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Il y a treize ans, Monaco entamait son périple rouge

Il y a eu le sourire jusqu’aux oreilles de Dado Pršo devant La Corogne, la madjer de Ludovic Giuly contre le Real Madrid et puis finalement les larmes de Gelsenkirchen après la défaite face au FC Porto. Avant tout cela, un déplacement au Philips Stadion qui pose la première pierre du fabuleux parcours monégasque en Ligue des champions 2003-04. Souvenirs.

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« J’aurais même préféré la gagner avec Monaco que la gagner, après, avec Manchester... Parce qu’on était une bande d’escrocs ! » Patrice Évra éclate de rire. Derrière les rires, les mots de celui qui a passé huit ans chez les Red Devils en disent long sur la place accordée à cette saison 2003-04 en rouge et blanc. Sa réplique tombe le rideau de l’excellent Intérieur Sport - « Les Yeux Rouges » - consacré à la dernière grande épopée d’un club français en Coupe d’Europe : l’AS Monaco de Didier Deschamps. Giuly, Rothen, Morientes, Squillaci, Givet, Rodríguez, Ibarra, Pršo, Plašil, Zikos, Bernardi, Adebayor...


Quand la bande d’escrocs débarque le 17 septembre 2003 au Philips Stadion d’Eindhoven, la plupart d'entre eux découvrent la Ligue des champions. « On n'était pas favoris » , rappelle Sébastien Squillaci. Mais l'insouciance prime sur l'appréhension. « On était à 200% à chaque match. Ces gars-là mettaient la tête où il ne fallait pas ! » , poursuit Jean Petit, l'adjoint de Deschamps à l'époque. Pour son entrée dans la compétition, l’ASM est opposée au champion des Pays-Bas, le PSV de Guus Hiddink. À l’extérieur. Un sacré morceau à l’époque, au sein d'une poule où se mêlent l’AEK Athènes et le Deportivo La Corogne – « l'équipe qui nous faisait le plus peur » , avoue Jean Petit.


 « Au début, on a chié mou »


Robben allume la première mèche, puis une deuxième qui s’écrase sur la barre transversale. La soirée de Flavio Roma s’annonce longue. « Au début, on a chié mou » , plante Édouard Cissé, l’un des seuls joueurs dans le groupe – avec Fernando Morientes – expérimentés dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. Monaco subit, mais Monaco tient. Et crée la sensation à la demi-heure de jeu grâce à une nouvelle recrue venue du Real. « Morientes, il avait la classe sur et en-dehors du terrain » , assure Squillaci. Sur coup franc, l'Espagnol reprend au deuxième poteau une merveille d’enveloppé servi par Rothen (0-1, 31e). À la mi-temps, l’ASM et son élégante tenue noire mènent au score.

Guus Hiddink réagit en sortant un milieu pour Jan Vennegoor of Hesselink – « un animal, celui-là » , lâche Squillaci. Le buteur rejoint Park Ji-Sung, Arjen Robben et Mateja Kežman sur le front de l’attaque. Du beau monde, en somme. Pourtant, une fois encore, c’est Monaco qui surprend son adversaire. À la manœuvre, le duo Cissé/Morientes paraît facile : une-deux, double une-deux... « Mon but ? Je l’ai revu il n'y a pas longtemps. On mène déjà 1-0 et on se lâche, narre Cissé. Bam-bam avec Morientes, c’est fluide... » Et ça finit au fond sur une frappe à bout portant (0-2, 56e).

« Didier, tu as l’équipe pour aller en finale »


Dans la foulée, le coup franc direct de Wilfred Bouma relance complètement les débats (1-2, 65e). « Quand ils reviennent au score ? Oui tu trembles, on restait un groupe jeune. Mais on donnait nos vies en défense » , appuie Édouard Cissé. Les Hollandais butent sur le bloc monégasque, l’ASM tient son premier exploit. « On a dormi là-bas, on ne réalisait pas tout de suite. C’est seulement le lendemain, en ouvrant les journaux lors de notre retour à Monaco, que l’on a senti qu’on avait fait un truc pas mal. » Après cette victoire à l’extérieur, le club se projette vers les huitièmes de finale, tout au plus. Loin de s’imaginer une si belle suite en main.


Mais un homme a déjà senti le coup : c’est Guus Hiddink. Au coup de sifflet final, « Guus Geluk » glisse une confidence à l'oreille de Deschamps : « Didier, tu as l’équipe pour aller en finale. » « Didier a mis du temps à nous raconter l’anecdote, se rappelle Cissé. Et il a eu raison. » La suite, c'est le Depor, Moscou, les Galactiques, Chelsea... Signé les escrocs.

Par Florian Lefèvre Tous propos recueillis par FL sauf mentions.
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Dans cet article

neo_la_fifouze Niveau : DHR
P*tain treize ans...
Mon plus beau souvenir de coupe d'Europe, et je ne suis même pas supporter de l'ASM.
La Duchesse d'Aquitaine Niveau : Loisir
C'est bien évidemment moi qui ai inspiré cet article grâce à mes coms sur le compte-rendu du match à Tottenham.
Note : 2
La dernière magnifique histoire du football français de club. Ce qui était magique cette année, c'est le beau parcours de l'OM en Coupe Uefa également. Deux finales européennes pour deux clubs français, aujourd'hui ça viole les oreilles rien que de le dire à voix haute.


