1. // CAN 2010
  2. //

Incertitudes de calculs et déménagement

Hier soir, le Cameroun contestait sa deuxième place du classement du groupe D, et chacun interprétait à sa façon le règlement de la compétition. La CAF, elle-même, semblait embarrassée.

Modififié
0 0
Hier, lors de la conférence de presse d'après-match, Paul Le Guen et Samuel Eto'o ne doutaient pas une seconde de l'identité du premier du groupe D. Eux-mêmes, Lions Indomptables du Cameroun dont ils étaient respectivement l'entraîneur et le capitaine. En conséquence, leur adversaire des quarts de finale serait le Nigeria et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ils en discouraient avec une telle assurance que Samuel Eto'o est littéralement tombé des nues lorsqu'au micro de Canal Horizon, où il accordait une interview, un journaliste lui affirmait que le Cameroun affronterait en définitive l'Egypte : « Je croyais qu'on restait à Lubango pour jouer le Nigeria... mais bon si on doit déménager à Benguela pour affronter l'Egypte, mes coéquipiers et moi, nous le ferons avec le même plaisir et le même engagement » . En fait, dès le coup de sifflet final, toute la délégation camerounaise savait qu'elle resterait à Lubango, même si d'autres sources affirmaient que la Zambie était en tête du groupe.

Qu'est-ce qui a donc pu plonger toute la délégation dans l'erreur jusqu'aux journalistes du centre de presse, jusqu'à faire dire au secrétaire général de la Fédération camerounaise qu' « il allait engager une requête auprès de la CAF » dans ce sens ? La Confédération Africaine aura été, tout d'abord, très lente à réagir et à détailler sa base de calcul en cas d'égalité. Pour les membres de la délégation camerounaise, le calcul était simplissime : « Le premier critère de calcul doit concerner le goal-average particulier. Or, qui a battu qui ? Le Cameroun a disposé de la Zambie, la Zambie s'est imposée contre le Gabon et le Gabon a battu le Cameroun, l'égalité oblige à avoir recours à un autre critère, celui du nombre de buts marqués. Et dans ce cas, le Gabon ayant inscrit seulement deux buts, s'exclut de lui-même, ne restent alors en course que les Lions et les Chipolopolo.... Les deux équipes ayant inscrit cinq buts, on en revient au critère de la différence de buts particulière et le Cameroun l'a emporté... » . Cette démonstration imparable d'un membre de la délégation camerounaise ignore juste un point important du règlement qui a permis à la CAF d'établir le classement en question. Le nombre de buts marqués concerne uniquement les trois équipes à égalité de points, soit le Gabon, le Cameroun et la Zambie sur les matches les ayant opposés. Et là, la Zambie pointe en tête avec quatre buts marqués dont deux au Cameroun et deux pour le Gabon. Avec leurs trois buts infligés à la Zambie, les Lions émergent logiquement au deuxième rang. Voilà donc le casse-tête chinois qui a divisé les spécialistes hier au stade de Lubango et provoqué quelques débats houleux jusque tard dans la nuit.

En toile de fond de ces vociférations, il y avait aussi la crainte de l'identité des adversaires à affronter. Les Nigérians ne voulaient certainement pas, de leur côté, retrouver la sélection camerounaise avec laquelle ils traînent un bien douloureux passif (1) en phase finale de CAN, tout comme les Lions ne goûtent guère de retrouver les Pharaons égyptiens, passés maîtres dans l'art de les meurtrir (2). Après l'égalisation camerounaise hier face à la Zambie, les joueurs auraient décidé de geler le match nul, n'ayant eu « que des informations partielles concernant le règlement, alors qu'il y avait la possibilité de victoire... c'est incroyable » confiait pour sa part un officiel de la délégation sub-saharienne. Maintenant que la décision de la CAF est irrévocable et le classement définitif, chacun doit se faire à son “nouvel” adversaire. Les Lions ont donc bel et bien troqué leur adversaire préféré des finales victorieuses (1984, 88 et 2000) pour les sextuples champions d'Afrique et des cauchemars pas tout à fait évaporés (défaites lors des finales de 1986 et 2008). Pas tout à fait la même rengaine.

Martin Camus Mimb (envoyé spécial à Lubango)


- (1): En phase finale, les Nigérians ont pris l'habitude de perdre en finale contre les Lions et de s'imposer en quarts ou en demies.


(2) : Outre la défaite aux pénalties au Caire en 1986 (devant 122 000 spectateurs, un record qui tient toujours), les Pharaons avaient corrigé les Lions en phase de poules (4/2) il y a deux ans avant de les battre de nouveau en finale à Accra (1/0).


Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
0 0