1. // Calcio 2011/2012

Ils sont promus en Série A

L'une a attendu cinquante-cinq ans avant de retrouver l'élite, les deux autres n'ont passé qu'un an au purgatoire. Pourtant, une seule et même envie unit les trois équipes promues en Serie A : celle de faire aussi bien que Cesena et de venir faire la nique aux grands d'Italie. Au bon souvenir de la Sampdoria.

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Atalanta

Un an après la relégation, l'Atalanta est déjà de retour. Il faut dire que l'équipe nerazzurra est habituée à faire l'ascenseur. Depuis le début des années 1980, l'Atalanta a été reléguée sept fois, et promue tout autant de fois. Bien connue pour son vivier, qui lui permet de sortir au moins un bon joueur par an, l'équipe bergamasque a pris la mauvaise habitude de laisser partir ses pépites lorsqu'elle débarque parmi l'élite. Du coup, la musique est souvent la même : une bonne saison en Serie B, la promotion, d'excellents résultats lors du retour en A (6ème en 1988, 7ème en 2000, 8ème en 2006), et l'incapacité à confirmer la saison suivante, entraînant la relégation. Mais cette fois-ci, la nouvelle présidence a l'intention de changer cette ritournelle. Arrivé à la tête du club l'été dernier en remplacement d'Alessandro Ruggeri, Antonio Percassi, joueur historique de l'Atalanta des années 70, pose immédiatement les bases d'une nouvelle ère. Lui veut, dans un premier temps, retrouver l'élite, puis assurer une stabilité au club. Ainsi, dès la première saison, avec Stefano Colantuono aux manettes, l'Atalanta impose un rythme d'enfer et termine en tête du classement, avec deux points d'avance sur Siena. Mais alors que le club célèbre la remontée, le scandale des paris clandestins vient frapper le capitaine, Cristiano Doni, qui aurait soi-disant conditionné l'issue de certaines rencontres. Lui dément, et le président Percassi s'indigne. Personne ne lui ôtera la Serie A. Personne ne cassera son joujou. Point.

Les joueurs à suivre : S'il ne finit pas en taule, Cristiano Doni pourra continuer à faire vibrer les tifosi. Au club depuis 1998 (avec une parenthèse entre 2003 et 2006), le chevelu a passé en novembre dernier le cap des 300 matches avec le maillot noir et bleu. A ses côtés, d'autres cadres comme Thomas Manfredini, Simone Padoin ou Gianpaolo Bellini tenteront d'apporter leur expérience. Mais comme à son habitude, l'Atalanta misera sur la jeunesse. Belle surprise de la saison, le milieu de terrain Giacomo Bonaventura, 21 ans, a même été convoqué en équipe d'Italie U21. Idem pour l'attaquant Guido Marilungo, 21 ans, qui a retrouvé ses sensations à Bergame après quatre mois de galère à la Sampdoria. Gare aussi au Chilien Carlos Carmona, 24 ans, désigné comme l'héritier de Pizarro.

Siena

Tout comme l'Atalanta, Siena refait surface un an seulement après son naufrage. Débarqués en Serie A en 2003, les Toscans était parvenus à enchaîner sept saisons consécutives en première division, obtenant quelques belles satisfactions grâce à des joueurs comme Enrico Chiesa, Tore-Andre Flo, Paolo Negro ou encore Massimo Maccarone. Le purgatoire de la B n'aura donc duré que 365 jours. Il s'agit, par conséquent, d'un premier véritable succès pour le nouveau président Massimo Mezzaroma (fils de Pietro, l'ancien patron de l'AS Roma) qui, intronisé en janvier 2010, avait débuté son aventure par une relégation. En fin de cycle, la formation a dû être renouvelée, à commencer par son entraîneur. Exit Alberto Malesani, c'est Antonio Conte qui prend les rênes de l'équipe en juillet dernier. Avec un jeu basé sur l'offensive, l'ancien joueur de la Juventus redonne des couleurs à l'équipe toscane. Dès les premières journées, Siena campe les premières places du classement et ne quittera jamais le Top 3. Quelques victoires éclatantes (5-0 face à Varese) laissent entrevoir de belles choses pour la remontée en Serie A. Mais à quelques jours de la fin du championnat, Antonio Conte annonce qu'il ne rempilera pas. Son amour de toujours, la Juventus, l'appelle. Conte craque, et laisse orphelin un public qui l'avait adopté comme un enfant du pays. Conte partiro.

