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Ils ont marqué le foot italien : Franco Baresi (5)

Chaque mois, jusqu'à l'Euro, Sofoot.com retracera les 100 joueurs qui ont marqué le football italien, espagnol, allemand, anglais et français. On arrive dans la dernière ligne droite du Top Italie, avec le joueur classé cinquième, l'immense Franco Baresi, charismatique leader des Rossoneri pendant 20 ans de 1977 à 1997. Cap sur les premiers pas d'une légende.

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L’histoire tient souvent à bien peu de choses. Certains appellent cela le destin, d’autres le hasard. Mais qu’importe le terme choisi, une chose est sûre : à peine quelques infimes détails suffisent à faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre. Dans une réalité parallèle où ces détails auraient été différents, Franco Baresi est peut-être même une légende de l’Inter. Car en dépit de sa naissance dans une famille de confession milanista, c’est bien avec les Nerazzurri que Franco a passé ses premiers tests lors de l’été 1974, à l’âge de 14 ans. «  Je voulais suivre mon frère Giuseppe (son aîné de deux ans, ndlr) qui était déjà à l’Inter. Je m’en souviens très bien, j’avais fait un essai sur le terrain de Rogoredo (un quartier de Milan, ndlr), mais ça n’avait pas été concluant. Ils m’avaient dit : "Repasse l’année prochaine." Il faut bien le dire, ils pensaient que j’étais nul (rires). »

Franco ne se laisse toutefois pas abattre par ce refus et décide d’aller voir si l’herbe est plus verte du côté de son club de cœur rossonero. Aidé par Guido Settembrino, son coach à l’Aurora Travagliato (le club de sa ville de naissance, ndlr), Franco parvient également à décrocher un essai à Milanello. Néanmoins, après l’avoir vu à l’œuvre, les Rossoneri sont tout aussi hésitants, comme le narrera Francesco Zagatti, à l’époque coach de la Primavera du Milan : « Franco avait une énorme volonté et un gros caractère, et il était aussi très bon techniquement, mais il était vraiment très frêle physiquement. » Le potentiel du jeune garçon chétif finit toutefois par faire la différence. « Je me souviens avoir dit à Sandro Vitali, qui était responsable des équipes de jeunes : "Écoute, c’est plus facile de construire un garçon comme ça physiquement que d’apprendre à un autre à jouer. Tentons le coup !" » C’est le début de la grande histoire d’amour entre le Milan AC et Franco Baresi.

Contre mauvaise fortune bon cœur


Très vite, le jeune Franco récompense la confiance des Rossoneri. Italo Galbiati, son premier coach au Milan, fait état d’un garçon surdoué : « Je l’ai d’abord eu avec les Giovanissimi (U15), mais il était tellement fort qu’on l’a directement fait passer avec les Allievi (U17). Et même avec cette catégorie, il a peu joué, car on l’a encore rapidement surclassé en Primavera (U19). » Le temps d’impressionner le coach des U17, Pippo Marchioro, qui s’émerveille devant sa facilité à se projeter vers l’avant ( « Excuse-moi, jeune garçon, mais j’avais demandé un défenseur… Mais bravo, continue comme ça » ), Franco passe effectivement en Primavera avec Francesco Zagatti. À 16 ans, en février 1977, il impressionne même lors du célèbre tournoi de jeunes de Viareggio, malgré la défaite en finale du Milan face à la Samp. Au point de susciter l’admiration d’un certain Gianni Rivera, spectateur de l’événement.

Malheureusement, si la progression sportive de Baresi a des allures de conte de fées, c’est tout sauf le cas de sa vie loin des terrains. Déjà privé de sa mère Regina à l’âge de 13 ans, Franco apprend effectivement le décès de son père Terzo, écrasé par une voiture. Il n’a pas encore 17 ans et se retrouve déjà orphelin. Italo Galbiati se souvient des funérailles : « On y était tous allés avec les entraîneurs des équipes de jeunes. Voir ce jeune garçon porter le cercueil de son père fut très émouvant. Je ne l’oublierai jamais. » Très vite rattrapé par la triste réalité de la vie, Franco ne s’en concentre que plus vigoureusement sur le ballon rond : « Ce que j’ai vécu a fait que je me suis un peu refermé sur moi-même. Quand j’allais sur le terrain, je donnais, j’exprimais peut-être un peu tout ce que je n’arrivais pas à exprimer en dehors » , témoigne-t-il. Quelques mois plus tard, le 28 avril 1978, à l’aube de son 18e anniversaire, Baresi est lancé en Serie A par Nils Liedholm. La première apparition professionnelle d’une légende.

La naissance d’une étoile


« Des gens comme (Luciano) Tessari, (Italo) Galbiati et (Francesco) Zagatti (tous anciens coachs de jeunes au Milan, ndlr) en disaient énormément de bien » , se remémorera Nils Liedholm. « Mais naturellement, à cette époque, on y pensait à deux fois avant de faire débuter un joueur aussi jeune en Serie A. Je me rappelle que Nereo Rocco (mythique entraîneur du Milan, qui a également été ponctuellement directeur sportif du club) m’avait dit : "Tu es vraiment fou de faire débuter un joueur aussi jeune à un poste aussi important que celui de libéro." » D’ailleurs, même si la titularisation de Baresi doit aussi à la suspension de Maurizio Turone (le libéro titulaire du Milan de l’époque, 136 matchs avec le Diavolo de 72 à 78), les doutes du « Padrone » sont partagés par une partie du groupe rossonero, et notamment les très respectés Ricky Albertosi et Fabio Capello.

