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  1. // FIFA Ballon d'Or 2010

Ils méritaient un Ballon d'Or

Si les trois dernières élections du soi-disant joueur de l'année ne prêtaient pas à débat, le Ballon d'Or 2010 a renoué avec une vieille tradition, celle des scrutins polémiques. Retour sur quelques lauréats sacrifiés sur l'autel de ce que certains appellent le « beau jeu » .

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1994. Paolo Maldini

Vainqueur de la Ligue des Champions, suite à l'écrasante victoire lombarde sur le Barça de Cruyff, Paolo Maldini passe à deux doigts d'un doublé magique deux mois plus tard. Mais au terme de la finale la plus triste de l'histoire de la Coupe du Monde, malgré l'affiche, la Squadra s'incline aux tirs au but devant le Brésil de Romario, grande star (avec Baggio) de la compète mais inéligible car non-européen. Le beau Paolo fut énorme durant la World Cup, mais puisqu'il est de coutume de donner le Ballon d'Or à un attaquant, autant le donner au meilleur buteur de la compétition. Spolié deux ans plus tôt au profit de Van Basten, Hristo Stoitchkov hérite du trophée. Et tant pis s'il a inscrit trois de ses six buts sur penalty.

1998. Dennis Bergkamp

L'avènement de Zidane en 1998 marque le début d'une nouvelle ère. Celle où il suffit de réussir sa finale de Coupe du Monde pour décrocher la timbale en décembre. Peu importe alors que vous soyez passé à côté de toute la compétition, que vous ayez étendu votre manque de culture tactique en prenant un rouge alors que vous menez 3-0, ou que vous refusiez de faire des passes à votre avant-centre sous prétexte qu'il prenait la place de votre pote. Auteur du doublé avec Arsenal et d'une Coupe du Monde somptueuse, Bergkamp, le hollandais non-volant (il refusait systématiquement de prendre l'avion), se voit snobé par un panel de journalistes à la mémoire bien courte. Sûr qu'il se serait quand même déplacé à Paris pour recevoir un trophée qui lui revenait de droit.


1999. David Beckham

Leader technique, esthétique et mercatique d'une équipe qui a pourtant tout gagné cette année-là (une année impaire qui plus est), David Beckham avait le tort de jouer en Europe du Nord, forcément moins vendeur que le Barça, et surtout, le Brésil. Alors va pour Rivaldo. Et tant pis si les Catalans n'ont pas passé les poules en C1, dans un groupe dominé par le Bayern et... Manchester United.


2002. Michael Ballack

Certes il n'a rien gagné cette année-là, à la différence de Roberto Carlos, autre candidat légitime. Mais quand même : vice-champion de Bundesliga, finaliste de la Coupe d'Allemagne et de la Ligue des Champions, auteur du deuxième total de buts en championnat avec le Bayer Leverkusen –faut il rappeler qu'il jouait milieu relayeur ?- Ballack est passé à un cheveu de tout rafler. A cela s'ajoute une finale- perdue évidemment- de Coupe du Monde 2002, compétition durant laquelle il ne fut pas loin d'être la seule star mondiale à évoluer à son niveau. Las, Ronaldo et sa quinzaine de matchs dans l'année seront sacrés en décembre, au prix d'une grosse Coupe du Monde et d'un transfert clinquant au Real Madrid. Depuis, Ballack incarne la lose ultime. Mais après tout, Poulidor était bien le plus grand cycliste français.

2005. Frank Lampard


Auteur d'une saison de martien (nouveau record de 164 matchs d'affilée, 19 buts, 16 passes décisives toutes compétitions confondues), le métronome des Blues de Mourinho n'a accroché que deux titres à son palmarès cette année là (plus une demie de C1). C'est déjà le double du lauréat Ronaldinho, dont la route en Champions s'est pourtant arrêtée brutalement au stade des huitièmes face à ... Chelsea, mais ça ne suffisait visiblement pas. Il aurait aussi fallu gagner la grandes oreilles. Et danser la samba. Et célébrer ses buts en agitant son pouce et son auriculaire tel un débile. Et jouer pour un club qui incarne le bien, et pas dans ce putain de club bourgeois bâti sur de l'argent sale.


Ils auraient aussi pu l'avoir :

Deco (2004), Kahn (2001, 2002), Raul (2001), Baggio (1994), Roberto Carlos (2002), Henry (2004), Pirlo (2006), Eto'o (2006, 2009), Litmanen (1995), Del Piero (1996, 1997)...

A lire : Retour sur le Ballon d'Or de Lionel Messi

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