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Incident au Stadium: les supporteurs relaxés

Au terme de 8 mois de procédure, trois supporters du TFC, interpellés en avril dernier, ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Toulouse. Soulagés, ils n'en dénoncent pas moins l'attitude des policiers et regrettent de ne pouvoir espérer des dédommagements.

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Le 2 avril dernier, trois supporters du TFC étaient interpellés à la sortie du match Toulouse-Montpellier, en marge d'incidents entre supporters et policiers à la fin de la rencontre. Hier, après huit mois de procédure, les supporters ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Toulouse. « Après quatre comparutions devant le tribunal depuis septembre, nous sommes soulagés et heureux que la justice reconnaisse enfin que nous n'avions rien à nous reprocher ce soir-là » , déclare Damien, au nom des trois supporters du TFC relaxés.

Lors de la première audience du procès, le 6 septembre 2011, Damien avait présenté une vidéo censée attester de son interpellation brutale alors qu'il était en train de filmer l'intervention des policiers de la SIR (Section d'Intervention Rapide). Ces derniers avaient alors demandé l'ajournement de la séance afin de présenter eux aussi une vidéo, filmée par les nombreuses caméras de surveillance du Stadium. Le 22 novembre, lors de la seconde audience du procès, aucune vidéo n’a pourtant été présentée par les policiers de la SIR. « Leurs explications des faits ont été pour le moins approximatives, rendant logique la relaxe » , indique le Kop de supporters du TFC dans un communiqué, publié ce matin.

Au terme d'une procédure qu’il estime « interminable et coûteuse » , Damien regrette, cependant, « l'impunité » dont bénéficie la SIR dans cette affaire: « Ils nous ont accusés de les avoir frappés et ont réitéré ces accusations mensongères devant le tribunal. Pourtant, ils ne seront jamais inquiétés d'avoir porté de telles accusations. En effet, nous nous retrouvons aujourd’hui avec quelques milliers d'euros de frais de justice et nous n'avons pas les moyens financiers de nous retourner contre ces policiers et d’engager de nouvelles procédures afin d’espérer des dédommagements ou remboursements. » La SIR est également dans le collimateur du Kop, qui dénonce dans son communiqué « les pressions mises sur les supporters depuis son instauration » et invite les pouvoirs publics à s'interroger « sur l'intérêt véritable de cette police » . Car pour les supporters toulousains, « ce procès a permis de mettre en exergue la caricaturale politique du chiffre qui a été instaurée en marge des matchs de football » .

Enfin, le communiqué du Kop n'oublie pas d'envoyer un message aux dirigeants du Toulouse Football Club, qui ne les auraient pas soutenus dans cette histoire: « Nous espérons désormais que la direction du TFC, qui avait très clairement soutenu la SIR, prendra note de ce verdict, et reverra sa position sur cette affaire comme sur les "mesures d'accueil" du Stadium. » Interrogés au printemps, les dirigeants du club affirmaient, eux, ne pas avoir pris parti contre leurs supporters, choisissant de ne pas commenter la procédure en cours et d’attendre le jugement définitif. Voilà désormais de quoi alimenter le dialogue entre les différentes parties.

Au-delà du cas toulousain, ce verdict amène à réfléchir sur les modalités de la lutte contre le hooliganisme: si l’objectif de réduire les violences dans les stades est louable, toutes les méthodes ne sont pas acceptables d’autant qu’elles semblent parfois manquer leur cible.


Par Anthony Cerveaux, avec Quentin Blandin
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