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Il y a dix ans, Arsenal disait adieu à Highbury

D’aucuns en parlaient comme d'un temple sacré. D’autres y ont tout connu, la passion, la fièvre des grands soirs, la souffrance aussi. Il y a dix ans jour pour jour, les lumières d’Highbury s’éteignaient définitivement après près d’un siècle à écrire l'histoire. Un adieu chargé en émotions et encore ancré dans toutes les mémoires des Gunners.

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Pour sa toute dernière course, le roi des lieux recule encore et encore. Comme s’il voulait arrêter le temps. Retarder cette échéance qui a tout d’un crève-cœur. Après plusieurs enjambées, Thierry Henry, le regard toujours aussi impassible, s’élance au coup de sifflet de l’arbitre. Et trompe, cette fois sur penalty, Mike Pollitt pour la troisième fois. Puis, en guise d’ultime hommage, l’attaquant français se met à genoux avant d’embrasser la pelouse d’Highbury. Son « jardin » , comme il aimait tant le rappeler. Grâce à son joueur fétiche – auteur d’un hat-trick portant alors son total à 216 buts toutes compétitions pour son club de toujours –, Arsenal clôt sa saison par une victoire probante contre Wigan (4-2) et subtilise par la même occasion la quatrième place synonyme de tour préliminaire en Ligue des champions à son rival honni de Tottenham. Pourtant, même si dans dix jours se profile une finale européenne historique au Stade de France, les Gunners sont partagés entre plusieurs sentiments ce 7 mai 2006. Parce que d’ici peu, la fameuse Clock End s’en ira offrir l’éternité à l’Emirates Stadium. Parce que dans quelques heures, Highbury ne sera plus, après quatre-vingt-treize ans d’existence. Alors chacun entend profiter jusqu’au bout de cet adieu mâtiné de nostalgie et d’allégresse.

Vidéo

« Personne ne voulait quitter le stade, personne ne voulait partir, se remémore encore mélancolique Robert Pirès, buteur lors de cette journée si spéciale et désormais consultant sur beIN Sports. Pour nous, les joueurs, cela a aussi été une journée difficile et très triste. On voulait rester au maximum, en profiter jusqu’au bout. Je me souviens que les trois derniers à avoir quitté la pelouse, c’est Thierry Henry, Ashley Cole et moi. On n’avait pas envie d’y croire. On se disait : "Non mais attends, ce n’est pas possible." » Parmi les plus de 38 000 spectateurs tassés dans les gradins et arborant un tee-shirt rouge ou blanc avec l’inscription « I was there » , Francis Peyrat, président d’Arsenal France (association officielle des supporters francophones du club londonien) était l’un de ces rares privilégiés : « Une, deux heures après le match, les supporters étaient restés dans les tribunes. Le chanteur de The Who, Roger Daltrey, avait participé à la cérémonie, tandis qu’Henry et Wenger se sont vus remettre des prix. Aux abords du stade, les rues étaient toutes fermées. C’était comme une kermesse, mais on était tous à moitié contents, à moitié tristes. Parce que c’était comme quitter sa chambre de gosse. » C’était peut-être aussi, quelque part, la fin d’une lune de miel sans pareille.


« La souffrance de l’échec, l’extase, l’amour, je les devais tous à Highbury »


« Il y a quelque chose ici que vous ne trouverez nulle part ailleurs dans le monde. C’est spécial, ce stade est spécial, son histoire est spéciale. » C’était il y a une décennie, et cela reste encore les derniers mots d’Arsène Wenger à propos d’Highbury. Le technicien alsacien le savait mieux que quiconque, « Arsenal Stadium » – le nom originel du stade – était bien plus qu’une simple enceinte. Ce jour-là, un pan de l’histoire d’Arsenal s’en est allé. Après presque un siècle où se sont entremêlés l’ivresse, des moments de communion rares, des déconvenues brutales aussi. Highbury était avant tout un rêve caressé par un homme depuis 1910. Celui d’Henry Norris. Président de Fulham et de Woolwich Arsenal (nom de l’équipe jusqu’en 2014), le businessman anglais choisit de s’investir davantage avec les Gunners après une fusion avortée entre les deux clubs londoniens auprès de la Football League. Dans la foulée d’un exercice 1912-1913 passé à l’échelon inférieur, Highbury voit le jour en septembre 1913. Un bijou architectural pensé et dessiné par Archibald Leitch, lequel a également été impliqué dans la construction de White Hart Lane, de Stamford Bridge, d'Anfield, de Goodison Park, d'Old Trafford ou encore du Celtic Park.


Il faut toutefois attendre la venue du très novateur Herbert Chapman (inventeur du WM, staff technique, numérotation des maillots, crampons en caoutchouc notamment) pour qu’Highbury ne vibre. Sous l’impulsion de l’Écossais aux idées sagaces, Arsenal domine outrageusement le football anglais pendant les 30’s (championnats en 1931, 1933, 1934, 1935 – année où Highbury établit son affluence record avec 73 295 spectateurs – et 1938, FA Cup en 1930 et 1936). Avant de connaître ensuite une longue période d’affaiblissement, puis de revenir ponctuellement sur le devant de la scène au début des années 70 (Coupe de ville des foires, championnat-Cup en 1971). Une époque dorée où George Graham, Pat Rice et Frank McLintock s’érigent comme les acteurs majeurs d’un écrin majestueux. Dans son célèbre livre Fever Pitch, qui relate sa vie de supporter des Gunners au commencement des seventies, le romancier anglais Nick Hornby dépeint avec beaucoup de justesse ce que la « Home of Football » (surnom donné à Highbury) était capable de procurer émotionnellement : « À cette époque, le football était ma vie et il ne s’agit pas ici d’une métaphore. Je l’éprouvais dans ma chair : la souffrance de l’échec, l’extase, l’ambition frustrée, l’amour et même l’ennui (la plupart des samedis à vrai dire), ces états d’âme, je les devais tous à Highbury. »

