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Inter Academy, ou comment exporter un savoir-faire footballistique

Le club milanais a décidé d’honorer son patronyme en parcourant le monde afin de transmettre ses compétences en matière de formation. Destination la plus prisée ? La Chine et sa soif de ballon rond.

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« Contrairement à d’autres clubs, notre but est bien d’exporter notre know-how et de l’implanter dans d’autres pays. Si ensuite on considère opportun d’exploiter des possibilités commerciales, alors on le fait, mais ce n’est pas la priorité. » Marco Monti reçoit au siège du club situé à deux pas de l’imposante cathédrale de Milan. C’est un peu la seconde maison de ce Nerazzurro pur-sang, formé à Interello avant de faire le tour de l’Italie et revenir dans le cocon familial à seulement 28 ans pour y entamer une carrière d’entraîneur chez les jeunes. Nommé en 2008 à la tête de l’Inter Academy, ( « car il est très important que l’ADN interiste transparaisse à travers ses acteurs » ), sa mission est de prendre un drapeau noir et bleu et de le planter dans des zones stratégiques.

Cauet Jr au turbin


« Il ne faut pas confondre avec Inter Campus qui est un projet social, tandis que l’Academy est une expression directe de notre centre de formation. » La précision est utile, et le principe est le suivant : nouer des conventions avec des « écoles de foot » étrangères déjà constituées via un interlocuteur privilégié, faire venir leurs techniciens en Italie pour les former de façon intensive pendant deux semaines (on l’appelle l’Internship), puis y envoyer des éducateurs sous contrat avec le club milanais. « Leur présence est garantie pour au moins neuf mois, nos coachs supervisent les leurs, mais peuvent aussi intervenir directement, ils sont totalement opérationnels » , ajuste Monti. Ça a commencé avec les Émirats arabes unis, le Japon et les États-Unis, ça s’est poursuivi avec l’Arabie saoudite et la Chine : « Le concept a subi une belle accélération avec l’arrivée de Thohir, il s'agit de vendre le style de l’Inter, fait d’éthique, d’éducation et de respect. Les entraîneurs que l’on met à disposition doivent incarner tout ceci. »


Parmi ce staff de neuf globe-trotters, Kevin Cauet, fils de Benoît, 25 ans et en possession des diplômes UEFA A et B qui lui permettent d’être adjoint en Serie A ou sélection, et coach principal jusqu’en troisième division. On est loin de la caricature du fils à papa. Les deux figurent dans l’organigramme des équipes de jeunes nerazzurre, et le rejeton n’a pas hésité longtemps avant de se lancer dans l’aventure : « Cela permet d’engranger de l’expérience à vitesse grand V. Il ne s’agit pas que de foot, il y a tout ce qu’il y a autour. Je suis allé en Arabie saoudite où les techniciens parlent anglais. En Chine, c’est plus laborieux, il y a un traducteur, mais je me suis mis au mandarin, ça fait une belle ligne en plus sur le CV. » L’Inter n’est évidemment pas le seul club d’envergure à chercher à s’exporter de la sorte, mais la concurrence le fait surtout dans le but de vendre des maillots et faire du « branding » . Pis, elle sous-traite, puisque les coachs proviennent d’agences spécialisées, tout le contraire de la Beneamata : « Nous misons sur le long terme avec des projets pluriannuels, fondamentaux quand on travaille avec les jeunes. Une fois rentrés à la maison, on veut avoir la sensation d’avoir laissé notre marque de fabrique » , insiste Monti.

L’Empire du rond central


L’arrivée en Chine a été un tournant décisif avec des premiers accords conclus en septembre dernier et une croissance exponentielle, Monti toujours : « La Chine s’est réveillée, ce n’est pas une phrase toute faite ! Le président Xi Jinping est féru de foot et il a voulu que cela devienne une matière scolaire à l’école, c’est une activité possédant des chiffres impressionnants. Il veut avoir une sélection compétitive dans dix ans et organiser une Coupe du monde. Pour atteindre son objectif, il débute par la base de la pyramide, et donc la formation des plus jeunes. » Un gars qui a tout compris : « D’autant que le gamin chinois a de bonnes aptitudes techniques et coordinatrices, mais à un certain âge, elles ne sont plus exploitées, car les formateurs manquent de compétence, c’est là qu’on intervient en les formant. » Et pas de n’importe quelle façon : « On pourrait se contenter de leur donner notre livre comprenant 10 000 exercices, mais non, il faut structurer ce parcours. Par exemple, les Chinois ont une attitude très stricte envers les jeunes, on leur explique donc qu’il ne faut rien imposer. Leurs joueurs sont très bons jusqu’aux trois quarts du terrain, mais ne prennent pas d’initiatives dans la zone de vérité, car ils ont peur de se tromper. »


Cauet Jr appuie cette analyse presque anthropologique : « Ils ont une philosophie et mentalité différentes. La Chine a toujours possédé une culture se basant sur la quantité, ils sont très doués pour répéter des gestes, mais peinent en créativité. Notre rôle est de montrer que le foot, c’est aussi de l’improvisation. » Hors du terrain, il y a aussi des habitudes à acquérir : « Comme prendre le temps de se changer et pas jouer en jean dès la sortie de l’école. » Mais attention, les Chinois sont de vraies éponges : « Ce n’est pas encore le sport le plus suivi, mais ça va vite le devenir. Les gamins ont une soif d’apprendre incroyable, ils ont conscience de ce qui est en train de se passer et sont concentrés à 200 %, beaucoup plus que les Italiens de leur âge » , conclut le fils du champion de France 95. Shanghai, c’est fait, place maintenant à Pékin et Nanjing, avant peut-être Guangzhou et Shenzhen. Si le football chinois devient réellement compétitif, les techniciens de l’Inter auront leur petite part de mérite.

Et le reste du monde


La Chine est prioritaire, mais il s’agit de ne pas perdre de vue les autres destinations, comme le Moyen Orient : « Il faut avoir la sensibilité de s’adapter à chacun de ces pays, on ne peut pas arriver avec nos gros sabots et tout imposer. Là aussi, l’aspect culturel est à prendre en compte, il faut faire comprendre l’importance de la discipline, l’attitude, l’implication, car ils ont une façon d’interpréter la vie plus relaxante » , souligne le patron. Bientôt, on retrouvera des Inter Academy au Brésil et en Argentine, choix surprenant, puisque ces pays sont des références en matière de foot : « Et pourtant, sans rien enlever aux professionnels qui y opèrent, leurs éducateurs ne sont pas les mieux préparés. Il y a beaucoup de talents, mais ils ne sont pas forcément bien valorisés. » Reste l’Afrique, et l’Inter Academy aura mis un pied partout, mais Monti n’est pas pressé : « On y pense, mais cela nécessite un gros engagement, c’est comme pour l’Inde. L’objectif n’est pas de fonder 100 académies et se disperser. Non, on veut faire les choses progressivement. » À l’heure actuelle, 10 000 footeux âgés de 6 à 17 ans fréquentent les six centres actifs. Après la mondialisation du foot, place donc à son Internazionalisation.



Par Valentin Pauluzzi
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