côté de Milan, on commençait à sérieusement se demander si Mazzarri allait connaître le premier licenciement en Serie A de sa carrière, lui qui a toujours décidé quand et comment il allait quitter les clubs dans lesquels il a coaché. Finalement, l’Inter a relevé la tête, est parvenu à enchaîner des victoires, mais sans jamais franchement convaincre. Des matchs référence ? Pas vraiment non plus. Peut-être ce succès 2-1 sur la pelouse de la Fiorentina le 15 février, ou le 4-0 infligé à la Sampdoria le 13 avril. Mais rien sur quoi véritablement se baser pour la suite. Alors, oui, il y aura probablement une qualification en Europa League à la fin de la saison. D’ailleurs, il semblerait que l’avenir de Mazzarri sur le banc nerazzurro soit directement lié à une qualification. Erick Thohir, le nouveau président indonésien du club, a promis des investissements, mais risquerait de ne pas être tendre avec son coach si l’Inter venait à vivre une deuxième saison consécutive sans Europe. Quoi qu'il en soit, si qualification pour le tour préliminaire de la C3 il y a, l’Inter ne pourra pas considérer cette saison comme un succès. Mazzarri avait habitué à mieux, et il doit faire mieux, sans le moindre doute. Une victoire face à la Lazio, ce soir, lui permettrait au moins de s’assurer un été serein. Et de pouvoir réfléchir tranquillement à pourquoi tout n’a pas fonctionné comme il le souhaitait.

« Soit lui, soit nous »

Du côté de la Lazio, c’est peu dire que les choses n’ont pas fonctionné comme les Laziali l’auraient souhaité. À vrai dire, les tifosi avaient toutefois flairé le mauvais coup dès l’été, avec une campagne de recrutement indigne qui a, à nouveau, fait grandir la haine des tifosi envers le président Lotito. Une haine qui a atteint son apogée lors du dernier jour du mercato hivernal, lorsque Hernanes, la star de l’effectif laziale a été vendu à… l’Inter. Justement. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Depuis, les supporters ont déclaré la guerre à leur président, avec comme maître-mot : « Soit lui, soit nous. » Ils ont donc décidé de déserter le stade (qui sonne très creux depuis le mois de mars, du coup), et ne reviendront pas tant que le bonhomme sera aux manettes. Une guerre froide qui risque bien de durer. Tout cela n’est évidemment pas bénéfique à l’équipe, qui galère déjà fortement à trouver une stabilité. De fait, depuis le début de la saison, la Lazio est clairement l’équipe la plus imprévisible de Serie A. Capable de tenir en échec la Juve à domicile (1-1), de battre la Fiorentina sur sa pelouse (1-0), mais aussi de perdre face au dernier du classement, Catane (3-1), ou de s’incliner à la maison contre les Bulgares de Ludogorets (0-1). Cette instabilité se ressent même au sein d’un match de 90 minutes. Lors de ses dernières prestations à domicile, face à Parme, le Torino et le Hellas Vérone, la Lazio a toujours ouvert le score, a toujours été rattrapé, et a toujours marqué le but vainqueur ou égalisateur dans les arrêts de jeu. Le meilleur comme le pire, à l’image de ses joueurs, parfois brillants, parfois irritants.


Au beau milieu de tout ça, le bon Edy Reja a néanmoins réussi à sauver le « sauvable » . Il a récupéré lors de la trêve hivernale une équipe aux abois, et a réussi à lui faire remonter la pente. Depuis qu’il est arrivé, la Lazio a engrangé 32 points en 19 journées, soit une moyenne de 1,77 point par match. Ce qui est donc mieux que Mazzarri depuis son arrivée à l’Inter. Malheureusement pour le coach laziale, son équipe a flanché à des moments clefs (les nuls face au Torino et au Hellas Vérone, notamment), ce qui va très certainement lui coûter une qualification en Coupe d’Europe. À moins de gagner ce soir à San Siro, puis de battre Cagliari la semaine prochaine en espérant dans le même temps des contre-performances de l’Inter, Parme, le Torino et le Hellas Vérone, la Lazio ne sera pas européenne la saison prochaine. Mais au final, ce n’est peut-être pas plus mal.

Car l’équipe a certainement besoin d’une saison de transition pour faire un grand rafraîchissement. Entre les joueurs trop vieux (Biava, Dias, Ledesma, Klose) et les joueurs inadaptés à la Serie A (Ciani, Cana + Kakuta et Postiga, les deux flops du mercato hivernal), le club biancoceleste doit se renouveler. Et pour ce, il faut deux choses. D’une, repartir de ceux qui peuvent représenter l’avenir du club. Keita Baldé, par exemple, mais aussi les jeunes de l’équipe Primavera, actuellement considérée comme la meilleure d’Italie (championne 2013 et en lice à sa propre succession). De deux, investir. Le directeur sportif a promis des arrivées. Il faudra au moins ça pour tenter de convaincre les supporters de revenir garnir les travées du stadio Olimpico. Tout ça pendant que la Roma ira faire la fête en Ligue des champions. La lose.

Éric Maggiori
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