Le temple des grandes histoires


Mais réduire l’enceinte britannique essentiellement à cela serait pour le moins trompeur. Car Highbury est un temple chargé d’histoire. Un marqueur temporel, un théâtre où a eu lieu la première retransmission radio de l'histoire du ballon rond, la première retransmission télévisuelle, les premiers projecteurs pour jouer en nocturne, les premiers écrans géants, l’un des premiers films de cinéma liés au football réalisé en 1939 (The Arsenal Stadium mystery) et même un match de boxe pour le titre de champion du monde poids lourd entre Mohammed Ali et Henry Cooper en mai 1966. Les années 90 marquent toutefois un tournant. Dans la foulée du drame d’Hillsborough, le stade est soumis de s’astreindre à 38 500 places toutes assises en 1993. De là découle véritablement la singularité d’Highbury. « C’était un stade typique à l’anglaise, avec quatre tribunes très proches des joueurs, sans grillages ni barrières et pas de séparation entre les fans des deux équipes, souligne Robert Pirès, Gunner durant six saisons (2000-2006). Tu sentais que c’était très familial. C’était un stade particulier pour l’atmosphère qui y régnait à chaque match, pour le feeling qu’il y avait entre les fans et les joueurs. »


Un sentiment partagé par Francis Peyrat, lui qui fut un spectateur assidu dans les tribunes : « Pour nous, fans, Highbury était comme un temple. On sentait vraiment une proximité avec les joueurs, on pouvait les entendre parler entre eux sur le terrain. Je me souviens aussi d’un 7-0 contre Everton (mai 2005) où la foule avait été assez hystérique. » Aussi unique soit Highbury, l’écrin s’avère trop étriqué au fil du temps par rapport au gotha européen. Parce que sous l’impulsion d’Arsène Wenger, Arsenal garnit son palmarès, se développe à l’international et attire logiquement plus de monde, obligeant d’ailleurs le club à jouer certains matchs à Wembley. Conscient que la situation doit évoluer, le manager français et ses dirigeants amorcent la construction de l’Emirates Stadium en février 2004. « J'ai réalisé que ce club avait énormément de fans, soufflait il y a quelques années Wenger. Aucune entreprise ne peut laisser de côté 30 000 personnes chaque week-end. C'était injuste pour tous ces gens et il fallait bien faire quelque chose de spécial. On l'a fait avec ce nouveau stade. » Avant de s’y installer définitivement, Arsenal offre une dernière saison 2005-2006 sous le signe de l’hommage. Avec, notamment, un maillot grenat en référence à celui arboré en 1913 par les joueurs et le retour de la mascotte David Stacey qui marchait au bord du terrain dans les 50’s.

« Ce jour-là, une petite partie de moi s’est éteinte, parce que j’aimais cet endroit »


Puis vient le 7 mai 2006, le 1689e match des Gunners en championnat et le moment de dire au revoir. « On était que de passage. Et quand tu n’es que de passage, l’important est de marquer l’histoire de ton empreinte. Je crois qu’on l’a fait, notamment avec les « Invincibles » , assure Pirès, qui a par ailleurs acheté un appartement au sein du complexe immobilier qui trône désormais à la place de l’ancien stade. Aujourd’hui, si tu discutes avec les supporters d’Arsenal, ils sont très nostalgiques d’Highbury. Après, l’Emirates est un très beau stade, notamment en ce qui concerne l’architecture. Mais ce n’est pas pareil, je préférais l’ambiance et l’atmosphère d’Highbury. (Sourire) » « C’est vrai qu’il a fallu deux-trois ans avant de voir vraiment de l’ambiance à l’Emirates. Mais je me rappelle certains matchs à Highbury où on n'entendait que les mouches voler, nuance pour sa part Francis Peyrat. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’Highbury était surnommé par certains "The library" (la bibliothèque en VF). » Dix ans ont maintenant passé. Mais pour Thierry Henry, lui dont l’attachement viscéral à la « Home of Football » a toujours été peut-être plus palpable que chez quiconque, les souvenirs demeurent encore intacts, comme il le révélait dans le livre Invincible d’Amy Lawrence. « Je dirais que c’est quelque chose qui me revient en tête une fois toutes les deux semaines. Quand j’étais assis avec Ashley sur ce petit podium, je savais que je ne reverrais plus ce stade. C’était un jour triste. Je me sentais être devenu comme un fan d’Arsenal. Je comprenais ce que c’était. J’aimais Highbury. Et, ce jour-là, une petite partie de moi s’est éteinte, parce que j’aimais cet endroit. » Depuis, le roi a toujours refusé de revenir sur place. Là où son jardin d'antan était aussi son plus beau terrain de jeu.

Par Romain Duchâteau Propos de Robert Pirès et Francis Peyrat recueillis par RD // Photos : @FrancisPeyrat
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