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Insigne du destin

Dans cette équipe napolitaine faite d’Espagnols, d’Argentins, de Suisses et d’Uruguayens, une petite tête à crête fait son numéro. Il s’appelle Lorenzo Insigne, il est né à 12 bornes de Naples, et il a tout pour devenir un grand, un très grand. Ce soir, San Siro l’attend.

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Une partie de l’Europe ne le connaissait pas encore. Pas encore jusqu’à cette 67e minute d’un soir de Ligue des champions face au vice-champion en titre. Lorenzo Insigne pose le ballon avec les gestes d’un vieux roublard de 35 ans. Qu’importe ses 22 piges, il a décidé de prendre ses responsabilités et de tirer. Il est loin, pourtant. Au moins 25-30 mètres. Et il est positionné sur un côté plutôt propice à un gaucher. Des paramètres dont Insigne se fout totalement. Il sait ce qu’il veut faire, il sait où il veut la mettre. L’arbitre siffle. Le petit Lorenzo s’élance. Et là. Un instant de grâce dans la nuit napolitaine. La trajectoire du tir est parfaite, le ballon vient se loger sous la barre et le gardien s’éclate la tête contre le poteau. Un instant, dans le stade, on a cru revoir Maradona. Une comparaison qui, évidemment, ne peut que flatter le principal intéressé. Car Insigne est né en juin 1991. Quelques mois seulement après la fin de l’aventure Maradona à Naples. Lorenzo n’a jamais vu Diego « en vrai » avec le maillot napolitain, un grand regret pour lui puisqu’il le considère comme son idole. Mais gare à faire des comparaisons trop hâtives. Hormis la petite taille et le fait d’avoir de l’or dans les pieds, Insigne n’a pas grand-chose en commun avec le Pibe, du moins au niveau de son comportement. La coke, l’alcool, Lorenzo ne connaît pas. À 22 ans, il est déjà marié et est devenu papa pour la première fois en avril dernier. Portrait de l’homme idéal ?

Sau-Insigne, puis Immobile-Insigne

Ce coup de génie face au Borussia est le premier coup d’éclat d’Insigne sur la scène européenne. L’an dernier, il avait disputé 5 matchs d’Europa League, mais n’avait pas réussi à scorer. Cette saison, premier match, premier but. Et quel but ! Mais à Naples, et même dans toute l’Italie, personne n’a été surpris par ce chef-d'œuvre. Car cela fait bien trois saisons que tout le monde scrute les prestations du jeune prodige qui, pendant deux saisons (de 2011 à 2012) a eu un maître répondant au nom de Zdeněk Zeman. Nous sommes en juin 2010. Insigne n’a que 19 ans et vient d’être prêté six mois à la Cavese, en troisième division. 10 matchs, aucun but, rien à signaler. Le Napoli, certain du potentiel de son joueur, décide alors de le prêter à Foggia, en troisième division. Zeman lui fait rapidement comprendre qu’il sera titulaire, mais qu’il va falloir bosser. Le Foggia de cette saison 2010/11 est une drôle d’équipe : elle ne parviendra pas à remonter en Serie B à la fin de la saison, alors qu’elle possédait dans son effectif des joueurs comme Vasco Regini, aujourd’hui titulaire à la Samp, le Brésilien ex-Chievo Diego Farías, et surtout le buteur de Cagliari, Marco Sau. La doublette Sau-Insigne fait d’ailleurs des dégâts : 19 pions en championnat pour Insigne, 20 pour Sau.

À la fin de la saison, Zeman décide de relever un nouveau défi, en Serie B, à Pescara, et demande expressément au Napoli de pouvoir emmener Insigne avec lui. Requête accordée. C’est le bon choix. Insigne va littéralement exploser lors de cette première année en Serie B. Si le Foggia de la saison précédente était une équipe improbable, ce Pescara-là est une merveille. Dans les rangs du club des Abruzzes : Marco Verratti et Ciro Immobile, qui forment avec Insigne le trio des miracles. Miracles, oui. Pescara va réaliser une saison folle, sous l’impulsion de Zeman et de ses trois champions en herbe. À la fin de la saison, le bilan du jeune Insigne est impressionnant : 18 buts et 14 passes décisives (la plupart pour Immobile, qui termine meilleur buteur de Serie B avec 28 réalisations). Pescara monte en Serie A, et voudrait retenir ses pépites. Mais ce n’est plus possible. Zeman se tire à la Roma, le PSG vient lâcher 12 millions pour Verratti, le Genoa rachète à la Juve le contrat d’Immobile et le Napoli rappelle Insigne à la maison mère. Lavezzi vient de faire ses valises pour Paris, il est donc temps pour le petit génie de prendre place sur le côté gauche. Mazzarri s’en frotte les mains.

