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« Il est sur quelle chaîne, le match ? »

SFR Sports s'est adjugé les droits des coupes d'Europe à partir de 2018. Une nouvelle triste pour l'accès au football du grand public, et qui pousse un peu plus les fans à dépenser beaucoup d'argent dans des abonnements trop nombreux. Le monde a bien changé depuis l'époque où tout le monde pouvait regarder un match de temps en temps...

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On s'était tellement habitués à eux qu'on s'était offert le luxe de les charrier. Les hurlements de possédé d'Omar da Fonseca, la dégaine de vendeur d'électroménager d'Alexandre Ruiz, les interviews en vingt-six langues d'Anne-Laure Bonnet... Un petit folklore de jour de match auquel les deux à trois millions d'abonnés de beIN s'étaient habitués, et pour qui la troupe de la chaîne créée au Qatar était quasiment devenue une bande de potes. Et pourtant, quelques années plus tôt, l'arrivée bruyante et un chouia violente de beIN dans le paysage audiovisuel français avait fait grincer des dents. Après le PSG, voilà que l'émirat raflait tous les droits télé possibles et imaginables. En quelques années, les chaînes du groupe ont réussi à concentrer un nombre complètement inédit de compétitions sportives en tous genres, de l'athlé au foot en passant par la natation, la NBA ou le cyclisme, et on se demandait s'il existait encore sur cette planète un type en train de transpirer qui n'était pas filmé par les caméras de beIN. Régulièrement, on entendait cette question posée à moitié sur le ton de la plaisanterie, à moitié sur un ton sérieux : « Mais il leur reste quoi à Canal ? » Et au fond de la pièce, il y avait toujours un fan de grosses voitures qui font beaucoup de bruit sans vraiment penser à la planète et aux banquises pour répondre : « La Formule 1 ! » Complètement dépouillé et vidé d'une grande partie de son contenu, Canal+ était devenu une chaîne fantôme pour les centaines de milliers d'abonnés qui résiliaient leur contrat, sans que les réformes de Bolloré ni le service Canal+ à la demande ne puissent les retenir.

La vie était simple, la vie était belle


C'était triste, et les nostalgiques des grandes années de Canal pouvaient légitimement verser leur larmichette. Fini ces années où, dix secondes après le début d'un match de Ligue 1, ils pouvaient savourer égoïstement leur soirée football en pensant aux millions de non-abonnés chez qui l'écran était devenu crypté. Mais tous ceux qui sont tombés dans les bras de beIN ont fini par s'habituer au confort de cet accès inédit à autant de football. Les quelques matchs que Canal avait réussi à conserver ? On se débrouillait toujours pour aller les voir dans un bar, ou en grattant les codes d'un pote. Quant aux matchs des Bleus ou à la Ligue Europa, on n'avait qu'à zapper sur TF1 ou W9. Bref, la vie était simple. Puis SFR Sports est arrivé, grain de sable dans cette belle machine, qui a commencé par voler la Premier League. Aujourd'hui, la chaîne continue son rapt et vient de chiper les droits de la Ligue des champions et la Ligue Europa pour la période 2018-2021. Au programme sur SFR Sports ? Rien de bien révolutionnaire. Des émissions au nom qui sentent bon la sueur - Le vestiaire -, des champions du monde 98 comme consultants, et des intervenants plus ou moins interchangeables. Et le constat est désormais là, terrible : pour regarder du football en France, il faudra bientôt être abonné à au moins trois chaînes, et y consacrer un budget plus important que l'abonnement au stade dans certains clubs de Ligue 1.

La fin des discussions avec la grand-tante


En 2014 et en 2016, plusieurs matchs de la Coupe du monde et de l'Euro étaient diffusés exclusivement sur beIN, ce qui privait de compétition tous ceux qui voulaient juste regarder du foot une fois tous les quatre ans sans devoir payer une chaîne pour y avoir droit, c'est-à-dire une grande majorité de Français. Tous ces moments absurdes où l'on se retrouvait à discuter avec sa grand-tante d'un Australie-Tchéquie qu'elle avait regardé en faisant du repassage, en expliquant « je suis tombée dessus par hasard en mettant la télé sur la une, c'était pas mal, je regarde jamais de football, mais j'aime bien la Coupe du monde ! » , ils sont aujourd'hui loin derrière nous. Tous comme ces souvenirs de soirées de Ligue des champions passées devant TF1, avec les commentaires de Thierry Gilardi dans les oreilles, en pensant à tous ceux allergiques au ballon rond qui allaient allumer leur télé et râler : « Ho non, encore du foot, y a que ça partout ! » En 2017, les soirs de Ligue des champions, TF1 diffuse Grey's Anatomy ou Alice Nevers, le juge est une femme. Il n'y a plus de foot partout, du moins plus sur le service public, et les fans qui veulent encore regarder les matchs se retrouvent face à une multitude de compétitions éparpillées un peu partout sur les chaînes les plus chères du PAF. Et en quelques années, l'éternel « il est sur quelle chaîne le match ? » a été remplacé par un bien triste « qui a un lien streaming ? » Pour se retrouver finalement à regarder le match avec des commentaires en ouzbèke, et la même qualité que sur la 4, mais en crypté. C'est peut-être ça, la revanche de Canal+.




Par Alexandre Doskov
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