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Iker et Xavi, amis pour la vie

Contre l’Arabie Saoudite ce soir (en amical), Xavi et Casillas inaugurent le prestigieux prix Prince des Asturies reçu cette semaine. Mais Iker et Xavi sont un peu plus que des copains.

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Iker et Xavi sont un peu plus que des amis. «  On s’est connus il y a déjà 15 ans. On avait 15 et 16 ans. Nous sommes passés par toutes les catégories ensemble et avons vécu des vies parallèles  » se remémore Iker. Cette semaine, les deux frères ont été récompensés du prix Prince des Asturies catégorie « sport » . En Espagne, il n’y a rien de mieux à gagner que cette sorte de Palme d’Or. Tout le monde peut la gagner pour peu que le destin de l’intéressé puisse être un exemple pour le reste de l’humanité. Iker et Xavi succèdent à Sebastien Coe (1987), Carl Lewis (1996), le Tour de France (2003) ou Haile Gebreselassie (2011). Arantxa Sanchez-Vicario, présidente du jury motive sa décision : « Ils ont toujours su montrer une attitude conciliante et permis ainsi de limer les différences entre joueurs et aficionados. Ils ne sont pas seulement un exemple de fair play pour tous, ils représentent aussi les valeurs de l’amitié et de l’entraide. » Il y a donc au moins deux êtres parfaits sur cette Terre. Et ils sont espagnols.

Le Radeau de la Méduse

Les amis ont quelque chose à voir avec les rescapés. Peu importe à vrai dire que Xavi et Iker se soient connus en 1997, en Égypte lors du mondial U17 (troisième place). Peu importe aussi qu’ils aient tout fait gagner à leur pays depuis qu’ils sont adolescents (Mondial U20, Argent à Sydney en 2000, Euro 2008, Mondial 2010, Euro 2012). Ce qui compte, au fond, c’est qu’ils ne soient plus anonymes au milieu de centaines de jeunes promesses condamnées à nous faire rêver. Barkera, Alex, David, Orbaiz, Bermudo ou Colsa sont peut-être aussi encore amis depuis 1997 mais leur relation n’intéresse plus personne. Iker et Xavi ont forgé leur caractère dans les mêmes frustrations (être canterano dans un club immense), les maigres opportunités (Del Bosque au Real, van Gaal au Barça), les mêmes projets en commun (la sélection senior) et surtout les mêmes responsabilités de grands frères parmi les mal-appris.

L’an passé, lorsque durant un Real-Barça de Supercoupe d’Espagne empesté de polémiques un doigt s’enfonce dans un œil, lorsqu'un camarade de sélection attrape par le cou un autre camarade de sélection, lorsqu’un autre encore simule des agressions de son collègue, bref, lorsque la fin justifie les moyens, quelque chose ne tourne plus rond entre les amis. Les chefs de clans peuvent bien accuser leurs adversaires - Iker à base de « Fabregas a plongé, comme d’habitude  » , Xavi sur l'air de « l’attitude du Real Madrid est lamentable » -, le pyromane Mourinho exulte car il arrive à ses fins : générer la tension nécessaire à la mobilisation de son vestiaire. Mais en Espagne, on a connu beaucoup trop d’affrontements meurtriers entre rivaux d’une même famille. La sélection, orgueil du Royaume, est un intérêt supérieur. Alors comme dans les meilleures histoires, les deux grands frères prennent leur téléphone et éteignent un incendie qui aurait pu ravager le fragile équilibre du vestiaire espagnol. Mourinho est furieux et suspend Iker un match. Mais peu importe. Le radeau de la Méduse arrivera à bon port. L’Espagne surmonte ses tensions et remporte l’Euro dix mois plus tard. Et c’est surtout grâce à eux.

Le début de la fin

Mais le monde est ingrat et ce prix n’est pas une récompense, c’est une couronne de fleurs. Certes, c’est l’occasion d’embrasser les deux camarades, de les remercier des exploits passés et de leur remettre des colliers de fleurs. Mais c’est aussi une autre façon de s’habituer à vivre sans eux. Ce soir, Valdés sera dans les buts espagnols. Certes, le gardien catalan ne pourra jamais espérer plus qu’un poste d’assistant du Saint et Casillas a encore le temps de battre d’autres records de longévité. Mais voir une Espagne sans Casillas (138 sélections) est déjà le commencement d’un drame. Xavi Hernandez, lui, devrait débuter la rencontre. Mais l’Arabie Saoudite ne mérite pas de forcer les tendons fragiles du trentenaire. La mi-temps du match sera l’heure de Fabregas, Silva et Beñat. Xavi et Iker n’en seront pas ou peu. Les deux amis ont vécu trop de naufrages ensemble pour ne pas savoir de quoi sont faits les lendemains de fêtes. Les médailles et les éloges ne comptent pas pour les amis. Ce qui importe, ce sont les années passées ensemble à grandir, à souffrir, à jouer, à se marrer. Xavi le sait : « Nous n’avons jamais eu besoin d’un prix pour renforcer notre amitié  » . Comme des frères.


Par Thibaud Leplat
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Dans cet article

footchampagne Niveau : Ligue 2
Note : 1
Tout ça pour dire qu'ils sont potes.
2 personnages simples qui ont su garder les pieds sur terre, je trouve ça respectable et honorable (surtout lorsqu'on atteint un tel niveau).

D'autre part, je trouve affligeant l'attitude qu'a pu avoir le Mou (suspension d'Iker pour le coup de fil passé à Xavi pour remettre les choses à plat). Je ne veux pas cracher sur ce grand entraineur mais, sur ce coup là, il n'a fait qu'envenimer les choses pour finalement arriver aux clasicos avec l'ambiance qu'on a tous vu.
Perso je préfèrerai qu'ils se foutent sur la gueule ... sur un malentendu, ça nous emènerai au Brésil en 2014.
C'est pitch du remake espagnol de broke back mountain ?
vinceletah Niveau : CFA
Exactement enzato il manque plus qu un trip a trois ou ils se feraient des pipes au miel avec un cheval et c'est brokeback montain Espagnol!
Deux grands bonhommes du football, sans qui l'Espagne aurait probablement un palmarès toujours vierge. Mais je suis d'accord avec Enzato, un gros clash dans la séléction Espagnole ne pourrait qu'être bénéfique à nos Bleus dans l'optique d'une qualif' pour le Brésil.
Le dernier paragraphe est particulièrement bien écrit...
Bah, potes ou pas, l'article est toujours une bonne occaz de leur rendre hommage. Ils sont les emblèmes de leur club et sont à ranger à côté des plus grands (que ce soit niveau talent, influence ou palmarès).

Sinon pour Mourinho... Ce n'était qu'un exemple de ce qu'il est capable de faire pour réussir. Il fait autant de mal que de bien dans tous les clubs dans lesquels il passe. Prendre Mourinho comme entraineur, c'est pactiser avec le diable. Tu gagnes mais tu perds ton âme.
Xavi a vraiment une tête de Bozo quand même...
même en se foutant sur la gueule espagnols et catalans, ils pourraient encore nous battre. il y a quand même un gouffre entre nos 2 équipes..
On gagne les JO en ayant la médaille d'argent ?
Le Brésil doit être content alors.
C'est si beau, si consensuel...
Encore un journaliste nostalgique de Rox et Rocky...

Merci pour ce regard décalé et cynique, j'ai beaucoup appris !
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