« Albertosi (qui était gardien, ndlr) ne me faisait pas confiance. Il me répétait sans cesse pendant le match : "Que fais-tu ? Sois attentif !" J’étais confus, j’aurais bien voulu lui répondre, méchamment d’ailleurs, mais comment aurais-je pu ? » confiera à ce titre Baresi. Capello avouera quant à lui s’être trompé dans son jugement : « La première fois que je l’avais vu jouer, c’était avec la Primavera. J’aimais beaucoup son style, mais je ne le trouvais pas bon en défense à cette époque. Il était bien meilleur quand il avait le ballon. » Malgré les réticences à son sujet, Baresi réalise pourtant une première apparition professionnelle largement satisfaisante. Le Milan s’impose 2-1 face à Vérone et Gianni Rivera en personne encense son jeune coéquipier : « Ce jeune garçon fera du chemin » , adoube en effet le Golden Boy, logiquement pas effrayé par l’inexpérience de Baresi. Et l’avis du principal intéressé dans tout ça ? « Honnêtement, je n’étais pas aussi satisfait que ça de moi-même malgré les félicitations de Rivera. Mais on avait gagné, donc ça allait… » Le perfectionnisme des plus grands.

Bandiera du Milan, légende du football


Outre le fait d’avoir réussi sa première, Franco Baresi gagne surtout sa place pour la saison suivante. Mieux, il profite du départ de Maurizio Turone et des matchs amicaux de l’été pour convaincre Nils Liedholm de faire de lui le patron de la défense centrale rossonera. « Ça se voyait qu’il avait la personnalité pour réussir. Sur le terrain, il s’est montré autoritaire dès ses débuts » , confirmera le regretté coach du Milan. Désormais titulaire indiscutable, Baresi réussit l’impensable. Pour sa première vraie saison en Serie A, il emmène en effet le Milan jusqu’au titre de champion d’Italie, à la surprise générale. 11 ans après son dernier Scudetto, le Diavolo est à nouveau sacré. Il décroche enfin le dixième Scudetto de son histoire, le « Scudetto della Stella » , celui synonyme d’étoile brodée sur le maillot.

Un immense exploit qui tient pour beaucoup au jeune libéro. C’est en tout cas l’avis de Liedholm, qui affirmera que « Franco a sans doute été le joueur le plus important cette saison-là  » . Une saison qui verra d’ailleurs un Rivera tiraillé par les blessures mettre un terme à sa carrière. Difficile d’imaginer meilleur passage de témoin. Baresi enclenche : « Je n’en revenais pas de jouer aux côtés de Rivera, mon idole de jeunesse. J’ai beaucoup appris de lui. Notamment sur la façon dont il savait se faire respecter. » Rivera termine : « C’était évident au vu de ses caractéristiques aussi bien techniques que mentales que Franco pouvait avoir une glorieuse carrière. » Ce fut effectivement le cas, et c’est peu dire. Car aujourd’hui, près d’une quarantaine d’années après ce premier Scudetto, Baresi est une historique bandiera, incontestable et incontestée, du Milan AC.


Logique, puisqu’il y a joué pendant près de 20 ans, de ce premier match face à Vérone en 1978, jusqu’à sa dernière apparition en Serie A en 1997, pour 719 rencontres disputées toutes compétitions confondues. Logique, puisqu’à peine sa retraite officialisée, il verra son numéro retiré, et deviendra temporairement vice-président du club et responsable du secteur jeune. Logique, aussi, puisqu’il y est resté malgré deux relégations en Serie B, en 1980 et en 1982. Logique, surtout, parce qu’il y a tout gagné (6 Scudetti, 2 Serie B, 4 Supercoupes d’Italie, 3 Ligue des champions, 3 Supercoupes d’Europe, 2 Coupes intercontinales) et a fait partie de deux des plus grandes équipes de l’histoire avec Arrigo Sacchi et Fabio Capello à leur tête. « Je crois que ce qui a fait la différence a été la confiance que Liedholm a tout de suite eue en lui quand il a débuté. Gagner le Scudetto della Stella a été sa première consécration, et ce que lui a permis de faire une telle carrière » , confiera Capello.

« C’est le plus grand joueur avec lequel j’ai joué. Le plus impressionnant a été sa continuité. Pendant 20 ans au Milan, il a toujours joué à un niveau incroyable comme personne ne l’a fait, même ailleurs » , encensera le fidèle milanais Mauro Tassotti. Enfin logique, car celui qu’on a surnommé Kaiser Franz en référence à Franz Beckenbauer, un autre libéro de légende, a réalisé des prestations individuelles qui ont marqué l’histoire à tout jamais. Avec en point d’orgue cette extraordinaire copie livrée en finale du Mondial 1994, à peine 24 jours après s’être fait opérer du ménisque. Même s'ils ont finis champions du monde, les attaquants brésiliens Romário, Mazinho et Bebeto ne l’oublieront jamais. Car ce jour-là, malgré son tir au but manqué comme Roberto Baggio, Franco Baresi est devenu une légende du football.



Par Eric Marinelli Tous propos extraits du reportage de la Gazzetta dello Sport « Baresi raconte Baresi » et de l'épisode « I Campionissimi » , réalisé par la RAI et le Corriere dello Sport, qui lui a été consacré.
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