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Indigne, ce Clásico ?

Ce dimanche, l’Espagne va oublier la crise pendant 90 minutes et plus si affinités. Entre deux manifestations et quelques assemblées générales, il en sera de même pour les Indignés ibères. Témoins du paradoxe local, certains ont raconté à So Foot leur Clásico, leur futbol.

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Rendez-vous est donné mardi à 19h45. Histoire de ne pas arriver les mains dans les poches, le passage par la petite alimentation proche d’Atocha, la gare de Madrid, est de rigueur. Pizzas et cervezas une fois en main, la réponse à l’interphone se fait attendre. Un petit quart d’heure plus tard, enfin une réponse : « On est au cinquième, au centre, à droite. » L’ascenseur, rustre et bruyant, met une bonne minute à arriver à destination. La porte est déjà entrouverte, la direction du salon est indiquée. Rafael, Arturo et Mario, assis sur le canapé, conversent sur leur journée respective. Au menu, de la crise, de la crise et encore de la crise. À toutes les sauces, mais avec le sourire. Tous font partie des Indignados : ces jeunes, et moins jeunes, Espagnols qui ont décidé, un 15 mai 2011, de venir squatter la Puerta del Sol. Ces trois colocataires, membres du collectif Juventud Sin Futuro – traduisez « Jeunesse sans futur » , vive l’optimisme – n’espèrent pas changer le monde. Seulement leur quotidien. Dans ce marasme économique, mais aussi identitaire, autant dire tout de suite que les péripéties footballistiques importent peu. Et ce Clásico, alors ? « Bah, bien entendu qu’on va le regarder. » Paradoxe, chapitre un.

« Barcelone, c’est l’Espagne »

À 20h30, c’est au tour de Segundo et Irayro, deux amis indignés, de faire irruption dans le salon. La télé, elle, tourne en boucle. Les informations de la TVE – chaîne publique d’Espagne – ne sont pourtant pas du goût des hôtes : dixit Mario, « depuis que Rajoy est au pouvoir, de bons journalistes ont été virés parce qu’ils ne convenaient pas au pouvoir. Et à chaque fois, les infos tentent de nous faire passer pour des violents face à une police qui fait son travail en nous agressant. » Cette semaine, les cinq comparses ont bien tenté d'entrer pacifiquement dans l’Assemblée nationale locale, ils ont été accueillis par quelques coups de matraque policiers. Sans bobo. Le JT terminé, la Champions reprend ses droits. En ce mardi, c’est un duel de la péninsule qui est proposé : le Benfica face au grand Barça. Un club catalan qui ne fait pas l’unanimité dans le salon. Oui, on peut être Indigné et supporter du Real Madrid et ses millionnaires capricieux. Du coup, le club préféré de l’Unicef en prend pour son grade lors de l’entrée sur le pré. Sauf Messi, « évidemment le meilleur  » .

Avant d’en arriver au Clásico, un passage par la case pizza-bière s’impose. Entre deux bouchées, l’Argentin claque une accélération et Sánchez un tacle-tir. Le match est déjà plié. On commence donc à pavoiser sur la Catalogne. Et les avis sont plutôt tranchés. Jairo menacerait presque d’envoyer les chars. « La Catalogne, c’est l’Espagne. Comme l’Andalousie, le Pays basque et Madrid. En France, tu ne te poses pas la question de savoir si la Bretagne, c’est la France. Ici, c’est pareil. » Car ces derniers temps, grâce à l’appui de la crise, une partie de la Catalogne a fait part de ses désirs indépendantistes. Selon un dernier sondage, ce serait même 51% de la population locale qui y serait favorable. Alors forcément, dans un pays en proie à de graves problèmes économiques, la pilule a du mal à passer. Rafael est un iota moins catégorique. Surtout lorsque l’on parle de ballon rond, « trop facilement instrumentalisé en Espagne » à son goût. « Il ne faut pas tout mélanger. Le football est là pour distraire les foules et pour sortir les gens de leurs préoccupations. Ce qu’il fait d’ailleurs plutôt bien. Après, en tant qu’Indigné, je préfère la méthode barcelonaise, qui laisse une plus grande part à la Cantera et aux jeunes du club.  »


« Difficile de s’identifier »

À la pause, le Barça domine son sujet. Les têtes sont donc déjà tournées vers dimanche et ce match symbole de tous les clivages régionaux. Avec une crise de plus en plus vivace – certains d’entre eux ne vivent qu’avec 500 euros par mois –, la passion peine à se frayer un chemin. « Sincèrement, je crois que ce match va être vécu avec un peu moins d’intensité à cause des problèmes actuels. De plus en plus, cela devient difficile de s’identifier à des équipes comme le Real ou le Barça. Après, je ne suis pas le porte-parole espagnol » , développe Rafael. Qui poursuit sur sa lancée : « Les deux clubs doivent se montrer plus proches des gens et essayer d’oublier la philosophie des transferts à coups de dizaines de millions d’euros, alors que des gens n’ont rien pour manger. Comme notre société, le modèle du football doit changer. Et là-dedans, le gouvernement doit obliger les clubs à honorer leurs obligations (les clubs de Liga doivent plus de 700 millions d’euros à l’État, ndlr). Sinon, la distance entre club et peuple sera encore plus grande.  » Tout le monde s’accorde sur un point : le football doit se réinventer. Au moment de se quitter, ils décident tout de même de se retrouver ce dimanche pour le Clásico, « dans un appart ou un bar pas cher » . Pas question donc de le louper. Parce que le football, c’est aussi et ça reste l’Espagne.

Par Robin Delorme, à Madrid
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