Ce Monaco était d'une fraîcheur ahurissante, une sorte de rosée du matin qui te conforte dans l'idée que le football c'est magique. Cette phase de poule totalement maîtrisée, les mecs vont tordre le Deportivo 8-3 à domicile. Quand on connaît la qualité du Depor de l'époque, habitué au top 4 de LIGA et futur demi finaliste de la compétition c'était une performance incroyable.

Je crois que les galiciens étaient allés jusqu'à brûler leur tunique hideuse de cette soirée là.


Puis les matchs à élimination directe, Lokomotiv Moscou/Real/Chelsea ils se sont sortis les doigts pour arriver en finale. Malheureusement à l'époque c'était l'émergence d'un tacticien et meneur d'hommes hors pair: José Mourinho. Le mec a calciné la Desch en finale, 3-0 sec, grosse déception.

Peut-être que Deschamps est un coach qui ne sait pas gagner les finales, comme Klopp.


Porto-Monaco, j'ai l'impression qu'une opposition de ce style en finale de C1 ce n'est plus possible. Qui sait, cette année, pourquoi pas?
La volonté dégagée par ce groupe monegasque était phénoménale. Seulement arrêtes par un Porto avec a sa tête un quasi inconnu...Mourinho qui continuait à forger sa jeune légende.

Coeur sur toi Ibarra!
Quand on pense que 4 ans avant ce périple européen, Monaco était champion avec Trezeguet, Simone, Gallardo, Marquez, Lamouchi, Da Costa, Sagnol, Djetou, Barthez et Riise.

Quand ces joueurs sont partis, beaucoup prédisait le pire à l'ASM.
Je me rappelle encore des réactions quand DD à mis sur le banc Gallardo au profit de Rothen. Beaucoup pensait (moi le premier)que c'était de la folie de se passer du génial argentin.
vennegoor of hesselink Niveau : District
Purée 13ans. Comme dit plus haut, mon plus beau souvenir footbalistique. La poire du Dado, speedy Ibarra, speedy Giuly, l'élégance Morientes, la gueule de poupon de Plasil...

Epopée toujours, le PSV 2005 était tout aussi insouciant et plein de fraicheur. La demie contre le MilanAC est un des matchs les plus fous qui m'ai été donné de voir, 3-1 pour le PSV, mais 2-0 à Meazza..
Cette équipe était extraordinaire. Quand j'y pense, j'en chiale presque, et pourtant je ne suis même pas supporter monégasque.
Rien que de lire une de ces vieilles compos de Monaco ça fous les frissons
Cette branlée mise au Real galactique, un total manque de respect, c'etait magique! Ibarra et ses coups du foulard intempestifs! Quelle année mes amis, ce serit vraiment cool un article "que sont ils devenus?" pour les joueurs qui ont participé à la plus grand épopée en coupe d'Europe de l'hstoire récente du foot francais! Jusqu'a quand les derniers?
velvetfinger Niveau : Loisir
Que de souvenir, moi non plus pas supporter de l'ASM mais putain quel 11, derriere costaud, les 2 travailleurs zicos bernardi et devant un giuli de feux + rothen + morientes, ca avait de la gueule. Par contre ce qui leur coute le titre tant en ligue 1 que en C1 c'est la profondeur de l'effectif, certain on blame deschamps mais la verite c'est qu'il avait un banc trop faible pour aller au bout.
Benzema, Why U Do Dis? Niveau : District
Raaa cette équipe de morts de faim, les mecs avaient horreur de la défaite (merci DD xD) et puis ça jouait tellement bien.

Mon joueur préféré à l'époque: Dado Prso, un vrai golgoth, et sa queue de cheval... <3
ZizouGabor Niveau : CFA
Mouais... si je me souviens bien, Monaco peut marquer au bout de 10 minutes et Giuly, qui était le plus en vue en début de match, sort au bout de 25 minutes et derrière c'est fini pour les monégasques !
ZizouGabor Niveau : CFA
Mais ce Monaco a fait ce que l'Olympique Lyonnais des années 2000 n'a jamais réussi, allez en finale de C1 et marquer l'histoire du foot français en Europe.
Tres bel article
Merci Sofoot
C'était une C1 de transition, comme l'année suivante, avec aucune équipe sortant vraiment du lot. On le voit, le Depor démonté par l'ASM est allé en demis, le PSV y va un an plus tard et y perd injustement, Porto gagne en s'étant fait nettement surclasser par un Real en fin de cycle en poules, l'ASM mérite 3 et de sortir face au Lokomotif sans une moule insolente. C'est d'ailleurs un peu le même scénario qu'à l'Euro 2016, ou à la même époque à celui de 2004.

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