« Il faudra remonter la saison prochaine »

Le FC Nantes a un nouvel entraîneur. Le troisième de la saison. Il se nomme Baptiste Gentili et était encore au club il y a 18 mois, alors adjoint de Der Zakarian. Parti droit dans ses pompes, il revient aujourd'hui serein, convaincu que tout peut repartir. Pour ses premiers jours, il a programmé deux entraînements quotidiens auxquels il ajoute des entretiens individuels avec les joueurs et la découverte de son staff. Il prend quand même le temps de nous répondre.

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Bapti, cela fait une semaine que l'on vous annonçait de retour à Nantes, c'est finalement arrivé...


Au départ, cela s'est vite passé, on s'est mis d'accord, et puis il y a eu un contretemps. Ça aurait pu se faire il y a une semaine, mais bon... Enfin je savais qu'il y avait beaucoup de travail.


Vous avez hésité avant de venir ?


Oui, oui, forcément, j'ai réfléchi. De ce que j'en voyais de Corse, il y avait un climat néfaste dès que l'on parlait de Nantes. Le message que tout le monde voulait faire passer, c'était : pour aller à Nantes aujourd'hui, il faut vraiment être un mort de faim. J'ai pourtant quitté ma famille, Ajaccio... Je ne suis pas fou pour autant. Nantes, c'est un monument du football français. La fierté, c'est ça. Après, plus que d'y être, il faut y réussir. Sinon, on ne reste pas.


Ça ne va pas être difficile de réussir avec un effectif aussi pléthorique ?


Ça oui. Mais quand un club est en crise, il y a souvent des joueurs en trop. C'est le choix de certains et ils doivent l'assumer. Nantes, c'est clair, ce n'est plus ce que c'était. Mais quand je vois les commentaires que le club suscite, notamment dans la presse locale, je me pose des questions. Comment peut-on autant noircir le tableau ? Selon toute logique, même si le président n'aime pas le club, il a investi, il veut donc que ça se redresse. Je comprends l'agacement qu'il y a autour du club, des supporters par exemple, mais ce n'est pas en critiquant, avec de la violence parfois, que la confiance va revenir. De tout ça, nous, le sportif, nous devons faire abstraction et avancer. Ce n'est pas évident.


Avez-vous appelé Michel Der Zakarian depuis votre retour ?


Je n'ai pas réussi à l'avoir. Je suis arrivé hier, entre les présentations et les premiers entraînements, c'est difficile. Mais je vais le faire.

Vous êtes appelé au nom de votre courage et de votre fidélité. C'est comme ça qu'on avait promu José Anigo...


Moi, ces clichés, je n'y prête pas attention. Le premier point, on le fera à la fin du championnat. On verra si le président est content, pas content. Et puis, il se peut que lui soit content, mais moi non. D'ailleurs, contrairement à ce qui peut être dit, je ne laisserai personne m'empêcher de faire ce que je veux. En fait, quoi qu'il arrive, je ne veux pas avoir un sentiment d'inachevé, me dire que je n'ai pas tout tenté.


C'est un regret né de votre premier passage ?


Non, tout simplement parce que je n'ai pas l'impression que ce fut un échec. Le premier objectif, on l'a atteint. Le deuxième, on est virés au bout de trois journées. Avec ce genre de couperet, l'entraîneur d'Auxerre ne serait pas allé bien loin cette saison. Il est pourtant sixième.


Makélélé parle de limiter la casse pour parler la fin de saison du PSG. Est-ce que c'est le même objectif pour Nantes ?


C'est pareil, il faut inverser la tendance. Se servir des erreurs qui ont été faites pour mieux repartir. Il faudra remonter la saison prochaine. Mais cela se prépare dès maintenant.


Sur quoi allez-vous vous appuyer ?


Contrairement à ce que l'on tente de dire, tout n'est pas à jeter dans ce groupe. Mais ce qui m'a frappé lorsque je regardais les matchs à la télé, c'étaient les visages : des têtes de perdants. C'est ce qu'il faut changer en priorité. Depuis les premiers échanges, je vois qu'il y a de quoi faire revenir la confiance. Je vois des comportements positifs, je pense avoir laissé de bons souvenirs. Mais il ne va pas falloir se dire « Bapti, il est gentil » , il va falloir se bouger sur le terrain.

Si ca marche, vous allez faire revivre le derby Nantes-Rennes. Avec deux entraîneurs corses sur les bancs...


Avant de se projeter aussi loin, je retrouverai avec plaisir Olivier Pantaloni, l'entraîneur de l'ACA. C'est dans pas longtemps en plus... Mais j'ai aussi un excellent contact avec Antonetti et ça me ferait bien plaisir de l'affronter pendant 90 minutes dans le cadre d'une grosse affiche. Ça prouverait que les techniciens corses ont du savoir faire et que les clubs de l'île auraient mieux fait de se servir du vivier qui était à portée de main.

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