1. // Copa Sudamericana

Independiente de nouveau roi

Surnommé « le Roi des Coupes » , Independiente a décroché la nuit dernière la Copa Sudamericana aux dépens des Brésiliens de Goias, au bout d'une finale retour épique conclu par une séance de tirs au but.

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D'un plat du pied sec à l'issue d'une course volontaire, Eduardo Tuzzio expédie le ballon dans la lucarne gauche d'Harlei. Le tir au but de l'ancien marseillais offre au peuple rouge son premier titre international depuis quinze ans. Il faut dire qu'ils ont souffert les supporters d'Independiente, entre la rencontre de la semaine dernière perdue (2-0) chez les Brésiliens et cette finale retour dans laquelle ils ouvrent le score avant de se faire rejoindre dans la foulée. A la suite d'une frappe tendue de Carlos Matheu, Julian Velazquez, son compagnon de défense monté lui aussi sur le coup franc, sent bien le coup et n'a plus qu'à pousser le cuir au fond des filets.

On joue la dix-neuvième minute et le stade Libertadores de América est en ébullition. Mais quatre minutes à peine après l'ouverture du score des locaux, Rafael Moura, le meilleur buteur de la Copa (8 buts) refroidit les Argentins d'une tête lobée dans la lucarne d'Hilario Navarro, qui patine et suit des yeux la trajectoire du ballon. Un partout, balle au centre. Pas fébriles, Independiente ne se laisse pas abattre si facilement. Facundo Parra bénéficie d'un rebond favorable consécutif à un mauvais renvoi d'Ernando. Le geste de l'avant-centre surprend Herlei (27e) et redonne espoir aux Diables Rouge d'Avellaneda - nom du quartier sud de la banlieue porteña (de Buenos Aires) où réside le club – qui n'ont plus qu'un but à marquer pour égaliser sur l'ensemble des deux rencontres (les buts marqués à l'extérieur ne comptent pas double en Sudamericana).

Deux buts diaboliques pour Parra

Ironie du sort, l'habituel goleador d'Independiente Andres Silvera, expulsé pour un coup de coude à l'aller, a sans doute offert, sans le vouloir, la victoire à son équipe sans jouer. Car Parra, intronisé sauveur de la nation à la pointe de l'attaque rouge, a rempli à merveille son rôle en trompant de nouveau le portier de Goias huit minutes plus tard, sur un tir...assis. A terre après son duel avec Marcao, le héros de la soirée, réalise un pointu inspiré qui laisse les Brésiliens pantois. L'ancien club des ex-Stéphanois Alex et Aloisio et de l'ex-Marseillais Fernandão, étouffé par l'atmosphère irrespirable qui descend des tribunes, ne peut éviter ni la prolongation, ni la séance de tirs aux buts. En convertissant toutes leurs tentatives, les joueurs d'El Rojo (vêtus de bleu marine pour l'occasion) font le boulot. Goias, relégué en deuxième division brésilienne, se lamente du tir de Felipe venu s'écraser sur la base du poteau droit de Navarro. Forlan et Agüero, deux anciens de la maison aujourd'hui exilés à Madrid, peuvent savourer, eux qui, avant le match, avaient pris le soin de souhaiter bonne chance à ce club qui les a révélés.

Un titre de plus que le Real

Avec ce nouveau titre, son seizième sur la scène internationale, « El Rey de Copas » n'est plus qu'à deux longueurs du Milan AC et de Boca Juniors, uniques clubs au monde à avoir remporté plus de compétitions internationales qu'El Rojo, qui s'est tout de même offert le luxe de griller la politesse au Real Madrid (quinze titres au compteur), hier soir. Petit plaisir extra : au passage, Independiente empêche son pire ennemi, le Racing, actuellement quatrième dans le Tournoi d'Ouverture, de postuler pour la prochaine Copa Libertadores en s'adjugeant le dernier ticket revenant à l'Argentine. L'an prochain, Independiente disputera les deux coupes continentales (Libertadores et Sudamericana), la Recopa (équivalent de notre Supercoupe d'Europe) et la Coupe Suruga Bank, rencontre improbable qui oppose le vainqueur de la Sudamericana et le champion de la Coupe de la Ligue japonaise depuis 2008. De quoi remplir encore un peu plus la vitrine à trophées et pourquoi pas de s'installer devant les Italiens et leurs rivaux porteños...

Alejandro Carbone, à Buenos Aires

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