Lorenzo et Roberto, les deux frangins

Avec le recul, on a l’impression que l’actuel coach de l’Inter n’a pas souvent utilisé Insigne. Erreur. Si le joueur n’est effectivement pas toujours parti titulaire, il a participé à 37 des 38 matchs de Serie A. Plusieurs dates à retenir, pour lui, lors de cette première saison au très haut niveau. D’abord, le premier but. Lorenzo l’inscrit dès la 3e journée de championnat, face à Parme, alors qu’il était entré en jeu à 15 minutes de la fin du match. Quelques mois plus tard, le 13 janvier 2013 très exactement, il célèbre un événement peu commun. Naples s’impose 3-0 contre Palerme, Insigne entre en jeu et inscrit son quatrième but de la saison. Jusque-là, rien d’anormal. Là où cela devient curieux, c’est qu’à quelques minutes de la fin du match, Mazzarri fait entrer en jeu un autre Insigne, Roberto, petit frère de Lorenzo, âgé de 18 ans. C’est la première fois depuis 75 ans que le Napoli aligne deux frères dans la même équipe : la dernière fois, c’était en 1937, avec les frères Nicola et Antonio Ferrara. Le frangin Roberto est aujourd’hui en prêt du côté de Perugia, en D3 et, lui aussi, on aura l’occasion d’en reparler.

Enfin, la troisième date forte d’Insigne (Lorenzo, hein), c’est le 21 avril 2013. Naples est à la lutte pour la Ligue des champions, et est en train de faire match nul à domicile contre Cagliari (dont le deuxième but a été inscrit par Marco Sau, tiens donc). On joue les arrêts de jeu, la toute dernière minute même, lorsqu’Insigne envoie une lourde frappe qui, légèrement déviée, vient tromper le portier sarde. 3-2, Naples s’impose, et Insigne est le héros du jour. Quelques semaines plus tard, il dispute l’Euro Espoirs avec l’Italie, se distingue en inscrivant le but décisif contre l’Angleterre, et atteint la finale, perdue contre l’Espagne. Deux mois à peine après cet Euro, Cesare Prandelli le convoque en équipe première (sa deuxième sélection dans l’absolu) pour l’amical contre l’Argentine. Il entre en jeu à la mi-temps, et inscrit un but merveilleux (frappe enveloppée en lucarne), qui n’empêche toutefois pas la Nazionale de perdre 2-1. Mais Insigne a marqué des points. La preuve : le 6 septembre dernier, Prandelli l’a carrément aligné titulaire lors du match décisif contre la Bulgarie, remporté 1-0 par la Squadra. Les premières prestations de la saison avec Naples ne font que conforter le sélectionneur dans son idée qu’Insigne pourrait être un élément essentiel lors du Mondial brésilien. En attendant le Brésil, Insigne a 9 mois pour enchanter l’Italie et l’Europe, comme il l’a fait mercredi soir. Ça tombe bien : ce soir, c’est le Milan AC et San Siro qui l’attendent de pied ferme. En mondovision, s’il vous plaît.

Par Eric Maggiori
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Bien vu la légende sous la photo d'Insigne et Hamsik !
SpecialEffect Niveau : DHR
"Pendant qu'Insigne tente de faire un coeur, Hamsik, lui, fait l'éléphant"

Moi je vois une sodomie...
Il a une crête? Perso je la vois pas... (si ce commentaire passe, ce sera mon troisième en une matinée, vous avez réglé vos problèmes de cette fameuse minute SoFoot?
si verratti est le nouveaux pirlo alors insigne est le nouveau baggio

Message posté par muelsa
Il a une crête? Perso je la vois pas... (si ce commentaire passe, ce sera mon troisième en une matinée, vous avez réglé vos problèmes de cette fameuse minute SoFoot?


il n'y a qu'une seul crete au napoli et elle appartient a Hamsik
A souligner que verratti et Insigne s'entendent à merveille
RadamelFalcao Niveau : Loisir
Oui ils sont très "proches"... Verratti aime bien caresser Insigne pendant l'hymne italien...
Sau et Insigne s'entendent aussi très bien, on voit très souvent des accolades entre les deux lors des confrontations Cagliari Naples. J'espère les voir jouer un jour ensemble avec la Nazionale.
Sachant que ces deux la resteront encore pas mal d'années dans leurs clubs respectif. En tout cas, ils partagent tout les deux un amour du maillot certain.

Je pensais que Roberto avait été prété a Pescara. C'est HS, encore, mais c'est typique des clubs Italiens de préter des joueurs dans des classes, bien inférieur pour faire les classes. On voit pratiquement pas ca en France par exemple.

En tout cas avec les retours de Giuseppe Rossi, et un Insigne enfin titulaire.. Il y a beaucoup de monde pour pour postuler a une place en attaque en Italie pour 2014. Et tant mieux !
C'est vrai Riva, qu'il y a beaucoup de monde pour une place aux côtés de Balotelli. Mais il faut que l'un d'entre eux explose. C'est l'année du mondial et la Squadra a bien besoin de vitesse et de percussion devant.
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