Les joueurs à suivre : Capitaine de l'équipe cette année, Emanuele Calaiò, buteur à dix-huit reprises, sera également le point de référence du nouvel entraîneur, Giuseppe Sannino, la saison prochaine. Il faudra également suivre les premiers pas en Serie A de Salvatore Mastronunzio, ex-Ancona, auteur de cinquante buts lors des trois derniers championnats de Serie B. Pilier de l'équipe, Simone Vergassola devrait devenir le joueur le plus capé de l'histoire du club (il n'est qu'à dix-neuf longueurs de Michele Mignani). Face à ce dinosaure, quelques jeunes promesses tenteront d'émerger : l'Argentin Marcelo Larrondo (23 ans, attention à ne pas devenir une “éternelle promesse”), Luca Marrone, 21 ans, dont le prêt de la Juventus devrait être prolongé d'un an, ou Francesco Bolzoni, 22 ans, prêté par le Genoa. Au fait, des nouvelles de Mario Frick ?

Novara

La sensation, elle est là. Le grand retour du Novara Calcio en Serie A. L'attente a été longue, après cinquante-cinq années vécues dans les méandres du football italien. Avant la Seconde Guerre, Novara était l'une des équipes phares en Italie, atteignant même une finale de Coupe d'Italie en 1939. Puis plus rien. Le néant total jusqu'à l'été 2006. Alors que le pays est concentré sur l'affaire Calciopoli, la famille De Salvo rachète le club. L'objectif est clair : redorer le blason de cette équipe centenaire. Les nouveaux dirigeants se donnent cinq ans pour revenir en Serie B. Mais dès la saison 2009-10, Novara est compétitif. Le 13 janvier 2010, c'est le déclic. Novara affronte le Milan AC à San Siro, pour le compte des huitièmes de finale de la Coupe d'Italie. L'équipe piémontaise réalise un match incroyable, passe tout près de l'exploit, et se fait sortir dans les toutes dernières minutes. Mais l'impression est là : cette équipe a de l'avenir. Confirmation quelques mois plus tard : Novara est promu en Serie B. Arrivé en deuxième division, le club surfe sur l'euphorie et domine le championnat. La doublette d'attaque Bertani-Gonzalez fait des ravages, et Novara caracole en tête. L'hiver est plus compliqué, les joueurs d'Attilio Tesser (ancien de l'Udinese) peinent, mais parviennent à rester en haut, terminant troisièmes. Finalement, au petit jeu des plays-off, Novara se montre le plus costaud, et obtient son ticket pour la A au terme de la finale contre Padova. La famille De Salvo fait mieux que ses prévisions les plus optimistes. Success-story à l'italienne.

Les joueurs à suivre : Le capitaine, Raffaele Rubino, vante quelques apparitions en Serie A, et est devenu le phare de l'équipe depuis 2007. Toujours sur le front de l'attaque, Cristian Bertani, 30 ans, s'est imposé (sur le tard, certes) comme l'une des révélations de la saison. Auteur de dix-sept buts en trente-cinq matches, il a su transcender son équipe, notamment lors du rush final. A ses côtés, l'Argentin Pablo Gonzalez a également brillé, à tel point que Palerme a déjà mis le grappin sur lui. Attention aussi à Marco Rigoni, milieu de terrain formé à la Juventus, l'un des symboles de la promotion. Dans la jeunesse novarese, les regards seront portés sur le défenseur suisse Michel Morganella (22 ans), le gardien albanais Samir Ujkani (23) ou encore le défenseur français Guillaume Gigliotti (21), tous devenus piliers de l'équipe cette année.



Eric Maggiori

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Les articles d'Eric Maggiori sur le calcio italien sont toujours aussi suculents
Les ingrédients sont meilleurs en Italie! C'est tout de suite plus facile de cuisiner un article intéressant (sans t'enlever de mérite Eric!)
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